Erreurs alimentaires

Les habitudes alimentaires françaises ou régionales actuelles expliquent des erreurs fréquemment observées :

-         consommation trop fréquente (plus de deux fois par semaine) de frites (18%), de charcuteries (14%), de pâtisseries (tous les jours pour 54%),

-         consommation trop rare, voire absente, de poisson (34%), d’aliments riches en fibres (82%).

Ne sachant plus ce qu’est une alimentation équilibrée, influencées par des messages publicitaires sur la consommation de fruits par exemple dans les laitages sans sucres ajoutés, séduite par des reportages télévisés vantant les bienfaits de stage de jeûne afin de se ressourcer, maigrir puis finalement prendre encore plus de poids grâce au phénomène connu de tous les régimes aberrants qu’est le yo-yo pondéral, le mode alimentaire de chacune se construit en fonction de son mode de vie, de ses revenus, des exigences professionnelles et la compilation de toutes les expériences acquises auprès des parents et amies, entendues ou lues en diverses occasions.

L’IFN, Institut français pour la nutrition, a recensé sur son site Internet, www.ifn.asso.fr, les 200 idées préconçues concernant l’alimentation. Les erreurs sont nombreuses :

-         Le pain fait grossir. C’est pourtant une bonne source d’énergie. On mange rarement une grande quantité de pain seul. Ce sont les aliments qui l’accompagne qui font grossir.

-         Toutes les viandes sont trop grasses. Certaines viandes maigres sont moins grasses et moins caloriques que certains poissons.

-         Certaines huiles sont plus grasses que d’autres. La quantité de lipides est identique dans toutes les huiles. Ce sont les sortes d’acides gras qui diffèrent.

-         Les régimes drainants ou ceux qui brûlent les graisses, les cures à base de fruits, la soupe aux choux font perdre du poids. C’est vrai au début car l’alimentation est brutalement déséquilibrée et l’organisme cherche à compenser en puisant dans les réserves que sont la graisse et les muscles. Carencé, l’organisme fera des réserves sous formes de graisses afin de prévenir la prochaine disette. C’est l’assurance de faire du yo-yo avec son poids et d’en prendre finalement plus que l’on voulait en perdre.

 

Les enquêtes alimentaires précédant ou au décours de la grossesse, permettant de cerner les corrections alimentaires à apporter, révèlent que :

-         Pour 1/3 des femmes, les apports alimentaires sont inférieurs à 2000 Kcal et à l’inverse, une sur six consomment plus de 2800 Kcal par jour.

-         Les apports sont inférieurs aux recommandations pour : les fibres alimentaires, le calcium, le magnésium, le fer, les vitamines B1, B6, B9, C, D, PP

-         et supérieurs pour les lipides et le phosphore.

Enquêtes alimentaires

Lorsque le souhait de grossesse est émis , une enquête alimentaire qualitative ou quantitative, en cas de déséquilibre, permettrait de repérer soit les risques de carences soit la surcharge alimentaire ou plus simplement de pointer les manques ou aberrations alimentaires.

 

Plusieurs méthodes sont possibles :

L’interrogatoire alimentaire portant sur le jour ou les jours précédents ou l’évaluation des apports à partir de la tenue d’un carnet alimentaire sur une semaine. Ces deux méthodes ont pour inconvénient d’être longues à exploiter au cours d’une consultation si l’on veut quantifier les apports en calories, en nutriments, en minéraux et en vitamines.

 

La méthode d’enquête alimentaire rapide est plus facilement réalisable. Elle est orientée sur la consommation alimentaire des trois jours qui précèdent la consultation. Il est évident qu’une enquête conduite sur trois jours sans que la patiente soit prévenue fait appel à un effort de mémorisation qui peut fausser le résultat de l’enquête.

 

La méthode appliquée sur l’interrogatoire de la consommation au cours des 24 heures précédentes est plus facile car elle fait peu intervenir la mémoire. La journée d’évaluation peut-être soit la journée précédant l’entretien si cette journée est représentative du mode alimentaire quotidien. Se référer à une journée festive fausse l’interrogatoire, mais choisir une journée dont l’apport alimentaire semble équilibré parmi tant d’autres fortement déséquilibrées sous-estimera des aberrances alimentaires qui peuvent se répéter durant la semaine et méconnaître l’absence de repas certains jours de la semaine.

On estime également les différences d’apports entre la semaine et le week-end habituel.

 

En résumé,

- une enquête alimentaire rigoureuse mais longue est plutôt conduite sur une semaine;

- une évaluation peut-être menée efficacement grâce à une enquête portant sur trois jours de consommation alimentaire durant la semaine et incluant la consommation alimentaire d’un week-end ;

- une appréciation peut encore être conduite par un interrogatoire portant sur la consommation alimentaire durant la journée qui précède la consultation ;

 

L’interrogatoire précise les aliments consommés aux trois repas, les quantités aussi précisément que possible mais aussi les modes de préparation des divers aliments.

Fréquemment la consommation d’aliments ne se limite pas aux trois repas quotidiens. Les différentes prises alimentaires en dehors des repas doivent être mentionnées car elles sont souvent composées d’aliments à fort pouvoir calorique mais à faible valeur nutritive.

 

L’enquête alimentaire évalue également les modalités alimentaires notamment :

- Les lieux où sont pris les repas : à domicile, au restaurant ou sur le lieu de travail.

- La convivialité: il est intéressant de noter si le repas est pris seule, accompagnée d’autres personnes ou bien en famille.

- Le temps consacré au repas est à prendre en compte. La satiété n’étant ressentie qu’après vingt minutes de mastication, tout repas ingéré trop rapidement conduit à une prise alimentaire trop importante qui est source de prise de poids excessif durant la grossesse.

Apports nutritionnels recommandés

L’enquête nutritionnelle permet, si besoin, de réorienter les apports alimentaires afin de se rapprocher

-         des proportions en protides, glucides et lipides habituellement recommandés et rappelées ci dessous,

-         des valeurs caloriques propres à chaque nutriment,

-         des apports quotidiens moyens recommandés durant la grossesse.

Les sources énergétiques : Protides :        15%    ; Glucides :        55%Lipides :          30 %

 

Cela montre que la répartition des nutriments fait la part belle aux glucides et aux graisses qui représentent à eux deux 85 % des apports énergétiques nécessaires.

Les protides sont peu représentés car l’organisme ne sachant pas stocker les protides , l’apport doit se limiter à la quantité nécessaire par jour

 

Valeurs caloriques des nutriments: Nutriments ( KCal/g):

Glucides                     4

Protéines                    4

Lipides                       9

———————————

Alcool                        7

 

Les apports quotidiens recommandés :

Eau :               1,5 à 2l d’eau              Calcium           1200 à 1500 mg

Protéines         80 g                             Magnésium      480 mg

Glucides          200 à 250 gr                Fer                  20 à 50 mg

Lipides            70 gr                           Zinc                 19,5 mg

 

Ces apports énergétiques ne sont pas également répartis durant la grossesse.

Les trois premiers mois de la grossesse concernent la formation de l’embryon. Les éléments clés durant cette période sont l’acide folique (ou vitamine B9) et le fer.

Le second trimestre, qui concerne le développement cérébral et du squelette, nécessite un grand apport de protéines animales et végétales ainsi que du calcium, du phosphore et du magnésium.

Le troisième trimestre est le temps de la préparation à l’accouchement et à l’allaitement avec une forte augmentation du volume sanguin. Le bébé assure la finition de ses différents organes (nerveux, sens, poumons, squelette) et accroît rapidement son poids. L’ensemble nécessite un grand apport de protéines, glucides, de graisses poly-insaturées, toujours associées à un apport important en fer et vitamine C.

 

En pratique :

 

Une enquête alimentaire sur trois jours met en lumière vos carences ou vos excès alimentaires.

 

Les sources énergétiques sont les protides (12 à15 % des apports, valeurs caloriques : 4 kcal/g), les lipides (30 à 35 %, 9 kcal/g) et les glucides (50 à 55 %, 4 kcal/g).

 

Les apports recommandés par jour :

Eau : 1,5 à 2 l d’eau,

Protéines 80 g,                   Lipides 70 g,         Glucides 200 à 250 g,

Calcium 1200 à 1500 mg, Fer 20 à 50 mg.

 

Constitution d’un menu équilibré

Conseils

Il faut garder à l’esprit que la notion de « bien manger » doit rester associé à une notion de plaisir. Songer à s’alimenter de façon équilibré ne doit pas faire considérer le repas comme un traitement qu’il faut nécessairement absorber afin d’apporter au bébé les bons nutriments.

Associer repas avec détente et convivialité est une notion à rechercher plus intensément pendant la grossesse. Manger seule ou à plusieurs mais sans la convivialité conduit à une prise alimentaire rapide et plus importante que nécessaire. Le repas participe à une harmonie de vie qu’il faut essayer de retrouver soit au travail ou à son domicile dans un environnement favorisant décontraction, convivialité. Cela permet, au moyen de l’alimentation, de penser au bienfait que l’on apporte à au foetus en mangeant équilibré et de manière détendue.

Avant la grossesse.

Il semble établi que le poids du bébé est en partie fonction du poids de la maman avant la grossesse. Se préoccuper de son alimentation seulement pendant la période de gestation n’est plus suffisant. Une alimentation équilibrée riche en vitamine B9, en fer et qui permet, si besoin, de normaliser le poids avant la grossesse doit être envisagée dès que l’envie de concevoir un enfant est évoquée. Pour y parvenir, une consultation préconceptionelle chez son médecin ou son gynécologue doit être pratiquée. Dans le cas de désordres alimentaires patents, une nutritionniste rectifiera les aberrations alimentaires et aidera à rapprocher vers la normale l’indice de masse corporelle avant que ne débute la grossesse.

Les apports alimentaires devront bien sur tenir compte du mode de vie et des préférences culinaires tout en cherchant le plus possible un équilibre alimentaire bien réparti tout au long de la journée.

Les trois repas de la journée sont nécessaires. Par contre l’apport d’une collation et d’un goûter ne sont proposés que si le petit déjeuner est absent par habitude ou le déjeuner restreint par nécessité. Les apports alimentaires peuvent être calqués sur ceux proposé à une femme enceinte.

Le petit déjeuner comporte une boisson à base de thé ou de café, un laitage ou un yaourt nature ou du fromage; du pain simple ou travaillé (pain complet, aux céréales etc…) avec du beurre et selon les goûts de la confiture, du miel, un fruit et éventuellement d’un apport protidique sous forme de jambon, d’œuf. Peu de françaises ont l’habitude d’un tel petit déjeuner. Pourtant, il vaut mieux absorber l’énergie en début de la journée pour la dépenser ensuite plutôt que ne rien prendre et trop consommer le soir pour stocker les aliments durant la nuit.

Selon la nécessité, le déjeuner sera plus ou moins léger.

Le déjeuner débutera par des crudités seules ou associées entre elles. Il se poursuivra par un apport de protides (viande, poisson, œufs à choisir selon les apports faits au petit déjeuner) ; des féculents, des légumes cuits seuls ou en association fourniront la garniture accompagnant les protides ; un laitage s’il n’ pas été pris le matin et se terminera par un fruit ou un dessert comportant des protides (lait ou œufs) si les protides étaient absents du plat principal.

Le dîner, parfois seul repas permettant de réunir les membres de la cellule familiale permet de rééquilibrer la ration alimentaire. Trop abondant, il favorise le stockage et la prise de poids et entrave la qualité du sommeil. Selon la saison, une salade composée complète peut être le seul plat du repas en été. En hiver des potages plus ou moins complet sont une bonne introduction complétée ensuite par un apport de protides sous formes de viande, d’œuf ou de laitage. Un fuit peut terminé le repas du soir en toute saison.

Conjointement à une alimentation équilibrée, une activité physique doit être entreprise ou maintenue.

Pendant la grossesse

Les apports énergétiques journaliers moyens durant la grossesse doivent être répartis en trois repas et deux collations durant la journée. Cela comprend surtout le petit-déjeuner, élément essentiel, mais aussi la collation matinale et le goûter, ce qui favorise l’équilibre alimentaire, la possibilité de diversifier ses apports alimentaires et permet d’éviter les périodes de grignotages. Les nausées au cours du premier trimestre et les hypoglycémies seront ainsi minimisées. Un repas sauté prive pendant longtemps le fœtus d’une quantité importante d’énergie car il s’alimente en continu.

Afin de limiter la prise d’aliments sucrés (biscuits, confiseries) qui peut faire prendre du poids trop rapidement et faire perdre l’appétit pour les aliments indispensables, il vaut mieux ne pas sauter de repas, en particulier le petit-déjeuner, pour permettre une bonne assimilation des aliments et assurer un apport nutritionnel régulier.

Comment composer un menu équilibré ?

 

L’équilibre est réalisé lorsqu’on obtient une répartition efficace de l’apport énergétique adapté à son rythme biologique. L’observance de la chrononutrition permet une meilleure assimilation et utilisation des aliments selon la période d’ingestion. Les aliments énergétiques, comme les matières grasses et les glucides sous formes de sucres lents, sont à consommer en début de journée afin d’être utilisés par l’organisme et non pas stockés; les protéines, les sucres lents et les crudités ou cuidités au déjeuner et au dîner. La nécessité d’assurer une bonne croissance fœtale recommande également l’apport de protéines durant le dîner.

 

Obtenir l’équilibre nutritionnel, c’est aussi la bonne répartition sur la journée des trois catégories alimentaires :

o les glucides qui doivent entrer pour 55 % dans la composition alimentaire quotidienne,

o les protides pour 15 % et

o les lipides pour 30 %.

L’idéal serait d’atteindre l’équilibre alimentaire dans la composition de chaque repas. Chaque repas au déjeuner et au dîner devrait comprendre:

1 crudité, 1 cuidité (légumes verts cuits),

1 viande ou 1 poisson ou des oeufs, 1 féculent,

1 produit laitier, 1 fruit.

La composition d’un repas équilibré peut se révéler fastidieuse si on se met à calculer les apports caloriques ainsi que les apports en protides, lipides et glucides.

Les valeurs caloriques contenues dans les tables en annexe peuvent aider à cerner le poids moyen des aliments courants ainsi que leurs valeurs énergétiques, mais aussi à connaître les équivalences entre divers aliments de même catégorie afin de varier les menus.

Si le problème alimentaire réside surtout dans la taille des portions, on peut se servir du répertoire du poids moyen des portions alimentaires situé en annexe N°8.3.4.

Toutefois, pour que l’alimentation durant la grossesse reste un moment agréable harmonieux entre la maman et son bébé, il ne faut surtout pas s’astreindre à calculer, neuf mois durant, ses apports caloriques. Il suffit alors avec la connaissance des repères cités précédemment, d’appliquer quelques notions simples et de bon sens.

Rappelons tout d’abord que :

- Les apports supplémentaires qu’ils soient sucrés ou à base de matières grasses ne sont pas une nécessité pour accompagner le plat principal, les fruits ou les produits laitiers.

- Un plat équilibré ne comporte pas en même temps de la viande, du fromage et des œufs. Lors du remplacement de la viande, l’équilibre du plat est conservé par des associations comme des céréales avec des œufs ou du fromage ou du lait ou bien des associations de céréales avec des légumes secs.

- L’équilibre des repas est assuré s’ils comportent:

Des crudités une à deux fois par jour ;

Des cuidités sous forme de légumes ou de soupe une fois par jour ;

L’apport d’un fruit frais une à deux fois par jour ;

Du pain à chaque repas.

- L’équilibre alimentaire de la journée repose sur :

La prise d’un petit-déjeuner complet ;

L’apport de laitage deux à trois fois par jour en moyenne et quatre fois par jour si l’on incorpore la prise de fromage;

D’un apport protidique une à deux fois par jour ;

- Sur la semaine, il peut être conseillé :

D’éviter la charcuterie ou les frites et en cas d’impossibilité d’en limiter la fréquence;

Un apport de quatre à six œufs ;

De ne pas oublier l’intérêt des protides et des bons corps gras contenus dans le poisson qu’il est intéressant de manger au moins deux fois par semaine ;

De limiter la consommation de pâtisserie, de viennoiseries (pain au chocolat et croissant, etc ..);

D’apporter des matières grasses sous formes d’huile d’assaisonnement et de beurre sans sel à raison de 125 à 140 gr par semaine.

Il faut ensuite répartir ces groupes d’aliments afin de composer un menu équilibré.

Le petit déjeuner

Le petit déjeuner doit apporter 20 à 25% de l’apport énergétique total de la journée et comporter, afin de couvrir l’ensemble des besoins, un laitage, un produit céréalier, un fruit, un peu de matière grasse et une boisson.

L’absence de petit déjeuner incite à manger davantage le reste de la journée des aliments à haute valeur énergétique et à stocker une partie des nutriments ingérés lors des autres repas. Cela prévient la disette imposée par l’absence répétée des petits-déjeuners mais favorise une prise de poids plus importante que nécessaire. C’est assurément le risque d’être plus exposée à la fatigue, aux troubles de la concentration, à l’irritabilité …

Pour éviter une certaine monotonie, il faut varier ses petits déjeuners tout en gardant à l’esprit la nécessité d’associer

- une boisson,

- éventuellement des sucres rapides (fruit, miel ou confiture) selon le surpoids éventuel à gérer depuis le début de la grossesse

- mais surtout des sucres lents avec du pain ou des céréales,

- les protéines avec un apport de matières grasses que l’on trouve dans l’œuf, le jambon ou la viande

- sans oublier les indispensables produits laitiers (la lait, les yaourts) qui permettent de combiner apport calcique et protéique.

Le traditionnel pain–beurre-confiture-yaourt peut être converti en un apport de céréales et de lait, de pain d’épices avec du lait ou encore du fromage blanc avec une banane et des fruits secs. Selon son activité ou la nécessité de contrôler sa prise de poids, il peut être utile d’incorporer des protéines (œuf ou jambon).

Le petit déjeuner idéal durant la grossesse comporte bien sur du lait, un bol ou équivalent en laitage ou fromage associé à du pain ou des céréales, de la confiture ou du miel (une cuillère à café), du sucre (un morceau) selon les goûts pour agrémenter un thé ou un café ou une cuillère de chocolat en poudre dans le lait et un fruit frais ou un verre de jus de fruit pressé sans sucre qui apportera des vitamines.

Ces fruits et jus de fruits du matin peuvent être variés afin de ne pas tomber dans la monotonie avec le classique jus d’orange qui finira par lasser. Pourquoi ne pas tenter selon les saisons la poire, le kiwi, la mangue, l’abricot, l’ananas, la pêche, le brugnon, la clémentine mais aussi le jus de carotte avec du céleri, de cassis ou le jus d’ananas. Ces différents jus peuvent être associés pour créer de nouvelles saveurs. Pomme et banane centrifugés puis mixer avec du lait donnent en complément d’un pain grillé nappé d’une fine couche de confiture d’abricot un petit déjeuner complet, plein de saveur et digeste.

Exemples de petits-déjeuners

1) Thé ou café, 1 yaourt nature, 30 g de pain, 5 g de beurre, 5 g de confiture, 5 g de sucre, 1 œuf dur, 1 pomme

Apport : 409 Kcal

Protides : 17 %

Glucides : 53 %

Lipides : 30 %

2) 150 ml de lait aromatisé, 60 g de pain complet, 10 g de beurre, 2 càc de confiture, 1 clémentine

Apport : 322 Kcal

Protides : 15 %

Glucides : 52 %

Lipides : 34 %

3) Thé ou café, 100 g fromage blanc 20 %, 50 g Céréales, 1 croissant, 1 kiwi

Apport : 362 Kcal

Protides : 17 %

Glucides : 23 %

Lipides : 60 %

4) 250 ml de lait demi-écrémé, 4 biscottes, 10 g de beurre, 5 g de confiture, 2 abricots frais

Apport : 396 Kcal

Protides : 13 %

Glucides : 33 %

Lipides : 54 %

 

Ces quelques exemples de petits de petits déjeuners plus ou mois caloriques permettent de visualiser rapidement que l’on peut varier facilement ses aliments au cours des repas, de voir les quantités à adopter et ce que cela apporte finalement dans chacune des catégories alimentaires et en calories. Bien sur, ces tableaux sont surtout utiles pour celles qui ont besoin de se fixer un canevas alimentaire pendant la grossesse ou de surveiller leur apports alimentaire du fait d’un poids trop faible ou trop important.

Repas du midi et du soir

Ces deux repas, plus riches en calories, ne sont pas forcément identiques et peuvent varier selon ses propres habitudes, activités et disponibilités. Il convient durant la grossesse de ne pas sauter l’un de ces repas ce qui entraînerait une carence énergétique pour le fœtus et un apport alimentaire plus important lors du repas suivant avec une digestion plus difficile.

Les apports énergétiques de chacun de ces repas représentent 30 à 35 % de la ration calorique quotidienne.

Voici, soit pour le repas du midi ou celui du soir, des idées de menus pouvant être modulées en tenant compte des équivalences alimentaires afin de varier les menus:

1 er exemple de repas:

100 g de crudités, 1 cas d’assaisonnement, 100 g de poisson, 100 g de légumes cuits, 2 pommes de terre, 1 yaourt, 5 g de sucre, 2 brugnons 

Calories           721 kcal

Protides           19 %

Lipides 33 %

Glucides           48 %

2 eme exemple de repas:

 

1 salade de crudité, 1 cas d’huile, 150 g de légumes cuits, 100 g de féculents, 2 œufs, Fromage blanc (50g), 1 morceau de pain, 1 pêche

Calories 807 kcal

Protides 18 %

Lipides 35 %

Glucides 47 %

3 eme exemple de repas:

 

Légumes crus (100 g) en salade avec 1 càs d’huile, 150 g de féculents, 100 g de viande, Beurre (10 g), 1 tranche de pain (30 g), 1 portion de fromage (40 g), 1 portion de raisin (150 g),

Calories 901 kcal

Protides 22 %

Lipides 33 %

Glucides 47 %

 

4 eme exemple de repas:

1 potage de légumes (250 ml), 20 g Crème fraiche, 100 g de légumes cuits, 100 g de féculents, 2 tranches de jambon, 1 morceau de pain complet (30 g), 1 yaourt, 1 pomme

 

Calories 734 kcal

Protides 18 %

Lipides 28 %

Glucides 54 %

En pratique, il est conseillé de manger quotidiennement :

- Une portion de crudités au moins une fois par jour,

Ou un potage de légumes (pour les potages déshydratés pas plus d’une fois par semaine),

Ou 1 entrée chaude (1 fois par semaine).

- 70 à 120 g. de viande une à deux fois par jour afin de conserver un bon apport en fer facilement assimilable,

Ou 100 g. de poisson (au minimum 2 fois par semaine)

Ou 2 œufs (2 fois par semaine).

- Légumes verts cuits, à volonté (1 à 2 fois par jour).

- Féculents 150 à 200 g: pommes de terre (deux grosses), riz, pâtes, semoule, maïs, légumes secs (1 fois par jour) ou 2 à 3 tranches de pain.

- Laitage qui doit être consommé à chaque repas et comporte :

20 à 30 g. de fromage,

Ou 1 laitage peu sucré.

- 1 fruit cru ou cuit, sachant qu’il faut au moins 1 crudité (par repas) ou 1 pâtisserie (1 fois par semaine selon le poids initial).

- Matières grasses pour assaisonner sans excès.

- Hydratation

Avec ce canevas, il est possible de composer ses repas en se servant indépendamment de chaque aliments. Marier les condiments ensemble aboutit à une grande variétés de plats par exemple :

Velouté de concombre Concombre au yaourt

Escalope de dinde aux champignons Endives au gouda et dés de jambon

Couscous végétarien à base de semoule accompagnée de courgettes, carottes et navets

Taboulé de céleri au surimi Tagliatelle au saumon

Les petits creux du matin et de l’après-midi

 

Les besoins énergétiques sont tellement importants et la capacité d’absorption parfois diminuée durant la grossesse du fait des nausées ou de la compression gastrique qu’il est souvent nécessaire de combler une faim en milieu de matinée ou d’après-midi. Il ne faut donc pas se culpabiliser à l’idée de prendre une collation alors que cela n‘était pas dans ses habitudes.

Cela permet d’atteindre plusieurs objectifs :

- apporter les besoins énergétiques manquants lors des trois principaux repas,

- apporter les produits calciques nécessaires qui, souvent, ne peuvent pas être absorbés en grande quantité du fait de la nausée matinale,

- mais aussi se faire plaisir au moyen de substances sucrées qu’il n’est pas interdit de consommer même en cas de surpoids.

 

Quel aliment-plaisir peut-on consommer durant ces petits-creux ?

Il est nécessaire de se rappeler qu’il vaut mieux prendre :

- un apport lacté ( lait , fromage blanc , yaourt ou fromage) pour se rapprocher de la dose de calcium conseillé pendant la grossesse mais aussi pour son apport protéique ;

- des sucres lents sous forme de pains ou biscuits afin d’apporter l’énergie manquante jusqu’au prochain repas ;

- une boisson s’il n’y a pas d’apport en lait : de l’eau du robinet avec une faible teneur en nitrates, une eau minérale plate ou gazeuse, du thé, café ou un jus de fruit pressé.

Ces fameux aliments-plaisir, allant des substances sucrées (fruits, confiture, miel, sucre), au morceau de chocolat ou au sorbet, peuvent se consommer à certains moments bien choisis (après le repas par exemple ce qui fait moins monter le taux de sucres dans le sang que s’ils sont consommés seuls en dehors des repas), ce qui permet de ne pas être frustrée et de ne pas craquer pour de plus grandes quantités. Exemple connu de ces aliments-plaisir : le chocolat, en morceau, râpé dans un yaourt nature ou fondu sur un poire cuite, il serait injuste de s’en priver. Il apporte du magnésium en quantité et il contient une substance appelée « phényléthylamine » qui, dans le cerveau, devient de la sérotonine, substance essentielle pour ne pas sombrer dans la déprime ! Donc pas de privation mais pas d’abus non plus.

 

Bien sûr, la quantité prise est variable selon chaque femme et devra rester faible pour les biscuits et les boissons sucrées surtout lorsque le surpoids est évident car ses aliments sont d’un moins grand intérêt nutritif mais parfaits pour une prise de poids exagérée. En revanche, un faible poids au départ de la grossesse permet de satisfaire ses envies.

Idées de collations pour satisfaire ses envies

 1er exemple: 1 yaourt nature, 10 g de chocolat, 2 biscuits petit beurre, 1 mandarine

Calories 208 kcal

Protides 14 %

Lipides 29 %

Glucides 59 %

 

2 eme exemple: 150 ml de lait ½ écrémé, 30 g de pain, 5 g de beurre, 1 cac de miel ou confiture, 1 nectarine

Calories 306 kcal

Protides 12 %

Lipides 23 %

Glucides 66 %

3 eme exemple: 100 g de fromage blanc 20%, 3 Wasa, 50 g de mûres,

Calories 101 kcal

Protides 30 %

Lipides 34 %

Glucides 36 %

4 eme exemple : 100 ml de lait, 30 g de muesli, ½ portion de raisin

Calories 210 kcal

Protides 12 %

Lipides 23 %

Glucides 66 %

 

Les repas rapides.

 

S’alimenter durant une grossesse ne doit pas être assimiler à une contrainte. Si l’on a pas toujours la possibilité d’organiser, à chaque moment de la journée, un repas conventionnel soit pour des raisons professionnelles ou personnelles, il est possible de concilier son alimentation habituelle avec son état actuel.

Il importe d’apporter chacun des nutriments en compensant lors du repas ou de la collation qui suit les nutriments qui n’ont pu être apporter en quantité suffisante et cela principalement pour les apports calciques, protidiques et glucidiques.

 

Selon les nécessités un repas peut être fait à partir d’un sandwich ou d’une salade composée à emporter.

Les sandwichs n’offrent pas autant de diversité que les salades pour de simples problèmes techniques. Il est plus difficile de fait tenir du maïs, de la tomate et une grande quantité de salade dans un sandwich.

La salade composée permet d’intégrer de multiples aliments et d’équilibrer son repas. Ainsi, il est facile de marier des protéines à partir du thon du saumon, du jambon et du soja par exemple avec des glucides comme du riz, des pâtes ou des pommes de terre. Mais on peut aussi en faire un repas complet en ajoutant des dés d’emmental, du gruyère râpé et des fruits de toutes sortes selon les diverses saisons : par exemple, le melon, les fraises en été, les noix , les pommes, les poires et les oranges en automne et en hiver .

 

En voici quelques exemples :

1/3 de baguette, 10 g de beurre, 40 g de concombre, laitue, 40 g de saumon fumé, 1 yaourt

Calories 414 kcal

Protides 20 %

Lipides 35 %

Glucides 45 %

ou bien

 

1/3 de baguette, 40 g d’emmenthal, 40 g d’endive crue, 1 tranche de jambon de Bayonne, 1 yaourt

Calories 483 kcal

Protides 20 %

Lipides 32 %

Glucides 38 %

ou

 

2 tranches de pain complet, 10 g de beurre, Laitue, 30 g de thon, 1 tomate, 1 yaourt

Calories 328 kcal

Protides 24 %

Lipides 26 %

Glucides 50 %

ou une salade composée:

 

100 g de salade, huile et vinaigre, 50 g de carottes, 40 g de concombre, 50 g de maïs, 30 g de pignon de pin, 50 g de pomme de terre, 1 œuf dur, 1 yaourt

Calories 395 kcal

Protides 18 %

Lipides 47 %

Glucides 34 %

 

 

 

 

 

 

 

 

Conseils pour les apports journaliers recommandés:

Afin de concilier équilibre alimentaire pour le bébé et le plaisir de manger, il est nécessaire se rappeler :

-         Que l’on s’alimente pour deux et non pas deux fois plus. Le volume des apports étant variable selon le poids de départ ;

-         De l’importance d’un apport correct en calcium présent dans les produits laitiers mais aussi dans les eaux de boisson ;

-         De ne pas limiter les sources d’énergies que sont les sucres lents  (pain et féculents) ;

-         D’apporter quotidiennement les protéines nécessaires à la construction du bébé et donc de ne pas négliger les produits protéinés (viandes, poissons et œufs) ou leurs correspondants dans les végétaux. On évitera d’associer viande, charcuterie ou œuf au cours d’un même repas

-         De considérer les fruits et légumes comme étant aussi indispensables que les produits laitiers, les glucides et les protéines tant leurs richesses en vitamines essentielles, oligo-éléments sont indispensables à la bonne croissance du bébé.

-         De ne pas bannir les matières grasses sous prétexte de ne pas vouloir prendre trop de tour de taille surtout que de petites quantités suffisent à satisfaire ses besoins : beurre, poisson gras et surtout les bonnes huiles d’assaisonnement riches en oméga-3.

-         De s’hydrater correctement mais uniquement avec de l’eau.

-         Que la ou les collations sont constituées de ce qui a manqué aux autres repas. Légères, elles permettent d’attendre le repas suivant sans fringale : 1 verre de lait (150 ml), 1 yaourt, des céréales ou une tartine avec un peu de beurre, de la compote, 1 fruit frais ou 2 ou 3 fruits secs. Elle peuvent vous permettre de consommer également quelques aliments sources de plaisir comme le chocolat

 

En associant les divers exemples de repas présentés dans les rubriques précédentes et une collation par jour, les apports caloriques varient de 1970 Kcal à 2500 Kcal.

 

Pour éviter de se lasser d’un tel canevas, les menus doivent être variés grâce à des équivalences alimentaires à l’intérieur de chaque catégories d’aliments (Annexe 21). Il faut utiliser les légumes et les fruits selon les saisons pour composer différents plats et varier ses menus. (Annexe 23)

Bien évidemment, ces menus sont composés pour une femme ne présentant pas de problèmes alimentaires particuliers. Des menus plus restrictifs ou au contraire plus caloriques peuvent être élaborés selon les besoins en partenariat étroit avec un ou une nutritionniste.

En pratique :

Intégrez votre repas dans un moment de détente, de convivialité et d’harmonie. Répartissez les apports quotidiens en trois repas et une à deux collations.

 

Apports équilibrés : Glucides 50 à 55% des apports caloriques, Protides 15 à 20 % et lipides 30%.

 

Consommez :

-     Préférentiellement en début et milieu de journée, les aliments énergétiques (sucres lents et protéines) ;

-     La bonne quantité de calcium pour vous et votre enfant ;

-     Pour leurs vitamines et oligo-éléments, les légumes à volonté et les fruits sont les alliés de votre vitalité.

 

Enceinte le repas équilibré doit comporter :

-     Glucides : Crudité et cuidité (légumes cuits), féculents ;

-     Protides : Œuf ou viande ou poisson et laitage ;

-     Lipides : huile d’assaisonnement essentiellement et beurre.

 

Durant la journée, consommez chaque famille d’aliment en variant les apports à l’intérieur de chaque famille selon les équivalences:

-     Produits laitiers : 3 à 4 fois par jour ;

-     Pain ou céréales environ 80 gr (40 g de pain équivaut à 30g de céréales) ;

-     Poisson, viande, œuf en deux prises : environ 150 à 200 g ;

-     Féculents : 150 à 200 g cuits ;

-     Légumes sous toutes formes : environ 250 à 300g ;

-     Lipides sous forme d’huile riches en oméga 3 : 1 à 2 cuillères à dessert, mais aussi sous forme de beurre ou de crème ;

-     Fruits : 3 fruits voire quatre qui équivalent chacun à une pomme

En somme, ce qui caractérise une bonne alimentation, c’est l’équilibre raisonnable: aucun régime particulier ne doit être suivi sans un avis médical.

Les désagréments de la grossesse : nausées, vomissements, fringales, dégouts alimentaires, reflux gastriques, constipation, oedemes

La grossesse, moment particulier dans la vie d’une femme, ne devrait être qu’une parenthèse de bonheur, pourtant il est possible que la grossesse soit émaillée de troubles  qui vont ternir ce moment idéal.

Nausées, vomissements

Elles sont si fréquentes que la moitié des femmes enceintes en souffrent. Elles apparaissent parfois dès le début mais plus souvent de la cinquième à la douzième semaine de grossesse et peuvent aller jusqu’au terme. La responsabilité en incomberait aux œstrogènes fortement augmentés qui perturberaient la sensibilité aux odeurs.

Intenses, nausées et vomissements peuvent réduire les apports alimentaires avec une perte de poids qui restera sans conséquence sur  le devenir du fœtus. Cependant, une consultation est indispensable et  permettra d’écarter une autre pathologie plus sérieuse.

 Quelques conseils simples pour y remédier :

-         Ne pas avoir le ventre trop plein ni trop vide, notamment en sautant le petit déjeuner! Dès le lever ou même avant, une prise alimentaire légère permet de réduire la survenue des nausées.

-         L’alimentation est fractionnée dans la journée, sans se laisser aller au grignotage incessant : selon la gêne occasionnée par les nausées, les repas seront plus légers et plus fréquents.

-         Les plats lourds, gras ou épicés, longs à digérer, ainsi que les aliments ayant une odeur forte sont bannis de même que le café, le tabac et ses odeurs tenaces.

-         Des plats légers, simples et digestes en privilégiant les féculents sont recommandés. L’apport de sucres rapides augmente la sécrétion d’insuline chargée de faire baisser la taux de sucres mais engendre aussi des hypoglycémies sources de nausées.

-         Il faut boire souvent en petite quantité durant la journée en prenant de l’eau minérale et parfois des eaux gazeuses qui calment parfois les nausées mais risque d’entrainer une aérophagie.

-         La cuisine doit être aéré longuement.

-         Sitôt mangé, il ne faut pas s’allonger et pratiquer durant ce moment une activité physique douce. Effectuer par exemple une courte marche qui aura des effets sur la digestion et sur le transit.

-         Une médication classique prescrites par votre médecin traitant (Primperan, Vogalene, magnésium) peut faire diminuer les symptômes.

- L’ homéopathie  peut également soulager. Citons certains traitements:

  • Ipeca 7 CH; 5 granules quatre ou cinq fois par jour: vomissement spasmodiques muqueux avec pâleur sueur, baisse de la tension artérielle
  • Nux vomica 5 CH; 5 granules quatre ou cinq fois par jour: éructations , vomissements amers, lourdeurs gastriques constantes
  • Sepia 7 CH; 7 CH 5 granules matin et soir: nausées avant le lever , le petit-déjeuner, en présence d’odeurs fortes. Vomissements après les repas.

- Une plante bien connue comme le gingembre diminue sensiblement l’importance des nausées (préparer une infusion avec du gingembre fraîchement râpé. Une dose de 1 g à 2 g de gingembre séché en poudre équivaut à environ 10 g de gingembre frais ou faire bouillir la racine de gingembre dans l’eau puis la filtrer et servir avec du miel). Il peut être pris sous forme de gélules à raison de 2 gel matin et midi.

- L’acupuncture peut apporter une aide parfois spectaculaire .

Fringales et envies

 Qui n’a pas entendu parler de ce mythe qui prétend deviner le sexe de l’enfant en fonction des envies d’une femme enceinte ? Une envie de salé prédisposerait à la naissance d’un garçon et d’une fille si les envies concernent les aliments sucrés.

On  ne vérifie pas le bien fondé d’une légende mais il est fréquemment rapporté qu’une femme enceinte peut ressentir soudainement une envie pour un aliment ou une saveur qu’elle ne consommait pas habituellement.

Se faire plaisir, même en cas de surpoids, une ou deux fois dans la semaine, ne perturbera pas le bon déroulement de la grossesse. Si ces envies sont déraisonnables et surviennent plusieurs fois par jour, il vaut mieux prévoir une collation équilibrée qui évitera les fringales et les aliments à forte teneur sucrée. Fruit, pain ou céréales et laitage forment par exemple un excellent trio, riche en fibres et source de sucres lents.

Pensez aussi à boire entre les repas, de l’eau bien sûr, mais aussi des infusions, du café ou du thé légers avec modération, si l’eau plate n’est pas appréciée.

Dégoûts alimentaires

 Tout à coup, tel ou tel aliment ne plait plus et engendre un rejet. Si cet aliment est important pour l’équilibre alimentaire, il faut lui trouver un équivalent :

-         100 grammes de viande peuvent être remplacés par 2 oeufs ou 100 grammes de poisson. On pourra également faire une équivalence protidique avec un demi-litre de lait ou encore 60 grammes de gruyère ;

-         Les légumes peuvent être remplacés par d’autres légumes ou si nécessaire par des fruits, en se souvenant que les fruits sont plus sucrés que les légumes ;

-         En cas de dégoût du lait, celui-ci sera remplacé par des laitages (yaourts, fromage blanc, fromages) ou intégré dans des préparations (entremets, béchamel, purée,…).

Brûlures d’estomac et reflux gastro-oesophagien

 Ils sont fréquents au cours du troisième trimestre car l’enfant exerce une pression sur l’estomac.

Les aliments difficiles à digérer, notamment ceux qui sont très fibreux comme les poireaux, les radis, les asperges, les légumes secs, les légumes trop acides comme les tomates cuites sont à diminuer.

De même pour les aliments qui fermentent, comme les choux, et des aliments acides (oseille, tomate cuite, vinaigre, citron) ainsi que les épices, l’alcool, le thé et le café même léger dont les tanins seraient responsables de l’agression sur la muqueuse gastrique.

Une alimentation, à goût fade qui absorbe l’excès d’acidité, sera mieux tolérée : pensez à une préparation à base de lait et d’œufs, de céréales fines (tapioca, maïzena, semoule fine, pomme de terre en purée légère) en début de repas.

Parmi les fruits, selon les goûts et la tolérance personnelle les agrumes, les prunes et surtout la banane, la pomme douce, la pêche épluchée seront privilégiés.

Les brûlures d’estomac sont plus intenses sur un estomac vide : on retrouve une fois de plus l’intérêt de fractionner les repas. Attention à la consommation d’eau gazeuse dans le but d’apaiser les brûlures d’estomac : Si le soulagement est immédiat, en revanche, elle renforce l’acidité gastrique et ravive les douleurs. Un verre d’eau plate ou de lait sont mieux tolérés.

 Il est recommandé de ne pas s’allonger juste après un repas afin de ne pas favoriser le reflux et de conserver une position demi assise pour dormir.

Constipation

Le ralentissement du transit intestinal au cours de la grossesse est un phénomène normal. Les raisons en sont multiples : des modifications hormonales, la réduction de l’activité physique et, pour certaines, la position du fœtus qui comprime le tube digestif.  On parlera de constipation après trois jours d’absence de selles. La grossesse peut exacerber une tendance à la constipation et faire souffrir de désagréments comme les poussées hémorroïdaires (dilatation veineuse au pourtour de l’anus ou qui s’extériorise par l’anus) avec parfois  suintements ou saignements. Pour en éviter les désagréments, il importe de :

-         Boire au moins un litre et demi par jour, sous forme d’eau, de tisane, de lait, de jus de fruits ou de légumes… ;

-         Manger des céréales type muesli, pain complet selon la tolérance digestive, tous les jours des aliments riches en fibres tendres : légumes verts, épinards, laitues, endives, etc… et des fruits ;

-         Effectuer suffisamment d’exercice chaque jour : un peu de marche à pied, de natation, de gymnastique douce stimuleront la motricité intestinale, tout en entretenant la musculature; selon le besoin consommez de la compote de pommes et quelques pruneaux le matin.

-         Des traitements locaux ou par voie orale, sauront aider le cas échéant.

Les œdèmes.

Durant la grossesse, le volume plasmatique s’accroît de façon importante et se répartit à la fois dans les cellules et dans les vaisseaux. La perméabilité des veines des jambes est plus ou moins importante permettant à ce liquide de diffuser en dehors des vaisseaux et stagner au niveau des chevilles puis des jambes, parfois des cuisses et des lombes.

Ces œdèmes ne doivent pas inquiéter ; ils sont certes disgracieux et perturbent l’image corporelle mais ne sont pas dangereux dès lors que la fonction rénale et la tension artérielle sont normales.

Les éviter ? Si le système veineux ne peut contenir ce transbordement de liquide en dehors de vos vaisseaux, il est illusoire de les éviter.

Comment les minorer ?

Ce qui peut majorer la dilatation veineuse des membres à savoir la station debout immobile, la constipation, le surpoids, le maintien croisé des jambes, la chaleur sous toutes ses formes ainsi qu’une alimentation fortement salé doit être évité.

La marche fréquente en privilégiant de courts déplacements, les escaliers plutôt que les ascenseurs ou les escaliers mécaniques et la surélévation des jambes dès que possible et au-dessus de l’horizontale favorisent le drainage des membres inférieurs.

Diverses thérapeutiques soulagent comme le port de chaussettes, de bas de contention qui contiendront la dilatation veineuse ou le drainage lymphatique permettant de drainer ce surplus de liquide vers la circulation. Les veino-toniques réduisent la gêne douloureuse engendrée par ces oedèmes.

 

En pratique :

Nausées : repas léger, fractionnés, évitant les matières grasses. Hydratation en petite quantité et répétée. Aération des pièces.

Constipation : Hydratation, apports de fibres et activité physiques.

Aigreurs d’estomac : Fractionnement des repas et des apports hydriques ; évitez les substances qui ralentissent la vidange de l’estomac comme le café, le thé ; éradiquez le tabac;  adoptez le sommeil en position demi-assise.

Fringales : pas de contraintes, sachez les satisfaire dans la mesure du raisonnable ; sinon prévoyez vos encas afin de ne pas vous laisser débordez.

Dégoûts alimentaires: de la même façon, ne vous astreignez pas à une prise alimentaire qui vous rebute et jouez des équivalences entre les différents aliments afin de vous alimenter sainement et avec plaisir.

Oedèmes : chercher le frais, se bouger, drainer, contenir pour les minorer.

 

La toxoplasmose

    Incidence

Quelques chiffres : 50 % de la population en est atteinte, 60 à 80 % des femmes sont protégées au moment de la grossesse. 200 000 à 300 000 infections surviennent chaque année dont 5000 chez les femmes enceintes soit environ 1% des grossesses La fréquence annuelle de la toxoplasmose congénitale est de 1000 à 2000 cas par an. Dans 90% des cas, elle passe totalement inaperçue et 175  bébés en gardent des séquelles.

Cycle de contamination de l‘animal vers l’homme.

C’est une maladie transmise par un parasite, Toxoplasma gondii, dont le chat est un hôte privilégié. Ce parasite peut contaminer la terre, l’eau, les légumes et les herbivores. L’homme peut être infecté par contact direct avec les chats, mais aussi en mangeant une viande mal cuite ou des crudités mal lavées.

En France, les enquêtes montrent qu’au moins 60% des chats (plus chez les chats « chasseurs » ou sauvages que chez les chats domestiques) sont ou ont été infectés. Chez les chats, en particulier les jeunes, s’effectue la reproduction sexuée du parasite dans les cellules de la muqueuse intestinale permettant ensuite la formation puis l’émission de plusieurs millions d’oocystes (formes de kystes contaminants) dans le milieu extérieur. L’oocyste émis devient infectant après un séjour d’au moins 24 heures dans le milieu extérieur et viable plusieurs mois dans un sol humide. Ils sont en revanche détruits par la chaleur à 60 °C.

Les oocystes ingérés se dispersent dans l’organisme sous forme de kystes et se localisent principalement dans les tissus pauvres en anticorps comme le cerveau. Pendant cette phase de dispersion, la barrière placentaire peut être franchie.

Méthode de contamination

Les moyens de contracter le parasite sont divers :

-         Ingestion de viande contenant des kystes, d’eau souillée, de légumes ou fruits souillés par de la terre consommés crus ou peu cuits,

-         contact avec la litière du chat,

-         contact avec de la terre ou dans les bacs à sables souillés par des excréments de chats.

Conséquences fœtales, traitement, dépistage

La toxoplasmose, contractée au cours de la grossesse, a des conséquences graves sur le fœtus. Les risques les plus importants pour le fœtus se situent entre la 10ème et la 24ème semaine d’aménorrhée. L’atteinte est d’autant plus grave que la contamination survient durant les trois premiers mois de grossesse (lésions neurologiques, cécité, mort in utero, avortement) ; l’interruption médicale de grossesse est discutée si l’infection fœtale est de mauvais pronostic.

L’infection fait l’objet d’un traitement antibiotique selon des protocoles rigoureux nécessitant des surveillances biologiques, échographiques et une prise en charge spécifique à la naissance par une équipe médicale habilitée à traiter les bébés atteints de cette affection. En revanche, il est possible que le bébé ne présente aucun signe clinique si la contamination survient au cours du troisième trimestre. Une atteinte oculaire (choriorétinite) est souvent constatée à distance.

En début de grossesse, un test sérologique permet de connaître l’état immunitaire : des IgG positifs signifient une contamination ancienne et une absence de risque.  En cas de test sérologique négatif, une surveillance biologique mensuelle sera effectuée jusqu’à un mois après l’accouchement afin de dépister une infection tardive et de traiter le bébé.

Les femmes enceintes, qui ne sont pas immunisées, doivent prendre quelques mesures de précaution, mesures qui ne sont pas connues en fin de grossesse par 29% des femmes séronégatives.

Recommandations concernant la viande.

La destruction des oocystes est possible par :

-         La congélation de la viande d’épaisseur standard  à – 12 °C pendant au moins trois jours et plus encore selon l’épaisseur de la viande.

-         La cuisson « à cœur » de la viande soit une température de 67°C minimum ce qui correspond à un aspect extérieur doré voire marron, avec un centre rose très clair presque beige. Rappelons que les cuissons de types «  à point » et « saignante » correspondent respectivement à des températures de cuisson de 60 à 64 °C et de 52 à 58°C.

Recommandations concernant les légumes et les fruits.

-         La congélation des légumes ne garantit pas la destruction complète des oocystes.

-         Tous les légumes, fruits et plantes aromatiques doivent être lavés abondamment afin d’éliminer toutes traces de terre.

-         Préférer les légumes cuits aux crudités.

-         Eviter la consommation de crudités en dehors du domicile .

Recommandations générales :

-         Lavage des mains :

o       Avant et après manipulations d’aliments,

o       Avant tous les repas,

o       Après toutes manipulations de terre.

-         Nettoyage à l’eau abondante, bouillante si possible, des ustensiles et des surfaces ayant servi à la préparation du repas (grande résistance du parasite à l’eau de Javel).

-         Les chats :

o       Nourrir les chats avec de la nourriture industrielle évitant les aliments contaminés.

o       Faire nettoyer quotidiennement par une tierce personne sa litière avec rinçage à l’eau bouillante.

o       Les chats ayant toujours vécu en milieu fermé et s’alimentant avec de la nourriture industrielle ne sont pas exposés et ne sont pas contaminants.

 

 

En pratique :

La toxoplasmose  maladie parasitaire peut affecter gravement la santé du bébé. Le risque de transmission maximale se situe au troisième trimestre.

Une surveillance est impérative durant la grossesse.

Pour s’en prémunir, quelques précautions sont à observer :

Manger la viande bien cuite ;

Laver, cuire le plus possible les aliments qui ont été en contact avec la terre. Eplucher et rincer abondamment les fruits et légumes qui seront consommés crus, ainsi que les herbes aromatiques ;

Se laver les mains soigneusement après avoir touché de la viande crue, manipulé des crudités et après avoir été en contact avec un chat ou tout ce qui a pu être contaminé par ses excréments (litière…) si vous ne pouvez pas l’éviter ;

Jardiner en portant des gants et se laver les mains après toute contamination possible.

 

Une seconde contamination par la toxoplasmose est possible

Si une seconde contamination par la toxoplasmose est possible, elle cependant rarissime. c’est environ six cas qui ont été rapportés en trente ans.
Le phénomène de double contamination est malheureusement possible et s’est produit chez une femme immunisée avant sa grossesse contre la toxoplasmose. Cependant, son enfant fut atteint d’une toxoplasmose congénitale.
L’immunisation maternelle était bien réelle mais seulement contre la forme de toxoplasmose de type II connue en Europe et pas contre une forme rare mais très virulente de toxoplasmose qui existe en Amérique du Sud dont la Guyane.
Le danger peut se présenter lors d’un voyage dans ces contrées ou lors de la consommation d’une viande importée d’Amérique du Sud et consommée peu cuite vu que la femme enceinte se croit immunisée.
Il est nécessaire même immunisée de ne pas voyager, enceinte, dans ces contrées et de ne pas consommer des viandes importées d’Amérique du Sud.

Source: Elbez-Rubinstein A et coll. Congenital toxoplasmosis and reinfection during pregnancy : case report, strain characterisation, experimental model of reinfection, and review. J Infect Dis., 2009; 199:280-285

La listériose

Elle est due à une bactérie, Listeria monocytogenes, présente dans la terre, dans l’eau et sur les végétaux. Cette bactérie, qui survit très bien au froid, jusqu’à 3°, se multipliera dans le réfrigérateur s’il n’est pas nettoyé régulièrement (deux fois par mois, en désinfectant ensuite avec de l’eau de javel et en rinçant).

230 cas ont été relevés en 1998. On dénombre 12 cas de listériose pour 100000 grossesses ce qui est 17 fois plus important que le nombre de cas dans la population générale.

L’homme attrape la listériose en mangeant un aliment contaminé (fromages au lait cru, produits laitiers non pasteurisés et certaines charcuteries). La listériose est une maladie grave pendant la grossesse, généralement bénigne pour la mère, qui peut contaminer l’enfant in utero ou lors de l’accouchement et provoquer un avortement, un accouchement prématuré, entraînant sa mort dans les jours qui suivent. Après 28 semaines d’aménorrhée, la listériose entraîne 20% de mort in utero et 14% d’enfants morts nés; 40% des enfants sont infectés et 25% sont indemnes.

Elle se traduit classiquement par un syndrome pseudo-grippal (fièvre, frissons) avec des épisodes de fièvre répétitifs, mais qui peut prendre la forme d’un syndrome méningé, digestif ou urinaire. Une fièvre inexpliquée, même modérée, chez une femme enceinte doit faire suspecter une listériose et l’amener à consulter rapidement afin que soit réaliser un bilan diagnostic. L. monocytogenes est une bactérie très sensible aux antibiotiques (pénicilline G, ampicilline).

Evoluer dans un environnement sain et savoir se protéger ainsi que son bébé nécessite l’observance d’un certain nombre de pratiques qui sont rarement observées en temps normal mais qui peuvent éviter de nombreuses contaminations néfastes durant la grossesse .

 

En pratique :

Utiliser un sac isotherme pour emporter vos produits surgelés et réfrigérés entre le magasin et chez vous.

Préférer les aliments préemballés à ceux vendus en vrac.

Enlever les cartons d’emballage et les films plastique. Ranger les produits

 

les plus anciens à l’avant du réfrigérateur. Séparer les aliments crus des aliments cuits ou prêts à la consommation.

 Vérifier le bon réglage du réfrigérateur et du congélateur la température affichée doit aller de o° à 6° pour le réfrigérateur et être de -18° pour le congélateur.

Nettoyer le réfrigérateur avec de l’eau javellisée deux fois par mois.

Se laver les mains souvent et soigneusement. Bien laver les fruits, les légumes crus, les herbes aromatiques et les ustensiles de cuisine.

Bien cuire la viande, le poisson, et les aliments tels que les légumes qui ont été en contact avec la terre.

 
Ne jamais consommer un produit après sa date limite de consommation. Se conformer aux indications figurant sur l’emballage pour la consommation des produits après ouverture. Ne pas conserver les restes trop longtemps.

 

Eviter les aliments à risque pour la femme enceinte : certains produits de charcuterie, fruits de mer, viande crue, poissons crus ou fumés, surimi et tarama, germes de soja crus, le gruyère acheté râpé.

Enlever la croûte des fromages ; préférer les fromages au lait pasteurisé, les fromages de la famille des gruyères et les fromages fondus.

Préférer le Lait pasteurisé et U.H.T. au lait cru.

 
Référence : http://www.invs.sante.fr/publications/listeriose/reclist.html

 

 

L’alcool

Données statistiques :

Si la consommation d’alcool baisse en France, 6 % des femmes ont consommé plus que le seuil recommandé soit 2 verres pour les femmes . L’alcool représente 3 % des décès chez la femme.

On estime qu’une femme sur cinq âgée de 35 à 54 ans hospitalisée en 2000 est concernée par une alcoolisation excessive.

Les résultats du baromètre santé nutrition en 2002 révèlent que 27% des femmes de 18 à 75 ans déclarent avoir consommé de l’alcool (2 verres en moyenne) dans la journée précédant l’enquête.

D’après l’Expertise collective de l’INSERM intitulée « Alcool, effets sur la santé » (2001), 700 à 3000 enfants sur les 800 000 naissances annuelles sont susceptibles d’être concernés par un Syndrome Alcoolique Foetal (SAF) grave, avec un taux plus élevé sur l’île de la Réunion, dans le Nord Pas-de-Calais et en Bretagne. D’autres estimations rapportent une survenue du SAF de 0,97 pour 1000 naissances atteignant 43 pour 1000 lorsque l’alcoolisation est importante, c’est à dire supérieure à cinq verres par jour.

Dans l’enquête nationale périnatale de 1995 (Blondel et coll.,1996 4 ), 5 % des femmes ayant accouchées et interrogées en maternité déclaraient consommer au moins un verre d’alcool par jour pendant la grossesse; en 1998, ce pourcentage régressait pour atteindre 3,9 % (Blondel et coll.,1999 5 ).

On estime que 5 à 6 % des femmes enceintes consomment de l’alcool. En cas de grossesse, le retentissement fœtal est fréquent :10 à 20% des fœtus exposés sont atteints.

L’alcoolisation foetale est la première cause non génétique d’handicap mental chez l’enfant.

Or 17% des 15-24 ans, 13 % des 25-34 ans et 18 % des 35-49 ans ignoraient la recommandation d’abstinence durant une grossesse. La campagne « Zéro alcool pendant la grossesse » associé à un pictogramme ont permis de sensibiliser nombre de français, puisque 47 % des Français estiment que les risques pour le fœtus commencent dès le premier verre, contre seulement 25 % en novembre 2004.

Dépistage

Par une enquête alimentaire simple, il est important de repérer une éventuelle de consommation d’alcool même en l’absence de signes de dépendance ou de troubles du comportement.

Ce dépistage, (voir Annexe 18), qui pour être utile doit être fait dès que le désir d’avoir un enfant est émis, concerne les habitudes alimentaires, les boissons consommées lors des repas mais aussi lors de réceptions, de soirées ou de week-end festifs.

La simple reconnaissance de la consommation d’alcool doit inciter à dialoguer sur ce thème avec votre praticien, votre gynécologue et amener à cesser toute consommation.

Métabolisation

 

Equivalence alcool

Rappel : 1 gr d’éthanol apporte 7 kcal. Il y a autant d’alcool dans un verre de vin, de bière, un apéritif, un digestif ou une coupe de champagne c’est à dire entre 8 à 12 g d’alcool pur.

Si vous voulez connaître, de façon très précise, le nombre de gramme d’alcool dans une boisson alcoolisée, multipliez le volume bu en ml par le degré d’alcool et par 8 puis divisez par 1000.

Une coupe de champagne de 100 ml délivre 9,6 g d’alcool.

L’ingestion d’un verre quel qu’il soit fait monter l’alcoolémie assez rapidement avec un taux maximum en une demi-heure si la prise d’alcool se fait à jeun et une heure si elle a lieu au cours d’un repas. L’augmentation de l’alcoolémie est en moyenne de 0,30g/l pour chaque verre chez une femme de 50 kg. Le taux d’alcoolémie baisse par la suite lentement de 0,15 g par heure : il faut 2 h pour éliminer un verre d’alcool.

L’alcoolisation maternelle et fœtale, dès deux verres de vin par jour, entraîne plus fréquemment : avortements spontanés, prématurité, mortalité périnatale et reste une cause prépondérante de retard mental d’origine non génétique.

Toxicité

L’alcool, qui est un toxique, traverse la barrière placentaire. Le système enzymatique de détoxication de l’alcool (alcool déhydrogénase) est faiblement actif au deuxième mois de vie entraînant des concentrations d’alcool dans le liquide amniotique identique à l‘alcoolémie maternelle mais nettement plus prolongée avec une élimination plus lente dans le liquide amniotique ce qui induit une seconde intoxication lors de l’ingestion du liquide amniotique par le foetus.

L’atteinte neuronale, variable selon le taux d’imprégnation du fœtus et le moment de son exposition à l’alcool, comporte :

- une diminution de la multiplication des neurones et une altération de leur migration ,

- de mauvaises connexions entre les synapses des neurones ,

- la mort d’un nombre plus important de neurones,

- un retard à l’établissement des gaines de myéline qui accélèrent la transmission des influx nerveux,

- comme dernière conséquence, un poids de cerveau diminué.

 

 

 

Les conséquences pour le fœtus sont résumées dans le tableau ci dessous :

grossesse alcool

 

Le syndrome d’alcoolisme fœtal

 

Chez le nouveau-né:

Les caractéristiques cliniques typiques du syndrome d’alcoolisme fœtal (1,5 à 3,5 pour mille naissances par an en France) ne sont pas toujours faciles à dépister, en particulier dans les cas légers :

- Retard de croissance harmonieux, dont l’importance varie selon la dose ingérée, touchant à la fois la taille, le périmètre crânien et le poids (diminution de 80 g au minimum pour une consommation de 1 à 2 verres par jour et 160 g pour 3 verres et plus par jour).

- Microcéphalie avec un front bombé étroit,

- Fente oculaire étroite, rides aux coins des yeux,

- Oreilles basses décollées,

- Pont nasal profond,

- Nez court et aplati,

- Lèvre supérieure fine convexe,

- Absence de couloir entre la lèvre supérieure et le nez (philtrum),

- Développement mandibulaire anormal micrognathie ou rétrognathie.

D’autres traits sont moins communs: ptosis, strabisme, microphthalmie, rotation postérieure des oreilles, fente palatine ou labiale. Parmi les autres caractéristiques physiques, on trouve des anomalies au niveau cardiaque, au niveau des organes sexuels, des reins, ainsi que des extrémités et du squelette, des hernies diaphragmatiques, ombilicales ou inguinales.

La consommation au premier trimestre serait plutôt responsable de la dysmorphie (modification faciale) et du risque malformatif, alors que le risque de trouble du comportement existe toujours car le développement du cerveau dure tout au long de la grossesse et reste vulnérable à l’influence de l’alcool.

Caractéristiques neuro-comportementales associées au syndrome d’alcoolisme fœtal:

- sommeil réduit et perturbé,

- tremblements corporels,

- allongement des temps de réaction et peu de réponses rapides (persistant à l’âge de 6 mois),

- retard psychomoteur chez les nourrissons (persistant à 1 an)

Chez l’enfant, le syndrome d’alcoolisme fœtal se traduirait par des caractéristiques telles que:

- hyperactivité,

- retard dans le développement mental (12%),

- troubles de l’audition,

- difficultés d’attention, d’apprentissage : troubles du langage (30%), lecture, écriture,

- motricité fine entravée, trouble de la coordination,

- difficultés d’adaptation à de nouvelles situations,

- troubles de l’alimentation,

- anomalies de l’électroencéphalogramme (qui mesure l’activité électrique du cerveau),

- difficultés à retrouver un état émotionnel normal après un stress émotionnel (35%),

- comportements agressifs accrus (inhibition sociale réduite),

- comportements impulsifs, plus grande tendance à la morosité et à la dépression,

Il a été démontrée durant la grossesse que la consommation répétée plusieurs fois par mois de 3 verres d’alcool et plus en une seule fois majore la possibilité de voir se développer une dépendance à l’alcool chez l’adolescent. Ceci est d’autant plus marquée que la consommation se fait en début de grossesse. De même, on constate que 60 %des enfants atteints du syndrome d’alcoolisation fœtale développent une dépendance ultérieurement.

La prévention passe par la détection précoce de la consommation d’alcool afin d’éviter les malformations structurales du premier trimestre, les anomalies neuronales et le retard de croissance intra-utérin qui sont le fait d’une consommation durant les deux derniers trimestres de grossesse. Si l’abstinence semble impossible, il ne faut pas se décourager et tendre vers la consommation la plus faible possible plutôt que d’observer des périodes d’abstinence puis d’alcoolisation massive encore plus néfastes pour le fœtus.

Un interrogatoire et une information systématique sont donc nécessaires en début de grossesse.


En conclusion,

Il faut se rappeler que, malgré son statut de substance récréative, l’alcool est le produit d’addiction le plus dangereux pour le fœtus. Le pronostic à long terme des enfants exposés in utero à l’alcool est très défavorable avec une relation dose/effet mais une susceptibilité individuelle variable.

L’alcoolisation fœtale constitue la première cause de déficience intellectuelle de l’enfant en France ; il est aussi responsable de troubles graves de l’attachement mère-enfant, de troubles de la socialisation, de comportements agressifs, délictueux et addictifs.

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Il est recommandé de s’abstenir de consommer de l’alcool pendant la grossesse.

 

En pratique :

2 heures pour éliminer un verre d’alcool ; l’alcool passe la barrière placentaire et altère la bonne mise en place des structures cérébrales du fœtus engendrant un syndrome d’alcoolisme fœtal.

Le degré d’altération est fonction du niveau de consommation :

- 30 g par jour soit trois verres entraîne un retard de croissance intra-utérin, possiblement un syndrome d’alcoolisme fœtal,

- Moins de 30 g par jour : pas de retard de croissance intra-utérin, absence d’anomalies physiques mais un retard du développement intellectuel avec un  QI inférieur de 7 points, un déficit fonctionnel (motricité fine) et des troubles du comportement.

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