• Accueil
  • > Recherche : alimentation grossesse surpoids

Résultat pour la recherche 'alimentation grossesse surpoids'

Influence de l’alimentation sur le poids et la santé de l’enfant.

L’alimentation et le poids sont importants pour la croissance du bébé et sa santé ultérieure mais aussi pour la santé de la maman. En lisant la suite, vous serez convaincue du bien-fondé d’une alimentation équilibrée.

Tout d’abord une constatation sur le poids en général.

Certaines femmes, quelque soit le mode alimentaire, restent minces avant, pendant et après la grossesse. Souhaitons leur que cela persiste.

Pour les autres, une immense majorité, ce n’est pas le cas. Bien que soucieuse de leur ligne et attentive à leurs apports alimentaires, le mode de vie actuel impose parfois des écarts. Reproduits, ceux-ci déséquilibrent l’alimentation et favorisent la prise de poids.

C’est ce que montre l’enquête Obepi réalisé conjointement par l’INSERM et l’Institut Roche de l’Obésité. Evaluant en France, tous les trois ans, l’évolution de l’obésité et du surpoids, les résultats sont sans équivoque et alarmants.

  • Les français ont pris, en moyenne, 1,7 kg en cinq ans. 32,4 % sont en surpoids et 16,9 % sont obèses.
  • Un exemple concret. L’étude EDEN, actuellement en cours depuis 2003, consistant à surveiller 2000 femmes enceintes et leurs bébés durant 5 ans, a livré ses premières informations : le pourcentage de femmes de plus de 70 kg avant la grossesse est passé de 14 % en 1995 à 21 % en 2003. La proportion des personnes en surpoids ou obèses a progressé entre 1997 et 2003 de 36,7% à 41,6% et semble se stabiliser tous âges confondus.
  • A un âge donné, les jeunes générations ont un indice de masse corporelle supérieur de 5 à 10 % à celui de leurs aînés. 14,3 % des enfants sont en surpoids et 3,5 % sont obèses.
  • Les femmes sont plus fréquemment obèses entre 15 et 45 ans. L’augmentation du nombres de femmes obèses est de 64 % en neuf ans contre 40 % chez les hommes.
  • La mesure du tour de taille, moyen simple d’évaluer le degré d’obésité abdominale, a augmenté de 2,6 cm en 6 ans.
  • Certains facteurs comme l’hypertension artérielle, l’excès de cholestérol ou le diabète sont présent chez 42,5 % des personnes obèses ou en surpoids et seulement chez 18,5 % des personnes ayant un poids normal. L’obésité accroît le risque de stérilité.

Cette progression de l’obésité, avec tout le florilège de complications que cela entraîne, risque d’altérer la qualité de vie et l’espérance de vie des personnes en surpoids et encore plus pour les personnes obèses.

Les répercussions du surpoids et de l’obésité sur plusieurs grossesses sont mis en évidence par le travail rapporté dans le très sérieux journal médical « The Lancet » en Septembre 2006. Les auteurs de cette étude ont surveillé 150 000 femmes Suédoises durant leur première grossesse. L’âge moyen était compris entre 25 et 29 ans avec un IMC entre 18,5 et 24,9 unités soit un poids oscillant entre 50,3 et 67,7 kg avant le début de la grossesse.

Entre les deux grossesses, l’indice de masse corporelle des femmes avait augmenté en moyenne de 0,7 unité soit 1,9 kg pour 1,65 m.

Les femmes, dont l’IMC s’est majoré de 3 unités en moyennes entre les deux grossesses, ont des risques de complications nettement augmentés durant la seconde grossesse :

  • Hypertension+ 76 %
  • Pré-éclampsie+ 78 %
  • Diabète+ 109 %
  • Césarienne+ 32 %
  • Macrosomie*+ 87 %
  • Fausse couche+ 63 %

Ces complications apparaissent déjà, mais de façon moins importante si la majoration de l’IMC est comprise entre 0 et 3 unités. Autrement dit prendre 3 kg entre les deux grossesses majore le risque de diabète gestationnel de 30 % et de 200 % si l’on devient obèse. Perdre les kilos en trop annule les risques de complications.

Attention, cela ne veut pas dire qu’une femme dont l’IMC aura augmenté entre les deux grossesses subira obligatoirement l’une ou l’autre de ces complications ; il s’agit seulement d’un risque.

La prise de poids augmente les risques de complications à plus long terme, car une femme qui a présenté un diabète gestationnel a plus de risque de développer ultérieurement un diabète qui sera définitif.

Retrouver son poids habituel et normaliser son IMC est un objectif à se fixer avant d’envisager la grossesse suivante.

Quelles peuvent être les conséquences des variations importantes du poids pendant la grossesse sur le devenir de l’enfant ?

Des divers travaux de recherche qui se poursuivent, quelques notions essentielles peuvent être dégagées. Elles permettent à la future maman de comprendre l’importance de l’équilibre alimentaire afin de contrôler le prise de poids.

  • Le début de la grossesse s’accompagne d’une augmentation de la sécrétion d’insuline et d’une sensibilité du tissu adipeux à cette insuline. Cela a pour effet obligatoire d’augmenter la fabrication de bons acides gras stockés dans le tissu gras maternel sous une forme qui sera utile pour le développement du fœtus. Cette augmentation du tissu adipeux en début de grossesse est normale et souhaitable.
  • Lors de la seconde partie de la grossesse, ce tissu gras maternel résiste à l’inuline. Le stockage des graisses s’arrête et celles-ci sont réutilisées pour assurer la croissance fœtale.
  • D’autre part, le tissu gras sécrète des substances dont la leptine adipocytaire qui semble intervenir très tôt dans la mise en place des circuits de neurones au niveau de l’hypothalamus de l’enfant. Elle permet le contrôle des apports alimentaires et de la balance énergétique. Une alimentation trop calorique et riche en lipides perturberait le fonctionnement de l’hypothalamus ainsi que d’autres régions cérébrales qui interviennent pour calmer la faim, la production de sucre par le foie et son contrôle par la pancréas. Cette perturbation de la satiété entraîne une prise alimentaire importante chez l’enfant qui ne saura pas s’arrêter de manger avant d’avoir absorber un volume alimentaire trop important.
  • Des modification épigénétiques ( modification du fonctionnement des gènes de la maman responsable de l’obésité qui serait transmis à sa descendance) interviendraient également.

C’est, grâce à ces recherches, que l’on commence à comprendre que l’alimentation, trop riche ou trop restrictive, pendant les premiers temps de la grossesse perturbe le métabolisme du fœtus, influe sur sa santé ultérieure et pourrait expliquer en partie cette épidémie d’obésité qui débute de plus en plus tôt .

L’étude EDEN montre de façon surprenante un rapport très net entre le poids initial de la future maman avant la grossesse et le poids de naissance de l’enfant. Le placenta fonctionnerait différemment selon le poids initial et pourrait moduler la prise de poids du fœtus avant la naissance.

  • Une femme en surpoids avant la grossesse aura plus de risques d’avoir un enfant en surpoids. La prise de poids durant la grossesse jusqu’à 15 kg n’influe pas sur le poids de l’enfant.
  • Par contre une maman ayant un IMC de 30 à la conception de son enfant majore le risque d’avoir un enfant obèse dès l’âge de 11 ans et jusqu’à 45 ans!
  • Une autre étude montre le lien entre l’obésité de la future maman et une augmentation de la mortalité à l’âge adulte de la progéniture entre 50 et 60 ans.
  • Il devient évident pour les femmes en surpoids qu’un conseil nutritionnel plusieurs mois avant la conception trouve là sa justification.

La prise de poids avant la grossesse peut modifier durablement le profil de santé de l’enfant.

  • Cette hypothèse semble se confirmer d’après les travaux mené auprès de femmes vivant en Gambie. L’étude a consisté à mesurer chez la future maman et son enfant, les variations de marqueurs comme diverses vitamines B2, B6, B12 selon les apports alimentaires qui varient selon les saisons.Ces variations de concentrations de vitamines en fonction des saisons sont expliquées par des groupements méthyles qui se fixent sur le code génétique et modifient la concentration des marqueurs étudiés. Ces modifications se retrouvent dans les tissus des enfants. On comprend que des variations dans l’alimentation modifient l’expression de certains gènes et que le fonctionnement modifié de ces gènes se transmet à la descendance. (2)
  • On sait à présent que le poids de naissance de l’enfant conditionne son profil de santé à l’âge adulte. Ainsi, les garçons ayant  un poids de naissance supérieur à 2 déviations standard sur la courbe de poids du carnet de santé ont un risque d’obésité multiplié par 1,6 et de diabète de type 2 ( diabète gras) multiplié par 2,3 et par 5 si le poids de naissance dépassait les 3 déviations standards. Ceci n’est pas retrouvé chez les filles.(1)
  • Celui qui séjourne neuf mois dans le ventre de sa maman passant du stade de cellule à celui d’embryon puis de fœtus ne cesse d’absorber les aliments consommés sous forme de lipides, glucides et protides ainsi que divers oligo-éléments et minéraux indispensables. Il en de même si la consommation d’alcool, de tabac, de médicaments ou de drogues persiste pendant la grossesse.

Le mode alimentaire d’une femme bon ou mauvais conditionnent le devenir de son enfant.

Toute l’adaptation alimentaire dépend du poids précédent la grossesse. Il est utile de le mesurer.

 

Valeur de l’IMC

Classification OMS

Dénomination usuelle

< 18,5

déficit pondéral

maigreur

18,5-24,9

poids normal

poids souhaitable

25-29,9

surpoids

surpoids

30-34,9

obésité classe I

obésité modérée ou commune

35-39,9

obésité classe II

obésité sévère

>  40

obésité classe III

obésité massive ou morbide

1. JIM > Congrès > Deux fois plus de diabète de type 2 chez les garçons de gros poids de naissance 

2  Sources :

  • JIM on line;
  • Dominguez-Salas P, Moore SE, Baker MS, Bergen AW, Cox SE, Dyer RA, et al. Maternal nutrition at conception modulates DNA methylation of human metastable epialleles. Nature Communications [Internet]. 29 avr 2014 [cité 11 mai 2014];5. Disponible sur: http://www.nature.com/doifinder/10.1038/ncomms4746

Prise de poids « théorique »

La croissance du fœtus et les apports alimentaires se traduisent par une prise de poids en moyenne de l’ordre de 9 à 12 kg. Ce chiffre moyen est fonction du poids idéal et de l’IMC de départ.

Un indice de masse corporelle trop faible en début de grossesse traduit l’absence de réserve au préalable pour assurer le bon développement du bébé. La prise de poids risque d’être insuffisante:

- Si la grossesse débute à l’adolescence ou si vous avez toujours été maigre de constitution;

- Lors d’un régime spécifique ou un mode d’alimentation particulier notamment le végétalisme ;

- En cas de consommation même irrégulière et peu intense de toxiques (tabac, alcool, drogues) ;

- Si il y a des antécédents de prématurité*, de petit poids de naissance, de retard de croissance intra-utérin*, de grossesses multiples ;

- Si les revenus financiers ne permettent pas une alimentation aussi équilibrée que souhaitable.

La prise de poids devrait être plus importante que la moyenne ce qui est parfois difficile à faire admettre tant l’idée de retrouver son poids de départ après l’accouchement est déjà ancrée dès le début de la grossesse.

Une prise de poids insuffisante ou une restriction alimentaire durant la grossesse chez une femme présentant un IMC bas majore le risque, rappelons-le, de retard de croissance intra-utérin*, d’accouchement prématuré, d’hypotrophie*.

Cela n’est pas sans conséquence à long terme car les adultes nés avec un petit poids ont des risques accrus d’hypertension artérielle, de pathologies coronariennes (angine de poitrine, infarctus du myocarde) et d’anomalies de la régulation du sucre (c’est le diabète).

A l’inverse, en surpoids voire obèse, prendre environ 7 kg durant la grossesse est suffisant pour la croissance du bébé et minimiser les complications. Le poids de la maman avant la grossesse conditionne le poids de naissance du bébé. Une prise de poids modérée en-dessous de 15 kg n’a que peu d’influence sur le poids du bébé. Cependant, une prise de poids excessive, supérieure à 18 kg, s’accompagne plus souvent de diabète gestationnel, de complications vasculaires (hypertension artérielle gravidique et prééclampsie), d’un allongement de la durée du travail pendant l’accouchement et d’une augmentation du taux de césarienne.

Cette prise de poids, seulement au-delà de 15 à 19 kg , influe sur le poids de naissance des nouveaux-nés qui est plus important. Cela peut avoir pour la maman des conséquences à long terme : la persistance du surpoids mais aussi l’apparition de maladies telles qu’une hypertension artérielle, un diabète ou des maladie cardio-vasculaires qui peuvent altérer la qualité et même la durée de vie.

Il ne faut pas prendre trop à la légère l’absence de prise de poids durant la grossesse comme la prise de poids excessive et ne pas suivre les vieilles maximes qui conseillaient de manger deux fois plus pour assurer sa subsistance et celle du fœtus.

Il est licite de chercher à connaître la prise de poids maternelle idéale pendant la grossesse selon le poids initial.

Le tableau ci-dessous indique, selon l’IMC de départ, l’éventail de poids qu’une femme peut raisonnablement prendre durant la grossesse.

 

IMC

Éventail de gains pondéraux recommandés

kg

IMC < 19,8

12,5 – 18,0

IMC 19,8 – 26

11,5 – 16,0

IMC 26-29

7,0 – 11,5

IMC > 29

6 – 7

 

 

Chez les adolescentes, les objectifs devraient se situer dans la partie haute de la fourchette.

Chez les femmes de petite taille (< 1,57 m), les objectifs devraient se situer dans la partie basse de la fourchette. Site Internet CERIN :Repris dans Perrin AE et Simon C, Cah. Nutr. Diét., 37, 1, 2002

 

 

 

Influence de l’alimentation et du poids.

L’alimentation et le poids sont importants pour la croissance du bébé et sa santé ultérieure mais aussi pour la santé de la maman. En lisant la suite, vous serez convaincue du bien-fondé d’une alimentation équilibrée.

Tout d’abord une constatation sur le poids en général.

Certaines femmes, quelque soit le mode alimentaire, restent minces avant, pendant et après la grossesse. Souhaitons leur que cela persiste.

Pour les autres, une immense majorité, ce n’est pas le cas. Bien que soucieuse de leur ligne et attentive à leurs apports alimentaires, le mode de vie actuel impose parfois des écarts. Reproduits, ceux-ci déséquilibrent l’alimentation et favorisent la prise de poids.

C’est ce que montre l’enquête Obepi réalisé conjointement par l’INSERM et l’Institut Roche de l’Obésité. Evaluant en France, tous les trois ans, l’évolution de l’obésité et du surpoids, les résultats sont sans équivoque et alarmants.

- Les français ont pris, en moyenne, 1,7 kg en cinq ans. 32,4 % sont en surpoids et 16,9 % sont obèses.

- Un exemple concret. L’étude EDEN, actuellement en cours depuis 2003, consistant à surveiller 2000 femmes enceintes et leurs bébés durant 5 ans, a livré ses premières informations : le pourcentage de femmes de plus de 70 kg avant la grossesse est passé de 14 % en 1995 à 21 % en 2003. La proportion des personnes en surpoids ou obèses a progressé entre 1997 et 2003 de 36,7% à 41,6% et semble se stabiliser tous âges confondus.

- A un âge donné, les jeunes générations ont un indice de masse corporelle supérieur de 5 à 10 % à celui de leurs aînés. 14,3 % des enfants sont en surpoids et 3,5 % sont obèses.

- Les femmes sont plus fréquemment obèses entre 15 et 45 ans. L’augmentation du nombres de femmes obèses est de 64 % en neuf ans contre 40 % chez les hommes.

- La mesure du tour de taille, moyen simple d’évaluer le degré d’obésité abdominale, a augmenté de 2,6 cm en 6 ans.

- Certains facteurs comme l’hypertension artérielle, l’excès de cholestérol ou le diabète sont présent chez 42,5 % des personnes obèses ou en surpoids et seulement chez 18,5 % des personnes ayant un poids normal. L’obésité accroît le risque de stérilité.

Cette progression de l’obésité, avec tout le florilège de complications que cela entraîne, risque d’altérer la qualité de vie et l’espérance de vie des personnes en surpoids et encore plus pour les personnes obèses.

Les répercussions du surpoids et de l’obésité sur plusieurs grossesses sont mis en évidence par le travail rapporté dans le très sérieux journal médical « The Lancet » en Septembre 2006. Les auteurs de cette étude ont surveillé 150 000 femmes Suédoises durant leur première grossesse. L’âge moyen était compris entre 25 et 29 ans avec un IMC* entre 18,5 et 24,9 unités soit un poids oscillant entre 50,3 et 67,7 kg avant le début de la grossesse.

Entre les deux grossesses, l’indice de masse corporelle des femmes avait augmenté en moyenne de 0,7 unité soit 1,9 kg pour 1,65 m.

Les femmes, dont l’IMC s’est majoré de 3 unités en moyennes entre les deux grossesses, ont des risques de complications nettement augmentés durant la seconde grossesse :

 

- Hypertension + 76 %

- Prééclampsie + 78 %

- Diabète + 109 %

- Césarienne + 32 %

- Macrosomie* + 87 %

- Fausse couche + 63 %

Ces complications apparaissent déjà, mais de façon moins importante si la majoration de l’IMC est comprise entre 0 et 3 unités. Autrement dit prendre 3 kg entre les deux grossesses majore le risque de diabète gestationnel de 30 % et de 200 % si l’on devient obèse. Perdre les kilos en trop annule les risques de complications.

Attention, cela ne veut pas dire qu’une femme dont l’IMC aura augmenté entre les deux grossesses subira obligatoirement l’une ou l’autre de ces complications ; il s’agit seulement d’un risque.

La prise de poids augmente les risques de complications à plus long terme, car une femme qui a présenté un diabète gestationnel a plus de risque de développer ultérieurement un diabète qui sera définitif.

Retrouver son poids habituel et normaliser son IMC est un objectif à se fixer avant d’envisager la grossesse suivante.

Quelles peuvent être les conséquences des variations importantes du poids pendant la grossesse sur le devenir de l’enfant ?

Des divers travaux de recherche qui se poursuivent, quelques notions essentielles peuvent être dégagées. Elles permettent à la future maman de comprendre l’importance de l’équilibre alimentaire afin de contrôler le prise de poids.

Le début de la grossesse s’accompagne d’une augmentation de la sécrétion d’insuline* et d’une sensibilité du tissu adipeux à cette insuline. Cela a pour effet obligatoire d’augmenter la fabrication de bons acides gras stockés dans le tissu gras maternel sous une forme qui sera utile pour le développement du fœtus. Cette augmentation du tissu adipeux en début de grossesse est normale et souhaitable.

Lors de la seconde partie de la grossesse, ce tissu gras maternel résiste à l’inuline. Le stockage des graisses s’arrête et celles-ci sont réutilisées pour assurer la croissance fœtale.

D’autre part, le tissu gras sécrète des substances dont la leptine adipocytaire qui semble intervenir très tôt dans la mise en place des circuits de neurones au niveau de l’hypothalamus. Elle permet le contrôle des apports alimentaires et de la balance énergétique. Une alimentation trop calorique et riche en lipides perturberait le fonctionnement de l’hypothalamus ainsi que d’autres régions cérébrales qui interviennent pour calmer la faim, la production de sucre par le foie et son contrôle par la pancréas. Cette perturbation de la satiété entraîne une prise alimentaire importante chez l’enfant qui ne saura pas s’arrêter de manger avant d’avoir absorber un volume alimentaire trop important.

C’est, grâce à ces recherches, que l’on commence à comprendre que l’alimentation, trop riche ou trop restrictive, pendant les premiers temps de la grossesse perturbe le métabolisme du fœtus, influe sur sa santé ultérieure et pourrait expliquer en partie cette épidémie d’obésité qui débute de plus en plus tôt .

L’étude EDEN montre de façon surprenante un rapport très net entre le poids initial de la future maman avant la grossesse et le poids de naissance de l’enfant. Le placenta fonctionnerait différemment selon le poids initial et pourrait moduler la prise de poids du fœtus avant la naissance. Une femme en surpoids avant la grossesse aura plus de risques d’avoir un enfant en surpoids. La prise de poids durant la grossesse jusqu’à 15 kg n’influe pas sur le poids de l’enfant. Il devient évident pour les femmes en surpoids qu’un conseil nutritionnel plusieurs mois avant la conception trouve là sa justification.

Celui qui séjourne neuf mois dans le ventre de sa maman passant du stade de cellule à celui d’embryon puis de fœtus ne cesse d’absorber les aliments consommés sous forme de lipides, glucides et protides ainsi que divers oligo-éléments et minéraux indispensables. Il en de même si la consommation d’alcool, de tabac, de médicaments ou de drogues persiste pendant la grossesse.

Le mode alimentaire d’une femme bon ou mauvais conditionnent le devenir de son enfant.

Toute l’adaptation alimentaire dépend du poids précédent la grossesse. Il est utile de le mesurer.

Les nutriments: les protéines

Définition et propriétés

Une protéine est une macromolécule composée de chaînes d’acides aminés. Elles représentent 50 % du poids sec des cellules. L’assemblage des acides aminés* en protéines, résultat direct de l’expression des gènes, assure le fonctionnement des cellules vivantes.

Elles participent à la constitution des membranes cellulaires, des anticorps, à la contraction musculaire, la communication entre les cellules et diverses activités régulatrices.

4 Kcal d’énergie sont fournies lors de l’ingestion de 1 gr de protides.

Le corps contient environ 8 kg de protéines en recyclage permanent. Il n’existe pas dans l’organisme de stock de protéines de réserves. Pour compenser les pertes quotidiennes, le corps a besoin par jour de:

- 1 gramme de protéines par kilo de poids et par jour soit 60 gr de protéines en ‘’temps normal’’,

- 70 gr pendant le premier trimestre puis 80 gr pour la suite de la grossesse.

Les besoins allant croissant au fil de la grossesse, ils sont estimés à :

·    9 gr par mois le premier mois,

·    9 gr par semaine le troisième mois,

·    9 gr par jour le neuvième mois.

         En moyenne, les apports sont de 0,9 g par kilo et par jour,

- 80 gr pendant l’allaitement,

- 90 gr lors de grossesse gémellaire et s’il s’agit d’une adolescente.

Indispensables au développement cérébral qui est maximal vers la  26 eme semaine, les besoins supplémentaires en protéines pour la grossesse sont faibles (environ 6 gr/j). Ils sont habituellement couverts par les apports alimentaires habituels.

Afin que soit maintenue la masse musculaire dans laquelle se trouvent les protéines, une alimentation équilibrée ne doit pas s’accompagner d’une baisse des apports protéiques. De même, une alimentation hyperprotidique a pour conséquence des bébés de faible poids de naissance.

Quelles sont les sources des protéines :

Presque tous les aliments comportent des protéines ; seuls les produits très raffinés comme le sucre et l’huile, n’en contiennent pas. Elles n’ont pas toutes la même valeur biologique. En effet, une protéine de bonne valeur biologique apporte à l’organisme les huit acides aminés essentiels que l’organisme ne sait pas synthétiser.

Les protéines d’origine végétales, par rapport aux protéines animales, sont déficientes en certains acides aminés. Cependant, il est possible de compenser ces carences en associant une céréale (exemple le riz) à une légumineuse (exemple : haricots rouges) dans un même plat. On obtient ainsi, un apport complet en acides aminés essentiels.

Les  protéines animales

Ce sont les protéines les plus connues.

Le poisson mérite d’être souligné par sa richesse en protéine, la bonne qualité des lipides utiles au développement cérébral, sa richesse en iode, en sélénium et en phosphore ce qui en fait un aliment de choix pendant la grossesse.

Les poissons maigres sont à consommer deux fois par semaine et les poissons gras une fois par semaine. En cas de surpoids, ils seront cuisinés sans ou avec très peu de matières grasses saturées telles que le beurre, la crème et il faut opter plutôt pour des cuissons au court bouillon, en papillote, au four, au micro-ondes…

On distingue les poissons maigres, semi-gras et gras :

-         Les poissons maigres (< 5% de matières grasses) : haddock, anchois frais, bar, brochet, cabillaud, carrelet, colin, daurade, églefin, espadon, flétan, lieu, limande, lotte, merlan, morue, perche, raie, rascasse, rouget, saint pierre, sole, tacaud, thon albacore (thon jaune d’origine tropicale utilisé en conserve), truite.

-         Les poissons semi-gras (5-10% de MG) : hareng frais, maquereau, mulet, roussette, saumon frais, sardine, thon rouge, truite saumonée, turbot.

-         Les poissons gras (10-20% de MG) : anguille, hareng fumé, maquereau, saumon fumé.

Une remarque concernant la concentration en mercure de certains poissons. Plus les poissons sont gros, plus ils concentrent des substances nutritives intéressantes comme les oméga 3 développés plus loin dans le chapitre concernant les lipides mais d’autres qui peuvent être nocives comme le mercure.

Le mercure est un métal existant à l’état naturel mais rejeté en trop grande quantité dans les cours d’eau par nos industries. Le méthylmercure, inoffensif sous sa forme méthylée pour la maman mais toxique lors des deux derniers trimestre de grossesse pour le fœtus est responsable d’une baisse des performances dans les tests qui explorent le développement neuro-comportemental. Les poissons qui contiennent le plus de mercure sont le thon, la daurade, l’espadon, le marlin et citons le requin pour mémoire.

Il vaut mieux diversifier les espèces de poissons et privilégier les poissons d’élevage pour certaines de ces espèces. Là aussi, il faut être vigilant dans le choix du poisson d’élevage. Pour des questions de rendement, certains poissons sont nourris avec des protéines et des graisses animales souvent riches en oméga 6. Riches en mauvais cholestérol et dépourvus d’oméga 3, ils sont nutritivement moins intéressant que la viande.

La congélation pendant 24 h du poisson ou sa cuisson à plus de 70 % prévient contre l’infestation due aux anisakis et aux salmonelles responsables de nausées, douleurs gastriques, diarrhées et vomissements.

La viande est à choisir avec le moins de graisses saturées (voir Annexe 4). Les volailles sont également de bonne qualité nutritive. La viande sera bien cuite évitant ainsi les contaminations parasitaires (toxoplasmose) et bactériennes. La survenue récente de la grippe aviaire ne doit pas empêcher de consommer de la volaille car les produits mis sur le marché sont exempts de toute contamination et la viande cuite ne peut héberger ce virus. La viande, outres ses apports en protéines, fournit également des lipides, du fer, du zinc, du sélénium et de la vitamine B 12.

L’œuf, source abondante de protéines mais aussi d’acide folique, de vitamine A et D, est un aliment bon marché et de bonne qualité nutritive.

Composition d’un œuf de poule moyen :

- 75% d’eau

- 95 Kcal

- lipides : 6,5 g dont 1/3 d’acides gras saturés et 2/3 d’insaturés

- protéines : 8,1 gr

- glucides : 0,2 gr

- cholestérol : 250 mg

Les équivalences protéiques:

Afin de varier l’alimentation, la quantité protéique contenue dans 100 gr de viande soit 18 à 20 gr de protéines peut être retrouvée dans :

- 100 gr de poisson      ou        100 gr de volaille         ou        2 œufs

- 4 yaourts                   ou        625 ml de lait               ou        200 gr de fromage blanc

- 70 gr d’emmental      ou        90 gr de camembert

Les protéines végétales

La part des protéines végétales pourrait, sans danger, représenter 80 à 90 % de la ration protidique au lieu des 20 à 30 % le plus souvent. Les recommandations actuelles sont de respecter un apport équivalent entre protéines végétales et animales.

La pratique d’un régime végétarien (voir le  chapitre consacré à l’alimentation végétarienne ou végétalienne)  est concevable mais les protéines végétales, bien que riches en fer, ne peuvent remplacer les protéines animales (poisson, viande, oeuf). En effet, ces dernières contiennent des acides aminés fondamentaux tels que la cystine, la méthionine que n’apportent pas en quantité suffisante les légumineuses. De même, la lysine fait défaut dans les céréales. Mais tous ces acides aminés peuvent être compensés par l’apport de diverses céréales. Une technique de cuisson est à prendre en compte afin de bien utiliser sans désagrément les protéines végétales : Annexe 5.

La pratique d’un régime végétalien nécessite une surveillance accrue tant il est difficile de satisfaire les besoins en acides aminés essentiels, en fer et en vitamine B 12. ce mode d’alimentation est à déconseiller pendant la grossesse.

A titre d’exemple, voici quelques associations alimentaires apportant 20 g de protéines de bonne valeur biologique, l’équivalent de 100 g de viande :
- 80 gr de pain                                    + 40 gr de gruyère
- 70 gr de flocons d’avoine                  + 300 ml de lait
- 100 gr de millet                                 + 40 gr d’arachide
- 70 gr de pâte                                    + 1 oeuf                                  + 15 gr de gruyère

Les nutriments: Les lipides

C’est un chapitre essentiel tant il est important de ne pas rejeter les matières grasses et de savoir rechercher les bons acides gras à privilégier pendant la grossesse.

Pour permettre de bien choisir les lipides que l’on souhaite manger, il est nécessaire de redonner des notions élémentaires concernant ces lipides tant leur image est attachée à celles des maladies cardio-vasculaires. Et pourtant, ce n’est que l’excès de consommation de cholestérol et d’acides gras saturés qui est néfaste.

Définition et catégories

Les lipides sont des acides gras composés d’atomes de carbones, d’oxygènes et d’hydrogènes reliés entre eux se terminant par un groupement acide COOH. Ils ne se mélangent pas à l’eau et sont plus léger qu’elle. Pour circuler dans le sang, ils sont liés à des transporteurs et forment des lipoprotéines.

Quelques notions simplifiées sur les lipides. On distingue :

- Les lipides simples comprenant :

o les stérols dont le cholestérol et les phytostérols :

§ Le cholestérol est d’origine animal pour 30 %, mais aussi fabriqué à 50 % par le foie, et plus surprenant par les intestins, la peau, le tissus nerveux, la paroi artérielle. Un apport extérieur limite la production de l’organisme.

Il est couplé à deux transporteurs : Les LDL qui amènent le cholestérol du foie aux organismes. L’excès engendre des pathologies cardio-vasculaires mais peut être réduit par l’alimentation équilibrée et le sport. Les HDL qui, inversement , épurent les tissus du cholestérol vers le foie et réduisent le risque cardio-vasculaire.

§ Les phytostérols, d’origine végétale ( huiles, céréales, légumes secs), sont peu absorbés par l’intestin et diminuent l’assimilation du cholestérol alimentaire. 2 à 3 g/j font baisser le cholestérol de 10 à 15 %.

o Les triglycérides sont à la fois synthétisés par l’organisme (foie et intestin) et apportés par l’alimentation. Fréquemment augmentés en cas d’obésité abdominale, de diabète, de pathologies hormonales ou de prise d’alcool, ils aggravent le risque de maladie cardio-vasculaire.

o Les acides gras. Ces acides gras ne peuvent être assimilés ou utilisés qu’en présence de certains nutriments : enzymes, minéraux, oligo-éléments, vitamines…Les acides gras mono ou poly insaturés peuvent avoir diverses formes selon la position des atomes d’hydrogènes par rapport aux atomes de carbones ; on parle d’orientation cis ou trans . Les acides gras cis mono et poly-insaturés sont apportés par les végétaux. La forme trans provient du raffinage, du chauffage des huiles ou de leur hydrogénation qui permet de transformer l’huile liquide en une graisse semi-solide, comme la margarine.

Il existe plusieurs formes :

- L’acide gras saturé est généralement solide à température ambiante. Les huiles de coco, de palme, les graisses animales (comme le porc et le boeuf), le beurre, le fromage et autres produits laitiers ont une teneur élevée en acides gras saturés.

- L’acide gras mono-insaturé (la chaîne carbonée contient une double liaison). L’huile d’olive, l’huile de canola, l’huile de tournesol à forte teneur en acide oléique, les avocats et certaines noix (noix de cajou, amandes et arachides, entre autres) ont une teneur élevée en acides gras mono-insaturés.

- L’acide gras poly-insaturé qui contient plusieurs doubles-liaisons. Les acides gras poly-insaturés sont notamment d’origine végétale. De nombreuses huiles végétales courantes (huiles de soja, de maïs, de tournesol, etc.), les poissons gras (saumon, maquereau, éperlan, hareng, truite, etc.), les huiles de poisson, les graines de lin et de tournesol, le soja et certaines noix (les noix de Grenoble entre autres) ont une teneur élevée en acides gras poly-insaturés. Deux, non synthétisables, sont essentiels à une alimentation saine : l’acide alphalinolénique (ALA) de la famille des omega-3 et l’acide linoléique du groupe des omega-6.

Intérêts et effets de ces diverses sortes d’acides gras.

L’intérêt des acides gras saturés et trans, produits par l’industrie alimentaire, est de permettre une conservation prolongée des produits fabriqués et de conférer un fondant si agréable aux pâtisseries. Toutefois, ils augmentent le mauvais cholestérol et font diminuer le bon et réduident la sensibilité à l’insuline ; les acides gras saturés font de même sur le mauvais cholestérol mais augmentent également le bon cholestérol.

Les aliments frits du commerce, les biscuits, gâteaux, pâtisseries, brioche, croissants, barre de céréales etc.. peuvent contenir parfois jusqu’à 45 % d’acides gras trans.

Les acides gras poly-insaturés et mono-insaturés ont pour effet de diminuer les risques de maladie cardiaque au contraire des acides gras trans dont on estime qu’une augmentation de 2 % de l’énergie sous la forme d’acides gras trans est corrélée à une majoration de 23 % des maladies cardio-vasculaires. 60% des acides gras trans sont d’origine animale et jusqu’à 30 % sont fournis par les produits de panification industrielle cités précédemment et dont on peut diminuer la consommation afin de réduire le risque cardio-vasculaire, la survenue d’un diabète gras et la montée de l’obésité.

- Les lipides complexes ont des fonctions très spécifiques comme :

o les phospholipides composant essentiels du surfactant pulmonaire qui permet au nouveau né de respirer et des structures cérébrales avec, comme principal représentant, la sphingomyéline

o les glycolipides qui sont situés à la surface des membranes cellulaires avec une fonction de récepteur membranaire.

En cas de surpoids avant ou pendant la grossesse, limiter ses apports en matières grasses saturées peut être utile mais sans aller jusqu’à les supprimer. Il est impératif de respecter ce besoin accru de lipides et privilégier les bons acides gras vu les avantages pour le bébé.

Rôles

Les lipides forment toute la matière grasse de l’organisme humain.

Les lipides sont essentiels durant la grossesse car ils jouent plusieurs rôles :

- Energétique : en apportant 9 kcal par gramme de lipides, ils contribuent à l’équilibre de la ration calorique. A partir du troisième trimestre de grossesse, les besoins en chaleur et en énergie augmentent de 15%. Ils sont stockés sous formes de triglycérides dans le tissu adipeux.

- Structural : le cerveau est l’organe le plus riche en graisses. 50 à 60 % de la matière cérébrale est constituée de lipides. Certains acides gras comme le DHA (acide docosahexaenoïque) des oméga 3 et l’AA (acide arachidonique) des oméga 6 participent à la formation des neurones et des synapses qui sont des zones de connexion entre les neurones. Il faut apporter avant la conception les « bons » acides gras en quantité suffisante et ne jamais se priver durant la grossesse d’un apport varié de graisses animales ou végétales.

- Un rôle fonctionnel : le bon fonctionnement de la cellule nerveuse dépend du rapport au sein de la paroi cellulaire entre le taux d’acides gras saturés pouvant être fabriqués à partir d’autres acides gras et le taux d’acides gras poly-insaturés que l’alimentation doit obligatoirement apporter.

Les lipides interviennent comme messager à l’intérieur ou à l’extérieur des cellules et servent d’ailleurs à l’absorption des vitamines A, D, E, K et au transport du glucose, principal fournisseur d’énergie, à l’intérieur des cellules cérébrales.

Ils interviennent aussi comme précurseur métabolique des prostaglandines, acides gras à caractère hormonal, agissant sur la fermeture des vaisseaux, l’agrégation des plaquettes ou dans les réactions allergiques. Le tissu adipeux n’est pas qu’un tissu de stockage car il sécrète diverses substances dont la leptine qui agit au niveau cérébral pour moduler la sensation de faim et modifie l’activité d’autres hormones. Ainsi, un tissu adipeux inférieur à 10 % du poids total est responsable d’infertilité chez la femme.

- Un rôle de prévention. Les apports en acides gras mono et poly-insaturés (oméga-3) protègent des pathologies cardio-vasculaires. Associés à d’autres anti-oxydants, les oméga-3 participent à la prévention de pathologies inflammatoires et cancéreuses.

Apports

Une remarque : le transport de matières grasses durant la grossesse se majore de manière importante et sans danger. Cela s’accompagne, au plan biologique, d’une majoration franche et normale des taux de cholestérol (25 à 50 % d’augmentation) et des triglycérides (50 à 100% dès le second trimestre) quelque soit le type d’alimentation (y compris chez les femmes végétaliennes).

Il est donc inutile de contrôler les taux de cholestérol et triglycérides.

Il n’existe aucune recommandation « officielle » quant aux apports optimaux de lipides durant la grossesse. La ration lipidique conseillée est de 30 à 35% des apports énergétiques. En fait, elle est souvent supérieure à 40% apportant 60 à 80 g/j de matières grasses.

Les acides gras saturés devraient représenter moins de 25% des apports lipidiques quotidiens, 60 % pour les acides gras mono-insaturés et 15 % pour les acides gras poly-insaturés.

Pour s’y reconnaître plus facilement, on peut classifier les différents aliments selon leur composition en matières grasses.

 

Acides gras

Huile végétale

Palme

Coprah

Olive

Colza

Arachide

 

Tournesol

Pépin de raisin

Maïs

Soja

Noix

Colza

Soja

Noix

Aliments

Charcuteries (rillettes …)

Viande

Beurre, crème fraîche

Foie gras

Fromage gras

Biscuits

Pâtisserie

Viennoiserie

Plats préparés

Olive

Avocat

Cacahuète

Noisette

Foie gras

Amande

Noix

Germe de blé

Poisson gras (sardine, saumon, maquereau, thon)

Noix

Germe de blé

 

A partir de ce tableau, il ne faut surtout pas songer à éliminer les aliments comprenant des acides gras saturés. Les limiter est suffisant car ils conservent des avantages nutritifs certains pour la maman et son bébé. Une consommation excessive d’acides gras saturés est par contre préjudiciable.

En cas de surpoids, les cacahuètes et biscuits apéritifs, les plats préparés, les pâtisseries, les viennoiseries et charcuteries sont à éviter. Les viandes ayant une faible teneur en matières grasses saturées sont à privilégier (Annexe 4). De même, la consommation de poissons est importante car ils contiennent plus d’acides gras insaturés que les viandes.

 

Le tableau ci-dessous montre que les calories apportées par le poisson et la viande sont similaires. Les lipides d’origine animale, en simplifiant, comportent déjà une plus grande quantité de cholestérol que le poisson, quatre fois plus d’acides gras saturés (AGS), deux fois plus de mono-insaturés (AGMI) et deux fois moins de poly-insaturés (AGPI) que le poisson . Mais, certaines viandes peu grasses sont moins chargées en corps gras que certains poissons.

 

                 

 

Aliments

Kcal

Pro

Lip

Glu

Cho

AGPI

AGMI

AGS

 

Ces moyennes sont calculées d’après les valeurs caloriques d‘aliments sélectionnés dans les tables caloriques fournies par la Nouvelle Société Française d’Athérosclérose (Site Internet: www.nsfa.asso.fr)

 

Les acides gras oméga 6 et oméga 3

 

Ces deux acides gras sont des sources énergétiques essentielles.

Les oméga 6 ou acide linoléique, sont les précurseurs des acides gras poly-insaturés à longues chaînes dont sont issus certains acides gras entrant dans la composition du lait maternel. Mais, ils stimulent la maturation des adipocytes au contraire des oméga 3 et sont fortement incriminés dans l’épidémie d’obésité. Imprégnant la viande à partir d’aliments riches en oméga 6 fournis au bétail, présent en forte concentration dans le lait maternel et dans les laits pour nourrisson, l’acide linoléique stimule la formation du tissu adipeux en général mais aussi pendant la grossesse et l’allaitement ce qui influe sur le devenir de l’enfant. Les oméga 6 se rencontrent surtout dans certaines huiles (tournesol, pépin de raisin), dans l’avocat par exemple.

La consommation des oméga 6 augmente de 250 % entre 1960 et 2000 et celle des oméga 3 régresse de 40 %. La progression de l’obésité suit la variation du rapport entre oméga 6 et oméga 3 %. Le rapport oméga 6 sur oméga 3 de l’alimentation entre 1960 et 2000 est multiplié par 4. Ce rapport, mesuré dans le tissus adipeux et qui reflète notre consommation alimentaire, est proche de 14 alors qu’il devrait être de 5 selon les recommandations actuelles. Pour autant, les oméga 6 ne sont pas à bannir de l’alimentation mais une réduction au bénéfice des oméga 3 serait salutaire dans la prévention de l’obésité de l’enfant.

 

Les oméga 3 bénéficient d’un engouement médiatique dans le cadre de la prévention des maladies cardio-vasculaires. Ont-ils aussi un intérêt pour le bon déroulement de la grossesse, la santé du fœtus puis de l’enfant ?

Ces oméga 3 recouvrent plusieurs sortes d’acides gras :

ALA : Acide Alpha Linolénique, non synthétisable par l’organisme ; c’est le précurseur des deux acides suivants :

EPA : Acide Eicosa Pentanoïque ou acide timmodonique, découvert initialement dans le thon ;

DHA : Acide Docosahexanoïque ou acide cervonique car il a été découvert initialement dans le cerveau.

Pourquoi s’y intéresser :

- Ils représentent 15 à 20 % des graisses du cerveau et jusqu’à 40% dans les terminaisons nerveuses.

- Une carence alimentaire en ALA altère le cours du développement cérébral, la composition chimique des neurones, la fluidité membranaire des neurones ce qui entraîne par la suite des perturbations neurosensorielles et comportementales.

- Quel est le lien entre l’apport préventif en oméga 3 et celui de l’enfant ?

Le tissu gras maternel n’est pas immuable. Il se modifie lentement en quantité et en qualité. Il faut un certain temps pour réduire ce tissu adipeux et maigrir. C’est l’aspect quantitatif et il en est de même pour l’aspect qualitatif car, pour remplacer de mauvais acides gras logé dans les adipocytes par des acides gras riches en oméga 3, il faut compter environ six mois. A titre d’exemple, 10 g d’huile de poisson consommés quotidiennement pendant douze mois ont permis de multiplier par sept le taux d’oméga 3 dans le tissu adipeux.

Or le tiers des acides gras qui participent à la formation cérébrale du fœtus proviennent du tissu adipeux maternel. Pour optimiser la formation cérébrale du future enfant, il est nécessaire de corriger, si besoin, les apports au moins six à douze mois avant la conception !

 

Les ALA des huiles ne sont pas seuls indispensables car seulement 10% des ALA se transforment en DHA pourtant indispensable à la formation du tissu cérébral. Ces DHA sont apportés par la consommation de poissons. Une alimentation équilibrée doit comporter à la fois des huiles riches en ALA et des poissons riches en DHA.

L’analyse des comportements alimentaires montrent que l’apport en acide alpha-linolénique est deux fois moindre que les 1,6 gr/j conseillés aux femmes.

 

Les conséquences des oméga 3 :

- Sur la grossesse :

o Chez les végétariennes, le taux de DHA est réduit de moitié ce qui peut entraîner une augmentation du nombre d’accouchements précoces, un poids de naissance et un périmètre crânien diminués.

o En mangeant beaucoup de poissons gras (absorption de 133 mg de DHA au troisième trimestre), la durée de la grossesse peut être rallongée jusqu’à 6 jours ce qui est intéressant dans le cas d’un enfant à risque de prématurité ou de petit poids car cela lui permet d’accroître son poids et d’augmenter sa teneur en oméga 3 dans ses tissus.

o Les femmes consommant du poisson ont un plus faible taux de dépression après l’accouchement.

o Ils participent également à un meilleur équilibre de la tension pendant la grossesse.

 

- Chez l’enfant :

o Trente milligrammes sont assimilés chaque semaine par le cerveau du foetus en fin de grossesse. Les besoins en lipides d’un nourrisson sont cinq fois supérieures à ceux d’un adulte. Les réserves en oméga 3 d’un nourrisson né à terme sont de quelques jours en cas d’allaitement et d’une seule journée si le nourrisson naît prématuré.

o Amélioration des fonctions intellectuelles portant sur l’éveil et l’acquisition d’apprentissage chez les enfants de l’âge de quatre mois ayant un bon apport en oméga 3. Ce bénéfice s’amende dès que cesse cet apport optimal. Cet apport en oméga 3 doit être accompagné d’un apport équilibré d’acides gras oméga 6 et oméga 9.

o Amélioration du Quotient Intellectuel de 8 points restant perceptible seulement jusqu’à l’âge de 7-9 ans lors d’un allaitement maternel ; Réduction de la constipation, de la pression artérielle et du risque cardio-vasculaire à l’âge adulte, mais les données sont encore insuffisantes sur ce point.

 

Existe-t-il un risque de surdosage en oméga 3 avec un risque toxique envers le fœtus ?

La population esquimaude qui consommait de grandes quantités de poissons riches en oméga 3 apporte une réponse.

Les oméga 3 empêchent salutairement l’agrégation plaquettaire autour des plaques de cholestérol. Trop d’oméga 3 (plusieurs centaines de grammes par jour ! !) inhibent l’action des plaquettes qui ne peuvent colmater la fissure d’un vaisseau sanguin ce qui expliquait le taux élevé de décès par hémorragie cérébrale dans cette population. En Europe, les consommations d’oméga 3 sont bien en-dessous de ces valeurs et sont sans risque durant la grossesse.

Les consommations quotidiennes recommandées d’ALA sont de 1,6 g et de 100 mg de DHA. Enceinte les apports en ALA doivent être de 2g (2,2 g en cas d’allaitement) par jour en moyenne et de 250 mg de DHA.

 

 

Sources alimentaires en Omega-3 :

 

Les acides oméga 3 sont présents dans :

- Le poisson. C’est un aliment incontournable tant pour son apport en protéine que pour la teneur en oméga 3. Cependant, celle-ci est fonction de la saison et du lieu de pêche. Les poissons des mers froides, ayant une teneur en graisse plus importante, contiennent d’autant plus d’oméga 3 qu’ils ont consommé directement ou indirectement du phytoplancton. Cette teneur en oméga 3 leur est nécessaire pour vivre en eau froide car, étant insaturée, elle ne se solidifie qu’à de très basses températures (-40° à -50° C) contrairement aux graisses saturées qui se solidifient à température ambiante.

Quant aux poissons d’élevage, la teneur en oméga 3 varie de 1 à 40 par rapport aux poissons sauvages selon l’alimentation qui leur est donnée.

Teneur en oméga 3 pour 100 g de poisson

Poisson

Hareng

Maquereau

Sardine

Thon rouge

Thon germon

Thon albacore

Saumon atlantique

Anchois anguille

Truite

Omega 3 (g/100g)

1,2-5,3

1-4,7

2,3-3,7

2,6

2,2

0,7

0,5-2,6

0,4-1,7

0,2-1,6

 

 

Pour le poisson gras (sardine, maquereau et saumon) il faut le cuisiner à la vapeur ou en papillote car les fritures dénaturent les oméga 3.

L’AFSSA recommande de consommer du poisson deux fois par semaine en alternant les espèces afin de bénéficier des effets protecteurs des oméga 3.

Citons les espèces les plus riches en DHA : Le maquereau, la sardine, le hareng et le saumon puis avec une teneur moindre le merlu et la truite.

En annexe 22 sont répertoriées les teneurs en EPA et DHA de divers poissons et crustacés.

- Les animaux ruminants détruisent les oméga-3 par hydrogénation dans le rumen lors de la digestion gastrique. L’absorption de végétaux à forte concentration en oméga 3 par des animaux non ruminants comme le lapin, l’oie, le cheval, le gibier sauvage ou les escargots confèrent à leurs tissus une intéressante concentration en oméga 3.

- Les œufs dits « crétois » ou « Benefic » ou « Colombus » ont une teneur en oméga 3 suffisante du fait du mode d’alimentation de la poule à base d’herbes sauvage ou enrichie en graines de lin.

- Les lipides d’origine végétale apportent les acides gras linoléique et linolénique dit « essentiels » car non synthétisables par l’organisme humain. Ces acides gras sont présents dans :

o les huiles végétales, également riches en antioxydants et en vitamines A et E, sont apportés directement au fœtus.

L’acide linoléique (famille des Omega 6) se trouve à volonté dans les huiles de tournesol, de maïs, de pépins de raisin mais aussi de soja et de noix.

L’acide alpha­linolénique (famille des Oméga 3) est en quantité suffisante dans les huiles de noix, de soja, du colza.

Les huiles à fortes teneur en oméga 3 et faible concentration en acides gras saturés sont les huiles de colza, de noix et de soja qui doivent être privilégiées et associées à l’huile d’olive pour son goût et sa teneur en acide oléique (oméga 9).

Le meilleur rapport est représenté par l’huile de colza car elle comprend 8% d’acides gras saturés, 60% d’acides gras mono-insaturés et 32% de polyinsaturés dont 23% d’acides linolénique et 9% d’acides alpha-linolénique ;

 

Ces deux tableaux permettent de bien visualiser quelles sont les huiles à privilégier en souvenant que l’alimentation apporte déjà un taux suffisant d’oméga 6 (acide linoléique).

Taux en gramme des différents acides gras pour 100 ml d’huile

Noix

Colza

Soja

Maïs

Olive

Pépin de raisin

Tournesol

Palme

Arachide américaine

Arachide

africaine

Oméga 3

12

9

7

1

0,8

0,3

0,2

0,2

0,1

0,1

Oméga 6

60

20

53

57

10

70

65

8

36

22

Oméga 9

18

62

21

30

73

16

20

38

40

60

Acides gras saturés

10

8

16

13

15

11

12

48

20

20

 

huiles

 

D’après : La vérité sur les oméga 3. Dr JM BOURRE. Ed Odile Jacob.

 

o Les végétaux ont un apport plus faible que les huiles : on peut citer le pourpier du régime crétois mais qui est peu disponible ; la mâche peut être privilégiée car elle apporte 200 mg d’acide alpha-­linolénique pour 100g.

 

Les huiles pressées à froid sont plus riches en antioxydants et donc plus protectrices sur le plan santé que celles qui sont raffinées et majoritairement vendues dans le commerce pour des raisons de meilleures stabilité et de conservation. Les huiles vierges, après ouverture, se conservent mieux à l’abri de la lumière sans dépasser six mois pour les huiles riches en acides gras poly-instaurées et trois mois pour les plus riches en acides alpha-linoléniques.

 

Une remarque concernant la température de cuisson des huiles qui ne doit pas dépasser 180° sous peine d’obtenir une huile dénaturée. En effet, certains acides gras poly-insaturés ne résistent pas à la cuisson. Il ne faut pas faire chauffer une huile qui contient plus de 2% d’acides gras linolénique (Omega-3)

L’huile de noix, de colza et de soja, riches en acides gras poly-insaturées, ne doivent pas être utilisées pour la cuisson et sont réservées à l’assaisonnement. Les huiles de maïs, de pépins de raisin et de tournesol ne doivent pas dépasser 180° à la cuisson. Les huiles d’arachide et d’olive, plus riches en acides gras mono-insaturés, sont plus stables à la chaleur jusqu’à 210° pour l’huile d’olive et 220° pour l’huile d’arachide.

Besoins en acides gras

 

L’apport d’aliments contenant des acides gras oméga 3 est utile. Une cuillère d’huile de colza apporte la même quantité d’oméga-3 que 70 grammes de saumon, cinq à dix noix ou 120 grammes de thon en conserve. Une portion de poisson et une cuillère à soupe d’huile de colza, par exemple, couvrent les besoins.

Même par souci de bien faire, il est inutile de consommer des beurres ou margarines enrichies en oméga 3 car les proportions de matières grasses saturées sont trop importantes.

Avoir de bons apports en acides gras, c’est équilibrer ses apports entre oméga3 et oméga 6.

Pour satisfaire les apports en acides gras, il suffit :

D’une cuillère à soupe d’huile par jour. Elle doit être riche en Omega-3 comme l’huile de colza. Il suffit d’alterner avec une autre huile comme l’huile d’olive.

 

 

Constitution d’un menu équilibré

Conseils

Il faut garder à l’esprit que la notion de « bien manger » doit rester associé à une notion de plaisir. Songer à s’alimenter de façon équilibré ne doit pas faire considérer le repas comme un traitement qu’il faut nécessairement absorber afin d’apporter au bébé les bons nutriments.

Associer repas avec détente et convivialité est une notion à rechercher plus intensément pendant la grossesse. Manger seule ou à plusieurs mais sans la convivialité conduit à une prise alimentaire rapide et plus importante que nécessaire. Le repas participe à une harmonie de vie qu’il faut essayer de retrouver soit au travail ou à son domicile dans un environnement favorisant décontraction, convivialité. Cela permet, au moyen de l’alimentation, de penser au bienfait que l’on apporte à au foetus en mangeant équilibré et de manière détendue.

Avant la grossesse.

Il semble établi que le poids du bébé est en partie fonction du poids de la maman avant la grossesse. Se préoccuper de son alimentation seulement pendant la période de gestation n’est plus suffisant. Une alimentation équilibrée riche en vitamine B9, en fer et qui permet, si besoin, de normaliser le poids avant la grossesse doit être envisagée dès que l’envie de concevoir un enfant est évoquée. Pour y parvenir, une consultation préconceptionelle chez son médecin ou son gynécologue doit être pratiquée. Dans le cas de désordres alimentaires patents, une nutritionniste rectifiera les aberrations alimentaires et aidera à rapprocher vers la normale l’indice de masse corporelle avant que ne débute la grossesse.

Les apports alimentaires devront bien sur tenir compte du mode de vie et des préférences culinaires tout en cherchant le plus possible un équilibre alimentaire bien réparti tout au long de la journée.

Les trois repas de la journée sont nécessaires. Par contre l’apport d’une collation et d’un goûter ne sont proposés que si le petit déjeuner est absent par habitude ou le déjeuner restreint par nécessité. Les apports alimentaires peuvent être calqués sur ceux proposé à une femme enceinte.

Le petit déjeuner comporte une boisson à base de thé ou de café, un laitage ou un yaourt nature ou du fromage; du pain simple ou travaillé (pain complet, aux céréales etc…) avec du beurre et selon les goûts de la confiture, du miel, un fruit et éventuellement d’un apport protidique sous forme de jambon, d’œuf. Peu de françaises ont l’habitude d’un tel petit déjeuner. Pourtant, il vaut mieux absorber l’énergie en début de la journée pour la dépenser ensuite plutôt que ne rien prendre et trop consommer le soir pour stocker les aliments durant la nuit.

Selon la nécessité, le déjeuner sera plus ou moins léger.

Le déjeuner débutera par des crudités seules ou associées entre elles. Il se poursuivra par un apport de protides (viande, poisson, œufs à choisir selon les apports faits au petit déjeuner) ; des féculents, des légumes cuits seuls ou en association fourniront la garniture accompagnant les protides ; un laitage s’il n’ pas été pris le matin et se terminera par un fruit ou un dessert comportant des protides (lait ou œufs) si les protides étaient absents du plat principal.

Le dîner, parfois seul repas permettant de réunir les membres de la cellule familiale permet de rééquilibrer la ration alimentaire. Trop abondant, il favorise le stockage et la prise de poids et entrave la qualité du sommeil. Selon la saison, une salade composée complète peut être le seul plat du repas en été. En hiver des potages plus ou moins complet sont une bonne introduction complétée ensuite par un apport de protides sous formes de viande, d’œuf ou de laitage. Un fuit peut terminé le repas du soir en toute saison.

Conjointement à une alimentation équilibrée, une activité physique doit être entreprise ou maintenue.

Pendant la grossesse

Les apports énergétiques journaliers moyens durant la grossesse doivent être répartis en trois repas et deux collations durant la journée. Cela comprend surtout le petit-déjeuner, élément essentiel, mais aussi la collation matinale et le goûter, ce qui favorise l’équilibre alimentaire, la possibilité de diversifier ses apports alimentaires et permet d’éviter les périodes de grignotages. Les nausées au cours du premier trimestre et les hypoglycémies seront ainsi minimisées. Un repas sauté prive pendant longtemps le fœtus d’une quantité importante d’énergie car il s’alimente en continu.

Afin de limiter la prise d’aliments sucrés (biscuits, confiseries) qui peut faire prendre du poids trop rapidement et faire perdre l’appétit pour les aliments indispensables, il vaut mieux ne pas sauter de repas, en particulier le petit-déjeuner, pour permettre une bonne assimilation des aliments et assurer un apport nutritionnel régulier.

Comment composer un menu équilibré ?

 

L’équilibre est réalisé lorsqu’on obtient une répartition efficace de l’apport énergétique adapté à son rythme biologique. L’observance de la chrononutrition permet une meilleure assimilation et utilisation des aliments selon la période d’ingestion. Les aliments énergétiques, comme les matières grasses et les glucides sous formes de sucres lents, sont à consommer en début de journée afin d’être utilisés par l’organisme et non pas stockés; les protéines, les sucres lents et les crudités ou cuidités au déjeuner et au dîner. La nécessité d’assurer une bonne croissance fœtale recommande également l’apport de protéines durant le dîner.

 

Obtenir l’équilibre nutritionnel, c’est aussi la bonne répartition sur la journée des trois catégories alimentaires :

o les glucides qui doivent entrer pour 55 % dans la composition alimentaire quotidienne,

o les protides pour 15 % et

o les lipides pour 30 %.

L’idéal serait d’atteindre l’équilibre alimentaire dans la composition de chaque repas. Chaque repas au déjeuner et au dîner devrait comprendre:

1 crudité, 1 cuidité (légumes verts cuits),

1 viande ou 1 poisson ou des oeufs, 1 féculent,

1 produit laitier, 1 fruit.

La composition d’un repas équilibré peut se révéler fastidieuse si on se met à calculer les apports caloriques ainsi que les apports en protides, lipides et glucides.

Les valeurs caloriques contenues dans les tables en annexe peuvent aider à cerner le poids moyen des aliments courants ainsi que leurs valeurs énergétiques, mais aussi à connaître les équivalences entre divers aliments de même catégorie afin de varier les menus.

Si le problème alimentaire réside surtout dans la taille des portions, on peut se servir du répertoire du poids moyen des portions alimentaires situé en annexe N°8.3.4.

Toutefois, pour que l’alimentation durant la grossesse reste un moment agréable harmonieux entre la maman et son bébé, il ne faut surtout pas s’astreindre à calculer, neuf mois durant, ses apports caloriques. Il suffit alors avec la connaissance des repères cités précédemment, d’appliquer quelques notions simples et de bon sens.

Rappelons tout d’abord que :

- Les apports supplémentaires qu’ils soient sucrés ou à base de matières grasses ne sont pas une nécessité pour accompagner le plat principal, les fruits ou les produits laitiers.

- Un plat équilibré ne comporte pas en même temps de la viande, du fromage et des œufs. Lors du remplacement de la viande, l’équilibre du plat est conservé par des associations comme des céréales avec des œufs ou du fromage ou du lait ou bien des associations de céréales avec des légumes secs.

- L’équilibre des repas est assuré s’ils comportent:

Des crudités une à deux fois par jour ;

Des cuidités sous forme de légumes ou de soupe une fois par jour ;

L’apport d’un fruit frais une à deux fois par jour ;

Du pain à chaque repas.

- L’équilibre alimentaire de la journée repose sur :

La prise d’un petit-déjeuner complet ;

L’apport de laitage deux à trois fois par jour en moyenne et quatre fois par jour si l’on incorpore la prise de fromage;

D’un apport protidique une à deux fois par jour ;

- Sur la semaine, il peut être conseillé :

D’éviter la charcuterie ou les frites et en cas d’impossibilité d’en limiter la fréquence;

Un apport de quatre à six œufs ;

De ne pas oublier l’intérêt des protides et des bons corps gras contenus dans le poisson qu’il est intéressant de manger au moins deux fois par semaine ;

De limiter la consommation de pâtisserie, de viennoiseries (pain au chocolat et croissant, etc ..);

D’apporter des matières grasses sous formes d’huile d’assaisonnement et de beurre sans sel à raison de 125 à 140 gr par semaine.

Il faut ensuite répartir ces groupes d’aliments afin de composer un menu équilibré.

Le petit déjeuner

Le petit déjeuner doit apporter 20 à 25% de l’apport énergétique total de la journée et comporter, afin de couvrir l’ensemble des besoins, un laitage, un produit céréalier, un fruit, un peu de matière grasse et une boisson.

L’absence de petit déjeuner incite à manger davantage le reste de la journée des aliments à haute valeur énergétique et à stocker une partie des nutriments ingérés lors des autres repas. Cela prévient la disette imposée par l’absence répétée des petits-déjeuners mais favorise une prise de poids plus importante que nécessaire. C’est assurément le risque d’être plus exposée à la fatigue, aux troubles de la concentration, à l’irritabilité …

Pour éviter une certaine monotonie, il faut varier ses petits déjeuners tout en gardant à l’esprit la nécessité d’associer

- une boisson,

- éventuellement des sucres rapides (fruit, miel ou confiture) selon le surpoids éventuel à gérer depuis le début de la grossesse

- mais surtout des sucres lents avec du pain ou des céréales,

- les protéines avec un apport de matières grasses que l’on trouve dans l’œuf, le jambon ou la viande

- sans oublier les indispensables produits laitiers (la lait, les yaourts) qui permettent de combiner apport calcique et protéique.

Le traditionnel pain–beurre-confiture-yaourt peut être converti en un apport de céréales et de lait, de pain d’épices avec du lait ou encore du fromage blanc avec une banane et des fruits secs. Selon son activité ou la nécessité de contrôler sa prise de poids, il peut être utile d’incorporer des protéines (œuf ou jambon).

Le petit déjeuner idéal durant la grossesse comporte bien sur du lait, un bol ou équivalent en laitage ou fromage associé à du pain ou des céréales, de la confiture ou du miel (une cuillère à café), du sucre (un morceau) selon les goûts pour agrémenter un thé ou un café ou une cuillère de chocolat en poudre dans le lait et un fruit frais ou un verre de jus de fruit pressé sans sucre qui apportera des vitamines.

Ces fruits et jus de fruits du matin peuvent être variés afin de ne pas tomber dans la monotonie avec le classique jus d’orange qui finira par lasser. Pourquoi ne pas tenter selon les saisons la poire, le kiwi, la mangue, l’abricot, l’ananas, la pêche, le brugnon, la clémentine mais aussi le jus de carotte avec du céleri, de cassis ou le jus d’ananas. Ces différents jus peuvent être associés pour créer de nouvelles saveurs. Pomme et banane centrifugés puis mixer avec du lait donnent en complément d’un pain grillé nappé d’une fine couche de confiture d’abricot un petit déjeuner complet, plein de saveur et digeste.

Exemples de petits-déjeuners

1) Thé ou café, 1 yaourt nature, 30 g de pain, 5 g de beurre, 5 g de confiture, 5 g de sucre, 1 œuf dur, 1 pomme

Apport : 409 Kcal

Protides : 17 %

Glucides : 53 %

Lipides : 30 %

2) 150 ml de lait aromatisé, 60 g de pain complet, 10 g de beurre, 2 càc de confiture, 1 clémentine

Apport : 322 Kcal

Protides : 15 %

Glucides : 52 %

Lipides : 34 %

3) Thé ou café, 100 g fromage blanc 20 %, 50 g Céréales, 1 croissant, 1 kiwi

Apport : 362 Kcal

Protides : 17 %

Glucides : 23 %

Lipides : 60 %

4) 250 ml de lait demi-écrémé, 4 biscottes, 10 g de beurre, 5 g de confiture, 2 abricots frais

Apport : 396 Kcal

Protides : 13 %

Glucides : 33 %

Lipides : 54 %

 

Ces quelques exemples de petits de petits déjeuners plus ou mois caloriques permettent de visualiser rapidement que l’on peut varier facilement ses aliments au cours des repas, de voir les quantités à adopter et ce que cela apporte finalement dans chacune des catégories alimentaires et en calories. Bien sur, ces tableaux sont surtout utiles pour celles qui ont besoin de se fixer un canevas alimentaire pendant la grossesse ou de surveiller leur apports alimentaire du fait d’un poids trop faible ou trop important.

Repas du midi et du soir

Ces deux repas, plus riches en calories, ne sont pas forcément identiques et peuvent varier selon ses propres habitudes, activités et disponibilités. Il convient durant la grossesse de ne pas sauter l’un de ces repas ce qui entraînerait une carence énergétique pour le fœtus et un apport alimentaire plus important lors du repas suivant avec une digestion plus difficile.

Les apports énergétiques de chacun de ces repas représentent 30 à 35 % de la ration calorique quotidienne.

Voici, soit pour le repas du midi ou celui du soir, des idées de menus pouvant être modulées en tenant compte des équivalences alimentaires afin de varier les menus:

1 er exemple de repas:

100 g de crudités, 1 cas d’assaisonnement, 100 g de poisson, 100 g de légumes cuits, 2 pommes de terre, 1 yaourt, 5 g de sucre, 2 brugnons 

Calories           721 kcal

Protides           19 %

Lipides 33 %

Glucides           48 %

2 eme exemple de repas:

 

1 salade de crudité, 1 cas d’huile, 150 g de légumes cuits, 100 g de féculents, 2 œufs, Fromage blanc (50g), 1 morceau de pain, 1 pêche

Calories 807 kcal

Protides 18 %

Lipides 35 %

Glucides 47 %

3 eme exemple de repas:

 

Légumes crus (100 g) en salade avec 1 càs d’huile, 150 g de féculents, 100 g de viande, Beurre (10 g), 1 tranche de pain (30 g), 1 portion de fromage (40 g), 1 portion de raisin (150 g),

Calories 901 kcal

Protides 22 %

Lipides 33 %

Glucides 47 %

 

4 eme exemple de repas:

1 potage de légumes (250 ml), 20 g Crème fraiche, 100 g de légumes cuits, 100 g de féculents, 2 tranches de jambon, 1 morceau de pain complet (30 g), 1 yaourt, 1 pomme

 

Calories 734 kcal

Protides 18 %

Lipides 28 %

Glucides 54 %

En pratique, il est conseillé de manger quotidiennement :

- Une portion de crudités au moins une fois par jour,

Ou un potage de légumes (pour les potages déshydratés pas plus d’une fois par semaine),

Ou 1 entrée chaude (1 fois par semaine).

- 70 à 120 g. de viande une à deux fois par jour afin de conserver un bon apport en fer facilement assimilable,

Ou 100 g. de poisson (au minimum 2 fois par semaine)

Ou 2 œufs (2 fois par semaine).

- Légumes verts cuits, à volonté (1 à 2 fois par jour).

- Féculents 150 à 200 g: pommes de terre (deux grosses), riz, pâtes, semoule, maïs, légumes secs (1 fois par jour) ou 2 à 3 tranches de pain.

- Laitage qui doit être consommé à chaque repas et comporte :

20 à 30 g. de fromage,

Ou 1 laitage peu sucré.

- 1 fruit cru ou cuit, sachant qu’il faut au moins 1 crudité (par repas) ou 1 pâtisserie (1 fois par semaine selon le poids initial).

- Matières grasses pour assaisonner sans excès.

- Hydratation

Avec ce canevas, il est possible de composer ses repas en se servant indépendamment de chaque aliments. Marier les condiments ensemble aboutit à une grande variétés de plats par exemple :

Velouté de concombre Concombre au yaourt

Escalope de dinde aux champignons Endives au gouda et dés de jambon

Couscous végétarien à base de semoule accompagnée de courgettes, carottes et navets

Taboulé de céleri au surimi Tagliatelle au saumon

Les petits creux du matin et de l’après-midi

 

Les besoins énergétiques sont tellement importants et la capacité d’absorption parfois diminuée durant la grossesse du fait des nausées ou de la compression gastrique qu’il est souvent nécessaire de combler une faim en milieu de matinée ou d’après-midi. Il ne faut donc pas se culpabiliser à l’idée de prendre une collation alors que cela n‘était pas dans ses habitudes.

Cela permet d’atteindre plusieurs objectifs :

- apporter les besoins énergétiques manquants lors des trois principaux repas,

- apporter les produits calciques nécessaires qui, souvent, ne peuvent pas être absorbés en grande quantité du fait de la nausée matinale,

- mais aussi se faire plaisir au moyen de substances sucrées qu’il n’est pas interdit de consommer même en cas de surpoids.

 

Quel aliment-plaisir peut-on consommer durant ces petits-creux ?

Il est nécessaire de se rappeler qu’il vaut mieux prendre :

- un apport lacté ( lait , fromage blanc , yaourt ou fromage) pour se rapprocher de la dose de calcium conseillé pendant la grossesse mais aussi pour son apport protéique ;

- des sucres lents sous forme de pains ou biscuits afin d’apporter l’énergie manquante jusqu’au prochain repas ;

- une boisson s’il n’y a pas d’apport en lait : de l’eau du robinet avec une faible teneur en nitrates, une eau minérale plate ou gazeuse, du thé, café ou un jus de fruit pressé.

Ces fameux aliments-plaisir, allant des substances sucrées (fruits, confiture, miel, sucre), au morceau de chocolat ou au sorbet, peuvent se consommer à certains moments bien choisis (après le repas par exemple ce qui fait moins monter le taux de sucres dans le sang que s’ils sont consommés seuls en dehors des repas), ce qui permet de ne pas être frustrée et de ne pas craquer pour de plus grandes quantités. Exemple connu de ces aliments-plaisir : le chocolat, en morceau, râpé dans un yaourt nature ou fondu sur un poire cuite, il serait injuste de s’en priver. Il apporte du magnésium en quantité et il contient une substance appelée « phényléthylamine » qui, dans le cerveau, devient de la sérotonine, substance essentielle pour ne pas sombrer dans la déprime ! Donc pas de privation mais pas d’abus non plus.

 

Bien sûr, la quantité prise est variable selon chaque femme et devra rester faible pour les biscuits et les boissons sucrées surtout lorsque le surpoids est évident car ses aliments sont d’un moins grand intérêt nutritif mais parfaits pour une prise de poids exagérée. En revanche, un faible poids au départ de la grossesse permet de satisfaire ses envies.

Idées de collations pour satisfaire ses envies

 1er exemple: 1 yaourt nature, 10 g de chocolat, 2 biscuits petit beurre, 1 mandarine

Calories 208 kcal

Protides 14 %

Lipides 29 %

Glucides 59 %

 

2 eme exemple: 150 ml de lait ½ écrémé, 30 g de pain, 5 g de beurre, 1 cac de miel ou confiture, 1 nectarine

Calories 306 kcal

Protides 12 %

Lipides 23 %

Glucides 66 %

3 eme exemple: 100 g de fromage blanc 20%, 3 Wasa, 50 g de mûres,

Calories 101 kcal

Protides 30 %

Lipides 34 %

Glucides 36 %

4 eme exemple : 100 ml de lait, 30 g de muesli, ½ portion de raisin

Calories 210 kcal

Protides 12 %

Lipides 23 %

Glucides 66 %

 

Les repas rapides.

 

S’alimenter durant une grossesse ne doit pas être assimiler à une contrainte. Si l’on a pas toujours la possibilité d’organiser, à chaque moment de la journée, un repas conventionnel soit pour des raisons professionnelles ou personnelles, il est possible de concilier son alimentation habituelle avec son état actuel.

Il importe d’apporter chacun des nutriments en compensant lors du repas ou de la collation qui suit les nutriments qui n’ont pu être apporter en quantité suffisante et cela principalement pour les apports calciques, protidiques et glucidiques.

 

Selon les nécessités un repas peut être fait à partir d’un sandwich ou d’une salade composée à emporter.

Les sandwichs n’offrent pas autant de diversité que les salades pour de simples problèmes techniques. Il est plus difficile de fait tenir du maïs, de la tomate et une grande quantité de salade dans un sandwich.

La salade composée permet d’intégrer de multiples aliments et d’équilibrer son repas. Ainsi, il est facile de marier des protéines à partir du thon du saumon, du jambon et du soja par exemple avec des glucides comme du riz, des pâtes ou des pommes de terre. Mais on peut aussi en faire un repas complet en ajoutant des dés d’emmental, du gruyère râpé et des fruits de toutes sortes selon les diverses saisons : par exemple, le melon, les fraises en été, les noix , les pommes, les poires et les oranges en automne et en hiver .

 

En voici quelques exemples :

1/3 de baguette, 10 g de beurre, 40 g de concombre, laitue, 40 g de saumon fumé, 1 yaourt

Calories 414 kcal

Protides 20 %

Lipides 35 %

Glucides 45 %

ou bien

 

1/3 de baguette, 40 g d’emmenthal, 40 g d’endive crue, 1 tranche de jambon de Bayonne, 1 yaourt

Calories 483 kcal

Protides 20 %

Lipides 32 %

Glucides 38 %

ou

 

2 tranches de pain complet, 10 g de beurre, Laitue, 30 g de thon, 1 tomate, 1 yaourt

Calories 328 kcal

Protides 24 %

Lipides 26 %

Glucides 50 %

ou une salade composée:

 

100 g de salade, huile et vinaigre, 50 g de carottes, 40 g de concombre, 50 g de maïs, 30 g de pignon de pin, 50 g de pomme de terre, 1 œuf dur, 1 yaourt

Calories 395 kcal

Protides 18 %

Lipides 47 %

Glucides 34 %

 

 

 

 

 

 

 

 

Les désagréments de la grossesse : nausées, vomissements, fringales, dégouts alimentaires, reflux gastriques, constipation, oedemes

La grossesse, moment particulier dans la vie d’une femme, ne devrait être qu’une parenthèse de bonheur, pourtant il est possible que la grossesse soit émaillée de troubles  qui vont ternir ce moment idéal.

Nausées, vomissements

Elles sont si fréquentes que la moitié des femmes enceintes en souffrent. Elles apparaissent parfois dès le début mais plus souvent de la cinquième à la douzième semaine de grossesse et peuvent aller jusqu’au terme. La responsabilité en incomberait aux œstrogènes fortement augmentés qui perturberaient la sensibilité aux odeurs.

Intenses, nausées et vomissements peuvent réduire les apports alimentaires avec une perte de poids qui restera sans conséquence sur  le devenir du fœtus. Cependant, une consultation est indispensable et  permettra d’écarter une autre pathologie plus sérieuse.

 Quelques conseils simples pour y remédier :

-         Ne pas avoir le ventre trop plein ni trop vide, notamment en sautant le petit déjeuner! Dès le lever ou même avant, une prise alimentaire légère permet de réduire la survenue des nausées.

-         L’alimentation est fractionnée dans la journée, sans se laisser aller au grignotage incessant : selon la gêne occasionnée par les nausées, les repas seront plus légers et plus fréquents.

-         Les plats lourds, gras ou épicés, longs à digérer, ainsi que les aliments ayant une odeur forte sont bannis de même que le café, le tabac et ses odeurs tenaces.

-         Des plats légers, simples et digestes en privilégiant les féculents sont recommandés. L’apport de sucres rapides augmente la sécrétion d’insuline chargée de faire baisser la taux de sucres mais engendre aussi des hypoglycémies sources de nausées.

-         Il faut boire souvent en petite quantité durant la journée en prenant de l’eau minérale et parfois des eaux gazeuses qui calment parfois les nausées mais risque d’entrainer une aérophagie.

-         La cuisine doit être aéré longuement.

-         Sitôt mangé, il ne faut pas s’allonger et pratiquer durant ce moment une activité physique douce. Effectuer par exemple une courte marche qui aura des effets sur la digestion et sur le transit.

-         Une médication classique prescrites par votre médecin traitant (Primperan, Vogalene, magnésium) peut faire diminuer les symptômes.

- L’ homéopathie  peut également soulager. Citons certains traitements:

  • Ipeca 7 CH; 5 granules quatre ou cinq fois par jour: vomissement spasmodiques muqueux avec pâleur sueur, baisse de la tension artérielle
  • Nux vomica 5 CH; 5 granules quatre ou cinq fois par jour: éructations , vomissements amers, lourdeurs gastriques constantes
  • Sepia 7 CH; 7 CH 5 granules matin et soir: nausées avant le lever , le petit-déjeuner, en présence d’odeurs fortes. Vomissements après les repas.

- Une plante bien connue comme le gingembre diminue sensiblement l’importance des nausées (préparer une infusion avec du gingembre fraîchement râpé. Une dose de 1 g à 2 g de gingembre séché en poudre équivaut à environ 10 g de gingembre frais ou faire bouillir la racine de gingembre dans l’eau puis la filtrer et servir avec du miel). Il peut être pris sous forme de gélules à raison de 2 gel matin et midi.

- L’acupuncture peut apporter une aide parfois spectaculaire .

Fringales et envies

 Qui n’a pas entendu parler de ce mythe qui prétend deviner le sexe de l’enfant en fonction des envies d’une femme enceinte ? Une envie de salé prédisposerait à la naissance d’un garçon et d’une fille si les envies concernent les aliments sucrés.

On  ne vérifie pas le bien fondé d’une légende mais il est fréquemment rapporté qu’une femme enceinte peut ressentir soudainement une envie pour un aliment ou une saveur qu’elle ne consommait pas habituellement.

Se faire plaisir, même en cas de surpoids, une ou deux fois dans la semaine, ne perturbera pas le bon déroulement de la grossesse. Si ces envies sont déraisonnables et surviennent plusieurs fois par jour, il vaut mieux prévoir une collation équilibrée qui évitera les fringales et les aliments à forte teneur sucrée. Fruit, pain ou céréales et laitage forment par exemple un excellent trio, riche en fibres et source de sucres lents.

Pensez aussi à boire entre les repas, de l’eau bien sûr, mais aussi des infusions, du café ou du thé légers avec modération, si l’eau plate n’est pas appréciée.

Dégoûts alimentaires

 Tout à coup, tel ou tel aliment ne plait plus et engendre un rejet. Si cet aliment est important pour l’équilibre alimentaire, il faut lui trouver un équivalent :

-         100 grammes de viande peuvent être remplacés par 2 oeufs ou 100 grammes de poisson. On pourra également faire une équivalence protidique avec un demi-litre de lait ou encore 60 grammes de gruyère ;

-         Les légumes peuvent être remplacés par d’autres légumes ou si nécessaire par des fruits, en se souvenant que les fruits sont plus sucrés que les légumes ;

-         En cas de dégoût du lait, celui-ci sera remplacé par des laitages (yaourts, fromage blanc, fromages) ou intégré dans des préparations (entremets, béchamel, purée,…).

Brûlures d’estomac et reflux gastro-oesophagien

 Ils sont fréquents au cours du troisième trimestre car l’enfant exerce une pression sur l’estomac.

Les aliments difficiles à digérer, notamment ceux qui sont très fibreux comme les poireaux, les radis, les asperges, les légumes secs, les légumes trop acides comme les tomates cuites sont à diminuer.

De même pour les aliments qui fermentent, comme les choux, et des aliments acides (oseille, tomate cuite, vinaigre, citron) ainsi que les épices, l’alcool, le thé et le café même léger dont les tanins seraient responsables de l’agression sur la muqueuse gastrique.

Une alimentation, à goût fade qui absorbe l’excès d’acidité, sera mieux tolérée : pensez à une préparation à base de lait et d’œufs, de céréales fines (tapioca, maïzena, semoule fine, pomme de terre en purée légère) en début de repas.

Parmi les fruits, selon les goûts et la tolérance personnelle les agrumes, les prunes et surtout la banane, la pomme douce, la pêche épluchée seront privilégiés.

Les brûlures d’estomac sont plus intenses sur un estomac vide : on retrouve une fois de plus l’intérêt de fractionner les repas. Attention à la consommation d’eau gazeuse dans le but d’apaiser les brûlures d’estomac : Si le soulagement est immédiat, en revanche, elle renforce l’acidité gastrique et ravive les douleurs. Un verre d’eau plate ou de lait sont mieux tolérés.

 Il est recommandé de ne pas s’allonger juste après un repas afin de ne pas favoriser le reflux et de conserver une position demi assise pour dormir.

Constipation

Le ralentissement du transit intestinal au cours de la grossesse est un phénomène normal. Les raisons en sont multiples : des modifications hormonales, la réduction de l’activité physique et, pour certaines, la position du fœtus qui comprime le tube digestif.  On parlera de constipation après trois jours d’absence de selles. La grossesse peut exacerber une tendance à la constipation et faire souffrir de désagréments comme les poussées hémorroïdaires (dilatation veineuse au pourtour de l’anus ou qui s’extériorise par l’anus) avec parfois  suintements ou saignements. Pour en éviter les désagréments, il importe de :

-         Boire au moins un litre et demi par jour, sous forme d’eau, de tisane, de lait, de jus de fruits ou de légumes… ;

-         Manger des céréales type muesli, pain complet selon la tolérance digestive, tous les jours des aliments riches en fibres tendres : légumes verts, épinards, laitues, endives, etc… et des fruits ;

-         Effectuer suffisamment d’exercice chaque jour : un peu de marche à pied, de natation, de gymnastique douce stimuleront la motricité intestinale, tout en entretenant la musculature; selon le besoin consommez de la compote de pommes et quelques pruneaux le matin.

-         Des traitements locaux ou par voie orale, sauront aider le cas échéant.

Les œdèmes.

Durant la grossesse, le volume plasmatique s’accroît de façon importante et se répartit à la fois dans les cellules et dans les vaisseaux. La perméabilité des veines des jambes est plus ou moins importante permettant à ce liquide de diffuser en dehors des vaisseaux et stagner au niveau des chevilles puis des jambes, parfois des cuisses et des lombes.

Ces œdèmes ne doivent pas inquiéter ; ils sont certes disgracieux et perturbent l’image corporelle mais ne sont pas dangereux dès lors que la fonction rénale et la tension artérielle sont normales.

Les éviter ? Si le système veineux ne peut contenir ce transbordement de liquide en dehors de vos vaisseaux, il est illusoire de les éviter.

Comment les minorer ?

Ce qui peut majorer la dilatation veineuse des membres à savoir la station debout immobile, la constipation, le surpoids, le maintien croisé des jambes, la chaleur sous toutes ses formes ainsi qu’une alimentation fortement salé doit être évité.

La marche fréquente en privilégiant de courts déplacements, les escaliers plutôt que les ascenseurs ou les escaliers mécaniques et la surélévation des jambes dès que possible et au-dessus de l’horizontale favorisent le drainage des membres inférieurs.

Diverses thérapeutiques soulagent comme le port de chaussettes, de bas de contention qui contiendront la dilatation veineuse ou le drainage lymphatique permettant de drainer ce surplus de liquide vers la circulation. Les veino-toniques réduisent la gêne douloureuse engendrée par ces oedèmes.

 

En pratique :

Nausées : repas léger, fractionnés, évitant les matières grasses. Hydratation en petite quantité et répétée. Aération des pièces.

Constipation : Hydratation, apports de fibres et activité physiques.

Aigreurs d’estomac : Fractionnement des repas et des apports hydriques ; évitez les substances qui ralentissent la vidange de l’estomac comme le café, le thé ; éradiquez le tabac;  adoptez le sommeil en position demi-assise.

Fringales : pas de contraintes, sachez les satisfaire dans la mesure du raisonnable ; sinon prévoyez vos encas afin de ne pas vous laisser débordez.

Dégoûts alimentaires: de la même façon, ne vous astreignez pas à une prise alimentaire qui vous rebute et jouez des équivalences entre les différents aliments afin de vous alimenter sainement et avec plaisir.

Oedèmes : chercher le frais, se bouger, drainer, contenir pour les minorer.

 

Obésité et grossesse

Ne commencez jamais un régime de vous-même lorsque vous êtes enceinte.

 

Statistiques

Selon l’enquête ObEpi 2003, le taux d’obésité, tous âges confondus, est passée de 8,2 % en 1997 à 9,6 % en 2000 et à 11,3 % en 2003, soit un taux d’accroissement d’environ 5 % par an. La proportion des personnes en surpoids ou obèses a progressé en 6 ans de 36,7 % à 41,6 %.

Les enquêtes Insee réalisées en 1980 et 1991  sur un échantillon représentatif de plus de 20 000 adultes ont permis de montrer que le surpoids, chez les femmes jeunes (20-29 ans), augmente de 8,0 à 11,5 % et de 1,4 à 2,1 % pour l’obésité. Le taux de femmes obèses varient de 18 à 38% aux Etats-Unis et se situe à 17% en France (étude réalisée dans l’Hérault).

 

Il importe de rappeler que la prise de poids excessive débute souvent au cours de la grossesse et persiste après la délivrance. On admet que la grossesse représente pour 20% des femmes l’occasion de développer un surpoids définitif. Le risque est d’autant plus important si :

-         un surpoids ou une obésité existait avant le début de la grossesse ou que des membres de votre famille ou vous-même avez vécu une situation similaire lors d’une précédente grossesse,

-         il existe une intoxication tabagique,

-         le sport est délaissé pour des raisons de goût ou en raisons de soucis de santé engendrés par le surpoids.

 

C’est pourquoi la prise de poids doit être régulée grâce à des conseils diététiques et encore plus si le surpoids était déjà présent avant le début de la grossesse. Cependant, cette période n’est pas la plus propice pour démarrer un régime amaigrissant. C’est avant la grossesse, avec l’aide d’un(e) diététicien(e), qu’il est recommandé de suivre un régime amaigrissant.

 

Néanmoins, si le surpoids est important, il peut être nécessaire de suivre des conseils diététiques car l’obésité majore les risques médicaux et obstétricaux : l’hypertension artérielle maternelle, la pré-éclampsie, le diabète gestationnel, la  mort fœtale in-utéro, l’augmentation de la fréquence des césariennes, la majoration du nombre d’accouchement instrumental ou de souffrance fœtale. Tous ces effets secondaires peuvent être éradiqués si le rapport entre poids et taille revient à la normale.

 

Les conséquences d’un surpoids se reportent également sur l’enfant :

-         macrosomie fœtale (augmentation du risque de 40 à 80%) donc plus fréquemment: dystocie des épaules, atteinte du plexus brachial, élévation de la mortalité néonatale (risque passant de 1,15  en cas de surcharge simple jusqu’à 3,4 en cas d’obésité vraie),

-         anomalies congénitales : majoration de risque de fermeture du tube neural (risque multiplié par 2), d’omphalocèle, de cardiopathie congénitale prématurité, risque d’excès pondéral pendant l’enfance, d’hypertension artérielle et de diabète à l’âge adulte.

 

L’apport énergétique sera généralement situé autour de 1800 à 2400 Calories par jour. Si l’obésité est importante, il pourra être inférieur, sous contrôle médical rigoureux, mais on évitera de descendre en dessous de 1600 Calories par jour afin d’éviter la cétogenèse (fabrication de corps cétoniques) dommageable pour le fœtus.

L’alimentation sera équilibrée et devra fournir tous les nutriments indispensables au développement de l’enfant. Si cela est impossible, certains suppléments pourront être prescrits par le médecin.

Le surpoids ou l’obésité ne dispense absolument pas de manger équilibré. Il ne faut pas croire que le surcroît de poids avec une forte proportion de graisse impose de raréfier  les apports des divers nutriments. Il est fortement souhaitable de pouvoir éradiquer tous les mauvais grignotages à forte teneur en matières grasses.

-         Les apports en calcium doivent être maintenus en  quantité mais en sélectionnant des produits à faible teneur en matière grasse (yaourt à 0%, fromage blanc à 0 ou 20%.

-         Viande et volaille peu grasses cuites au grill ou à l’huile d’olive. Le poisson peu gras est cuit à la vapeur ou au micro-onde ce qui préserve sa saveur et sera servi aromatisé avec du citron ou de la ciboulette. Le poisson est un plat de choix car, rappelons le, il apporte de bonnes matières grasses.

-         Les légumes crus ou cuits sont à l’honneur tant pour leurs faibles apports caloriques malgré un volume important que pour leurs richesses en vitamines.

-         Les féculents, légumes secs (200g) restent indispensables car ils sont la source d’énergie pour mener à bien cette grossesse.

-         Les apports en matière grasse sont réduits mais pas supprimés. Il est nécessaire d’apporter par jour au moins 5 g de beurre ainsi qu’une cuillère à soupe d’huile riche en oméga 3.

-         Les fruits apporteront des sucres pour l’énergie, nombre de vitamines et un grand plaisir gustatif. Aussi, il ne faut pas les oublier et en consommer deux à trois par jour.

-         Les sucres comme la confiture sont à prendre en petite quantité (1 petite cac de confiture) et il vaut mieux s’orienter vers des céréales comme le muesli ou les flocons d’avoines (3 cas).

En pratique :

Avoir un surpoids n’est pas une fatalité mais nécessite un encadrement de vos apports alimentaires par un médecin nutritionniste.

Les mauvaises matières grasses sont réduites au profit de celles qui sont essentielles (beurre) et riches en acides gras oméga 3.

Les apports calciques sont maintenus avec des aliments sans matières grasses, de même pour les protides.

Grossesse et diabète

C’est une complication importante de la grossesse qui peut survenir et engendrer des complications pour le bébé.

Quelques données

Douze centres d’accouchements français ont étudié en janvier 2000, pendant deux ans, l’évolution de femmes diabétiques de type 1 (diabète traité par injection d’insuline) ou de type 2 (encore appelé diabète gras et diabète traité par une médication orale). Le diabète gestationnel (diabète n’apparaissant que lorsque la grossesse est commencée) et les grossesses multiples étaient exclus de cette étude :

-         66,4 % présentaient un diabète de type 1 et 33,6 % étaient de type 2 ;

-         Le taux de complications se majore selon que l’hémoglobine-glyquée (mesure qui reflète le taux de sucre sur les mois qui précèdent le prélèvement) est maintenue en dessous ou dépasse le taux de 8 % :

             Taux :                                                    < 8 %              > 8 %

             Mortalité péri-natale                              4,4 %               9,2 % ;

             Malformations congénitales majeures 4,1 %                   8,3 % ;

             Accouchement prématuré                      38,2 %            57,6 %.

 

Ces résultats semblent comparables à ceux rapportés en France entre 1986 et 1988 lors d’une étude précédente. Les grossesses des femmes diabétiques, encore mal aidées et encadrées, se compliquent de forts taux de mortalité périnatale et de malformations congénitales majeures. Les attitudes semblent s’être peu modifiées sur le terrain.

Cela est d’autant plus important que la fréquence du diabète de type 2 augmente, l’âge de survenue diminue et que de plus en plus de femmes jeunes en âge de procréer vont être concernées.

En cas de grossesse programmée chez une diabétique de type 1, la mortalité périnatale diminue à 0,7 % (8,1 % si la grossesse n’est pas programmée). Le risque de mortalité péri-natale est multiplié par trois avec un taux d’hémoglobine-glyquée inférieur à 6,9 % et par huit si ce même taux dépasse les 10 % ; dans ce cas, le taux de malformations majeures est trois fois plus important.

En revanche, en cas de diabète de type 2, la surveillance doit être intense car malgré une programmation de la grossesse, le taux de mortalité reste à 5,7 % et le taux de malformations à 2,9 %. Ces différences sont liées à d’autres facteurs comme l’âge plus avancé des femmes diabétiques de type 2, l’hypertension artérielle et d’autres facteurs vasculaires fréquemment associés.

 

Diabète insulino-dépendant

Mener une grossesse est possible pour le majorité des femmes diabétiques. La bonne coordination des personnels soignants (diabétologues, obstétriciens, infirmières) est essentielles

Déjà diabétique insulino-dépendante avant la grossesse, il est toujours souhaitable que la grossesse programmée intervienne à un moment où la glycémie est bien équilibrée et que soient traitées, avant la grossesse, certaines complications du diabète telles que rétinopathie (atteinte oculaire) ou néphropathie (atteinte rénale) si elles existent.

Les hypoglycémies sont fréquentes au cours du 1er trimestre et les besoins en insuline augmentent dès la 17ème semaine d’aménorrhée. Ils diminueront brutalement d’environ 50% après l’accouchement pour revenir dans les deux jours qui suivent la délivrance aux besoins en insuline qui existaient avant le début de la grossesse.

Les objectifs sont une hémoglobine glyquée  (HbA1c) inférieure à 6,5% et des glycémies capillaires inférieures à 1g/l avant le repas et 1,4 g/l après le repas. Pour y parvenir, il est parfois nécessaire d’utiliser des pompes à insuline qui permettent un ajustement plus facile des doses d’insuline afin de régulariser au mieux les glycémies.

Quelques conseils :

-         Fractionner l’alimentation sur la journée, en 3 repas principaux et 3 collations, en veillant à bien répartir l’apport glucidique sur l’ensemble des différents repas.

-         Eviter plus que jamais la consommation d’aliments riches en sucres rapides (bonbons, boissons sucrées et sucreries), surtout en dehors des repas, afin de ne pas déséquilibrer la glycémie.

-         Respecter le régime du mieux possible et procéder à des auto-contrôles de la glycémie (6 fois par jour). La cétonurie sera également surveillée. Les complications pendant la grossesse, pour la mère et/ou l’enfant, sont plus fréquentes en cas de diabète : Une prise en charge par une équipe médicale est nécessaire.

Diabète non insulino-dépendant

Diabétique non insulino-dépendante avant la grossesse, il est indispensable d’instaurer une insulinothérapie afin d’obtenir le meilleur équilibre possible de la glycémie. Il est souhaitable que la grossesse ait été prévue, afin de prendre le temps d’être informée des modalités du traitement par insuline et des auto-contrôles de la glycémie. Les règles diététiques importantes à respecter sont les mêmes que dans le cadre du diabète insulino-dépendant. En cas d’obésité, il est nécessaire de ne pas prendre davantage de poids, compte tenu de l’effet secondaire de l’insuline qui majore la masse grasse.

Après la délivrance, l’insulinothérapie est interrompue et le traitement suivi avant la grossesse sera repris, à savoir un traitement diététique associé si nécessaire aux hypoglycémiants actifs par voie orale. Les hypoglycémiants sont une contre-indication à l’allaitement maternel.

Diabète gestationnel

Le diabète gestationnel est un trouble de la tolérance des sucres conduisant à une hyperglycémie de sévérité variable pendant la grossesse.

Le diabète gestationnel apparait durant la seconde moitié de la grossesse.

Il survient généralement à partir de la 22 ème semaine de grossesse et ne concerne que 1,5 à 6 % des grossesses. 30 à 40 % des diabètes gestationnels surviennent chez des femmes n’ayant aucun facteur de risque. Le plus souvent, ce diabète disparaît après la grossesse mais il peut aussi persister. Si un diabète apparaît dès le premier trimestre, il existait vraisemblablement déjà auparavant, mais n’était pas connu. Ainsi, 15 à 20% des diabètes gestationnels sont des diabètes de type 2 méconnus. Traité immédiatement, les complications sont moins importantes que dans le cadre d’un diabète évoluant depuis plusieurs années.

Le dépistage est d’autant plus essentiel qu’un des facteurs de risque suivants est présent:

-         Ethnie : Asie, Antilles, Afrique du Nord

-         Antécédents familiaux au premier degré de diabète non insulino-dépendant

-         Présence d’un surpoids : IMC supérieur à 25 kg/m²

-         Âge supérieur à 40 ans

-         Existence durant la contraception orale d’un taux de sucre élevé ou d’un diabète gestationnel

-         Antécédents de macrosomie, de mort fœtale in utéro, d’enfants de poids élevé lors d’accouchements antérieurs, de malformations.

Les conséquences sont importantes :

-         risque de césarienne plus élevé, hypertension artérielle, d’éclampsie et un plus grand risque (10 à 60%) de développer un diabète définitif dans les vingt ans suivants ;

-         pour le bébé :

o       Décès in utéro plus fréquent en l’absence de traitement et pour des glycémies supérieures à 1,05 g/l.

o       Macrosomie compliquant 15 à 30% des grossesses avec diabète gestationnel. Les principales complications périnatales de la macrosomie sont les lésions dystociques de l’épaule, les lésions du plexus brachial et les césariennes.

o       Apparition ultérieure plus fréquente d’une obésité dans l’enfance puis d’un diabète de type 2.

 Un dépistage systématique du diabète gestationnel doit être effectué entre la 24 ème et la 28 eme semaine d’aménorrhée, ou plus tôt si vous présentez un terrain à risque.

 Ce dépistage est indispensable si:

  • vous avez plus de 35 ans
  • vous êtes en surpoids ou obèses
  • vous avez des frères, des soeurs ou des parents diabétiques
  • lors de votre précédente grossesse, vous avez eu un diabète
  • un de vos précédents enfants pesait plus de 4 kg à la naissance ou présentait un tour de tête trop élevé

Le dépistage consiste

En une prise de sang dès la première consultation pour mesurer, à jeun depuis 12 h, votre taux de sucre:

  • si le taux est au-dessus de 1, 26 g, il s’agit d’un diabète qui existait avant la grossesse, un taux supérieur à 2 g est retenu si vous n’êtes pas à jeun.
  • si le taux est compris entre 0,92 g/l et 1, 25 g/l, le diagnostic de diabète gestationnel est affirmé.
Au second trimestre de grossesse, entre 24 et 28 semaines, si  la glycémie était normale en début de grossesse ou si elle n’a pas été réalisée, le test HGPO 75 g  doit être réalisé. Cela consiste, en étant à jeun depuis 12 h, à absorber au laboratoire de prise de sang 75 g de sucre et à mesurer l’évolution de votre taux de sucre à jeun puis 1 h et 2 h après l’absorption. Prévoyez donc du temps et un bon livre!
Le diabète gestationnel est affirmé si une des trois mesures est anormales:
  • Glycémie à jeun supérieure à 0,92 g/l ou 5,1 mmol/l
  • Glycémie à 1 h  supérieure à 1,80 g/l ou 10 mmol/l
  • Glycémie à 2 h supérieure à 1,53 ou 8,5 mmol/l
Au troisième trimestre si le bilan n’a pas été réalisé auparavant, une glycémie à jeun doit être réalisée.
Traitement du diabète gestationnel ?

Le but du traitement est de normaliser la glycémie : pour ce faire, on met en œuvre un apport alimentaire équilibré, modérément hypo-énergétique (réduction de 25 kcal/kg) de 1800 à 2000 kcal, mais toujours supérieur à 1600 kcal même si vous êtes obèse. Cet apport est réparti en 6 prises alimentaires par jour. La glycémie est surveillée par des glycémies capillaires répertoriées dans un carnet d’autosurveillance et qui doivent être répétées au mieux six fois par jour, en période pré et postprandiale. L’objectif est d’obtenir une glycémie inférieure à 1 g/l, voire 0,95 g par litre avant le repas et inférieures à 1,40 g/l 2 h après le repas.

Les moyens thérapeutiques comportent des mesures diététiques mais aussi l’activité physique et au besoin l’insulinothérapie. Le suivi par un(e) diététicien(ne) et un(e) endocrinologue est essentiel.

Le régime comporte un apport protidique normal, la restriction des apports en sucres rapides (voir paragraphe traitant des glucides), un apport faible en hydrate de carbone (180 à 200 gr/j). Un régime trop restrictif, bien que favorable sur les chiffres glycémiques, serait responsable de la production de corps cétoniques qui seraient délétères pour le développement intellectuel de l’enfant.

Les sucres dits rapides ou simples (bonbons, pâtisseries, confitures, corn flakes, jus de fruit, etc) seront évités au profit de sucres d’assimilation plus lente (pâtes, riz, semoules, maïs, légumes secs ou pommes de terres) surtout lorsqu’ils sont consommés avec des légumes verts et entiers pour être mâchés et assimilés plus lentement. L’assimilation des sucres rapides est freinée lorsqu’ils sont pris en cours de repas. De même le petit-déjeuner sera hypoglucidique car c’est la période maximale de l’insulinorésistance ce qui engendre une forte augmentation de la glycémie. On peut, par exemple, remplacer le pain blanc par du pain complet ou des céréales comme le muesli.

L’évaluation des mesures hygiéno-diététiques se fait après 8 à 10 j par la lecture des autocontrôles glycémiques. Efficace (70 à 80 % des cas) les mesures sont poursuivies ainsi que le suivi bimensuel. Dans le cas contraire, il est préférable d’être hospitalisée pour instaurer l’insulinothérapie qui sera arrêtée après la délivrance. En plus du suivi médical habituel, un suivi par un diabétologue jusqu’au terme de la grossesse et souvent après l’accouchement est nécessaire.

Le nouveau-né est particulièrement surveillé à la naissance afin de dépister une hypoglycémie. Le bilan sera plus important si le bébé présente une macrosomie.

Une surveillance par un test de charge (HGPO de 75 g de glucose) 3 mois après la grossesse est indispensable afin de confirmer la régression du diabète si la glycémie est inférieure à 1,40 g/l ou la persistance du diabète si la glycémie reste supérieure à 2 g/l (20 à 30%) surtout en cas d’obésité, de prise de poids trop élevé pendant le grossesse ou d’âge > 35 ans. Entre ces deux valeurs, on parle d’intolérance au glucose et le risque de voir se développer un diabète dans les 10 ans qui suivent un diabète gestationnel est de 50 %. Le dépistage sera répété annuellement si besoin.

La surveillance obstétricale. Elle a pour buts de dépister les anomalies fœtales et de déterminer le moment le plus propice à la délivrance. La surveillance médicale est plus ou moins intense selon l’équilibre glycémique. Elle comporte une échographie toutes les 4 à 6 semaines afin d’apprécier la croissance du fœtus et la quantité de liquide amniotique, et une surveillance plus rapprochée en fin de grossesse.

 En pratique :

En cas de diabète, la grossesse est grevée de surmortalité, d’accouchement prématuré et de malformations surtout s’il s’agit d’un diabète non insulino-dépendant.

Programmez votre grossesse, réduisez les facteurs de risques s’ils existent comme le surpoids.

Multipliez les contrôles glycémiques (6 fois par jour, avant et après les repas) et optimisez les apports alimentaires en réduisant les sucres simples.

Le dépistage du diabète gestationnel est primordial entre la 24 et la 28eme semaine d’aménorrhée. les valeurs seuils respectivement à jeun et 2 h après 75 g de glucose : 0,95 et 1,55 g/l.

Selon le cas l’insulinothérapie est débutée, poursuivie ou prend le relais d’un traitement oral.

Son suivi fait intervenir de multiples professionnels de santé afin de mieux encadrer ces grossesses pouvant être à risque.

 

 

Allaitement

 

On ne saurait trop insister sur l’allaitement maternel et le bénéfice que peut en obtenir votre bébé. Bien sûr la décision d’allaiter ou non appartient à la future maman et il ne faut pas se culpabiliser si vous hésitez ou n’en ressentez pas l’envie. A la lecture des quelques chiffres statistiques, vous comprendrez que vous n’êtes pas seule à vous poser la question.

L’allaitement en France et ailleurs

 

Quelques chiffres :

-         L’allaitement maternel varie en France de 36 à 40 % selon les régions.

-         Entre 2000 et 2005, le pourcentage de femmes qui allaitent passe 50 à 56 %.

-         22 % des femmes ayant l’intention d’allaiter hésitent à le faire.

-         Les femmes de plus de trente ans sont plus nombreuses à allaiter.

-         La durée moyenne de l’allaitement est d’environ dix semaines, mais va en augmentant car 27 % des femmes allaitent plus de trois mois contre 19% en 2000.

-         L’alimentation au sein exclusivement concerne seulement 3% des enfants de quatre mois.

-         Ailleurs qu’en France, les femmes allaitent également et parfois de façon plus prolongée comme en Suède où elles sont 50 % à allaiter à 6 mois ; 80 % en Norvège à 6 mois et 36 % à un an. La prise de conscience du bénéfice de l’allaitement maternel et les conditions de congé de maternité devant certainement influer sur la durée de l’allaitement.

Bien sûr, il ne s’agit que de moyennes et de statistiques. Cela montre surtout que l’allaitement dure d’autant plus que la maman est motivée et que les parents se sont informés sur le sujet et sont entreprenants.

Ce qui permet de convaincre d’allaiter :

-         Tout d’abord l’envie d’allaiter avant même le début ou au cours de la grossesse, ce qui veut donc dire qu’il ne faut pas allaiter sous la pression de l’entourage familial ou médical. La décision d’allaiter vient d’une envie profonde.

-         Avoir plusieurs enfants renforcent la motivation pour allaiter,

-         Le niveau socioprofessionnel élevé des parents,

-         Plus le nombre de diplômes depuis l’âge de dix-neuf ans est important, plus l’envie d’allaiter est importante.

-         Le contact direct dès la naissance du bébé contre la peau est un signal fort ; voir sa bouche s’ouvrir et fouiner vers le sein renforce l’envie de conserver ce contact par le biais de l’allaitement.

-         La promiscuité du bébé. Plus le contact intime est répété, moins il ya de réticences à allaiter.

-         La bonne position du nouveau-né (face à la mère) et la prise du sein par l’enfant (bouche grande ouverte langue vers le bas).

Ce qui peut amener à réduire la durée de l’allaitement :

-         Le sentiment de ne pas avoir un lait de qualité pour son enfant et il n’y a aucun lien entre la qualité de l’allaitement et la taille des seins ;

-         Le contact direct et répété du corps de son bébé sur votre propre peau est parfois redouté ;

-         L’obligation d’être présente pour toutes les périodes d’alimentation de son bébé ;

-         L’apport de biberon de complément dès la maternité ;

-         La déformation des seins du fait de l’allaitement. Or les seins se modifient notablement en fin de grossesse et c’est là que se situe le risque de déformation des seins allaitement ou pas.

-         Le tabagisme. La durée d’allaitement est plus courte et le lait moins abondant (25 % de moins). La nicotine passe dans le lait et sa biodisponibilité est de l’ordre de 30 %. Cependant fumer n’interdit pas d’allaiter. Pour le bien-être du bébé, allaitement ou pas, il serait judicieux d’arrêter et de suivre, en même temps que l’allaitement, un programme de sevrage accompagné de substituts nicotiniques. La consommation de tabac n’annule en rien tous les bénéfices apportés par le lait maternel et rien ne remplace le bien-être psychologique donné à son enfant en l’allaitant. En attendant l‘arrêt du tabagisme et afin d’éviter un passage trop important de substances toxiques dans le lait, il vaut mieux ne pas fumer deux heures avant la tétée.

Pour comprendre la meilleure qualité du lait maternel

 

Le lait maternel est l’aliment idéal pour nourrir son enfant. Il est nécessaire de comprendre que la composition du lait varie pour chaque enfant :

-         selon sa prématurité ou non,

-         selon son âge : le premier lait est appelé colostrum est quatre fois plus riche en protéines,  en anticorps, en enzymes et trois fois moins en lipides que le lait mature. Il est suivi d’un lait de transition et devient le lait mâture après un mois.

Le lait maternel apporte un taux plus faible en certains acides aminés car le nourrisson n’a pas les mêmes capacités d’assimilation qu’un adulte ; de même, l’absorption des graisses est meilleure chez le nourrisson allaitant grâce à la lipase maternelle (enzyme permettant la digestion des graisses).

-         selon le moment de la tétée dans la journée : le lait étant plus riche en lipides le matin

-         durant la tétée : la richesse en lipide est plus importante en fin de tétée.

 

Enfin, le lait maternel apporte non seulement des aliments mais aussi la lactoferrine pour l’assimilation du fer, des hormones, des facteurs de croissance et de nombreuses cellules favorisant les défenses immunitaires du nourrisson : macrophages, polynucléaires neutrophiles et surtout des immunoglobulines en particulier les IgA sécrétoires qui ont montré leurs actions contre divers agents infectieux comme l’Escherichia Coli entérotoxinogène. Toutefois pour que le lait maternel soit le mieux adapté pour l’enfant, il faut que l’alimentation de la maman soit également équilibrée ; ainsi la richesse en oméga 3 vient à la fois des réserves en graisses de la mère mais aussi de son alimentation quotidienne.

 

Effets de l’allaitement.

 

L’allaitement maternel pourrait avoir un rôle favorable dans le développement psychomoteur du nourrisson

Le lait de mère est riche en acide gras polyinsaturés, en particulier ceux de la famille des acides gras oméga-3 : c’est l’acide alpha-linolénique. Ce type d’acide gras participe au  développement cérébral et sensoriel. Il est démontré que l’allaitement maternel influence la composition du cerveau du nouveau-né. Chez l’animal, une carence profonde entraîne une diminution du poids du cerveau et du nombre des fibres de myéline.

L’allaitement maternel favorise également les interactions précoces mère-enfant et confère un avantage psychoaffectif jouant un rôle dans le développement de l’enfant. Il n’existe donc pas que des facteurs nutritionnels…

Le lait maternel apporte les éléments nutritionnels essentiels pour le développement de l’enfant lui assurant une meilleure défense immunitaire, une réduction des risques allergiques et le début de son éducation nutritionnelle en fonction de l’arôme des aliments consommés. C’est aussi un bon moyen de diminuer la masse grasse accumulée pendant la grossesse. La phase active de réduction pondérale permettant de retrouver silhouette et poids antérieurs ne débutera qu’à la fin de l’allaitement et après le retour de couches.

Après la naissance, l’allaitement maternel semble protéger contre l’obésité infantile: une survenue moindre du surpoids et de l’obésité à l’âge de 5-6 ans a été notée chez les enfants nourris au sein, avec un effet d’autant plus important que l’allaitement a été prolongé et ce indépendamment du statut social. Par ailleurs, les nourrissons avant bénéficié d’un allaitement maternel ont, à l’adolescence (13-16 ans), un meilleur profil lipoprotéique que ceux nourris au lait infantile. Outre ce bénéfice potentiel sur le risque d’athérome, la consommation de lait maternel est associée à une pression artérielle plus basse dans la même tranche d’âge. Elle semble aussi conférer une certaine protection contre le diabète de type 1.

L’effet de l’allaitement sur les capacités intellectuelles de l’enfant  font toujours l’objet d’études.  Diverses substances contenues dans le lait maternel comme le DHA ( acide docosaheaénoïque) et l’ARA (acide arachidonique) améliorent la croissance des neurones et facilitent la transmission entre eux.  Cet effet bénéfique sur le cerveau du bébé est modulé par la présence sur chaque bras du chromosome d’un allèle particulier du gène appelé FASD2 impliqué dans la transformation des acides gras cité précédemment.  La présence de ce gène augmente de 6,8 points le QI de ces enfants. En l’absence de ce gène, l’allaitement n’apporte aucun bénéfice sur le QI des enfants allaités.

Apports nutritionnels

 

Un litre de lait maternel contient 330 mg de calcium, 140 mg de phosphore et aussi… 40 mg de magnésium, 2,5 mg de zinc mais peu de fer quoique très assimilable, 330 picogrammes de vitamine A, mais peu de vitamines D et K et tout ce qu’il faut en vitamines B et C.

Nourrir son bébé au sein requiert de fournir tous ces aliments en plus de son alimentation personnelle ; cela nécessite de l’énergie  (2500 kcal/J) et du repos. Durant toute cette période, l’alimentation joue un rôle clé. A peu de choses près, l’alimentation est  identique à celle de la fin de la grossesse, autrement dit beaucoup de protéines (les apports protéiques doivent être augmentés de 20 gr par jour pendant toute la durée de l’allaitement), d’acides gras essentiels (acides gras Omega 3), de vitamine C et de fer, plus des lipides et des glucides en quantité supérieure à la consommation habituelle.

Il faut maintenir l’apport de calcium, soit l’équivalent d’un litre de lait par jour, yaourts, fromages, entremets. Le calcium se consomme sous toutes les formes et à volonté durant tout l’allaitement sans oublier les eaux à forte teneur en calcium (Annexe 9). L’apport en magnésium doit être important afin de compenser les pertes, de l’ordre de 50 à 75 mg par jour, induites par l’allaitement.(Annexe 8)

Pour une maman végétarienne, l’allaitement peut être conduit sans danger pour le bébé. Il convient de maintenir des apports nutritionnels en consommant de grandes quantité de produits laitiers ( 7 à 8 portions par jour), de légumineuses comportant du fer et de céréales, ainsi que es fruits et des matières grasses. Les mamans végétaliennes risquent de manquer de fer, de zinc, de calcium et de vitamines D.

L’organisation des repas.

 

Cette organisation ne diffère pas beaucoup par rapport au temps de la grossesse. Les apports alimentaires comprennent selon la période :

- Petit-déjeuner ou goûter :

             Lait (250 ml) ou équivalent en laitage ou fromage

             Pain ou céréales

             Beurre

             Confiture ou miel

             Fruit

- Déjeuner ou dîner:

             Crudités crues ou cuites (assaisonnement avec une huile équilibrée en acides gras essentiels)

             Viande poisson ou œuf dans les mêmes proportions que durant la grossesse

             Légumes cuits ou féculents

             Fromage ou laitage

             Un fruit

             Pain

             Eau pouvant être riche en magnésium.(Annexe 9)

 

Le bébé nourri au sein

 

L’allaitement au sein inquiète parfois les mamans car il est difficile de mesurer ce que prend le nourrisson, de savoir si le lait apporte bien la bonne quantité de nutriments nécessaire à la croissance.

Quelques repères sont nécessaires :

-         Plus le nouveau tête précocement, ce qu’il sait faire par réflexe dans les premières heures après l’accouchement, plus l’allaitement a des chances de bien débuter.

-         Il est nécessaire de répondre à la demande du bébé qui tête environ six à huit fois par jour pendant cinq à vingt minutes sur un sein en se souvenant que l’hydratation se fait en début de tétée et l’apport en énergie et matières grasses à la fin de celle-ci.

-         Une bonne tétée s’est déroulée lorsque le bébé a bien aspiré sur le sein, qu’il ralentit les mouvements de succion, que le sein est moins tendu, qu’il s’endort repu après la tétée et que la tétée se répète toutes les trois heures environ. Une tétée incomplète rapprochera la prochaine tétée. Un rot est souvent nécessaire afin de vider l’air aspiré durant la tétée.

-         Il ne faut pas se fier au nombre de selles pour apprécier la bonne qualité de l’allaitement. Généralement fréquentes, parfois aussi nombreuses que le nombre de tétées, de couleur jaune d’or ou vertes, granuleuses ou liquides, elles peuvent parfois être rares jusqu’à une à deux fois par semaines signifiant que le bébé utilise la totalité des apports nutritifs. Le ballonnement douloureux du ventre ou la dureté des selles sont par contre des signes d’inquiétude et doivent être corrigés.

-         La prise de poids par semaine est variable selon les nourrissons :

 

Âges

Filles

g/semaine

Garçons g/semaine

 

 

Perte de poids et allaitement

 

Dans la perspective d’un allaitement durable, l’établissement d’un régime amaigrissant n’est pas souhaitable. Il nécessite pour réussir sans nuire à la croissance du bébé d’être mené par une diététicienne.

Cette période peut, lorsque le surpoids de la maman est important, être mise à profit pour permettre une perte de poids sans toutefois mettre en danger la croissance fœtale. Une étude a permis de montrer qu’une perte de poids de 500 gr par semaine entre la quatrième et la quatorzième semaine après l’accouchement n’entrave pas la croissance de l’enfant. Cette perte de poids était obtenue en combinant une diminution des apports énergétiques de 500 Kcal par jour et une activité sportive régulière (45 mn par jour quatre fois par semaine).

Il est conseillé de diminuer les graisses visibles sans oublier les graisses cachées dans les pâtisseries, fritures, les accompagnements et de réduire les sucres simples dits rapides et ceux cachés également dans les pâtisseries, les glaces mais aussi les boissons aux fruits.

Allaitement et contraception

 

Quelques mots sur ce sujet bien éloigné du sujet initial pour rappeler que l’allaitement ne garantit en rien une contraception efficace. L’absence de règles ne veut pas dire absence d’ovulation et si la fertilité est certes diminuée, elle n’est pas nulle. Aussi, il faut prévoir ou non un autre moyen de contraception.

En pratique :

Allaiter est un engagement. Le lait maternel est adapté à votre bébé et se modifie durant sa croissance. Il facilite sa digestion et lui donne par vos anticorps des armes contre les diverses infections qu’il peut commencer à rencontrer.

Côté pratique : pas de danger d’oublier le lait ; il est immédiatement à bonne température

Votre alimentation diffère peu de celle adoptée durant la grossesse.  Les apports protéiques sont à augmenter de 20g par jour tout en maintenant les apports laitiers à 1200 voire 1500 mg par jour, les apports en magnésium.

La précocité  de la mise au sein est un atout pour bien réussir l’allaitement.

L’hydratation est assurée en début de tétée et l’apport en énergie à la fin

6 à 8 tétées par jour de 10 à 20 mn en moyenne.

D’autres informations sur le site  de périnatalité de Haute Normandie qui soutient l’allaitement maternel




WEIGHT WATCHERS ET BIG MAMA... |
Manon Pepin - Massage suédois |
Le Qi Gong avec Martine Migaud |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | lamaladiedalzheimer
| Info Sante 76
| Vivre sa vie