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Les variations de prise de poids du bébé et de la maman.

La prise de poids du bébé n’est pas régulière durant ces neuf mois de croissance et celle de la maman ne l’est pas non plus.

Ce tableau montre comment se répartit la prise de poids durant la grossesse. On voit que les réserves maternelles ( le tissu gras) constituent l’essentiel de la prise de poids en début de grossesse.


variations de prise de poids

 

Répartition du gain pondéral et son évolution en fonction de l’âge gestationnel
d’après
FREINKEL N, 1980. et d’après M. GILBERT. A. KTORZA. J. GIRARD. Obstétrique, Flammarion, 1995 : 134

En début de grossesse, la prise de poids habituellement constatée ne reflète pas le poids du fœtus.

Accroissement en poids

10ème semaine

20ème semaine

30ème semaine

40ème semaine

Fœtus (g)

15

320

1.500

3.500

Placenta et liquide amniotique (g)

40

400

1.050

1.250

Utérus et seins (g)

150

750

1.100

1.300

Sang (g)

100

500

1.100- 1.300

1.100 – 1200

Liquides interstitiels (g)

100

200-400

400-800

1.000 – 1.200

Réserves adipeuses (g)

200-300

800-1.600

2.000 – 3.500

2.000 – 4.000

TOTAL

600-700

3.000 – 4.000

7.000 – 9.000

12.000 – 12.500

 


Rappelons que le foetus puis l’embryon ne pèsent que :

- 13 g à huit semaines,

- 15 g à 10 semaines,

- 320 g à 20 semaines,

- un kilo à 25 semaines.

La prise de poids globale est pourtant plus rapide de l’ordre de 700 g à dix semaines et de 3 à 4 kg à vingt semaines.

La moitié du poids global à dix puis vingt semaines est du à l’augmentation des réserves maternelles. L’autre moitié provient de la formation du placenta, du liquide amniotique, de l’accroissement du volume utérin, des seins et de l’augmentation de la masse sanguine.

En résumé, sur les vingt premières semaines de grossesse la moitié du poids pris est représenté par la constitution des réserves maternelles. La croissance du fœtus nécessite peu d’apports caloriques et la prise de poids ne devrait pas dépasser un kilo à 12 semaines,

Si ces réserves ne sont pas constituées, les répercussions se feront à la fois sur l’organisme maternel qui puisera dans ses propres réserves de graisses et appauvrira, par exemple, le tissu osseux avec les risques ultérieurs de décalcification, de déchaussement dentaire, mais aussi sur le poids du fœtus trop faible qui pourra souffrir à la naissance d’hypoglycémie (manque de sucre), d’infections plus fréquentes, de troubles nerveux et de trouble de la minéralisation du squelette.

La constitution des réserves sous forme de tissu adipeux qui peut arrondir les hanches ne plait pas à toutes les femmes mais une fois expliquée, elle peut être admise. Elle conditionne la réussite de la croissance du fœtus durant la deuxième moitié de la grossesse. Ces rondeurs seront normalement éliminées ensuite après l’accouchement.

A l’inverse, il ne faut pas en conclure que bien manger et même trop ne peut que profiter au bébé, car si celui-ci est trop gros, il peut nécessiter une césarienne pour procéder à son extraction et présenter des déformations articulaires à la naissance.

Après 30 semaines, l’accroissement de la masse grasse diminue nettement. La prise de poids est plus régulière atteignant 1,5 à 2 kg par mois. C’est à ce moment que le fœtus grandit rapidement et grossit d’environ 20 à 25 g par jour en se servant des réserves maternelles. Celles-ci représentent environ 3,5 kg sur les 12,5 kg normalement pris pendant la grossesse. Les autres kilos pris sont dus à l’accroissement des liquides interstitiels, c’est à dire de liquides venant se loger dans des espaces situés entre les cellules. C’est ce que l’on appelle couramment la rétention d’eau. L’augmentation du volume sanguin, l’augmentation du volume des seins, ce qui est parfois douloureux, mais aussi de l’utérus qui s’accroît pour loger le fœtus et passe d’une taille de 8 cm à 32 cm de haut en fin de grossesse, l’accroissement du placenta et du liquide amniotique concourent à majorer régulièrement le poids.

Précisons que la courbe de poids ne suivra pas toujours les valeurs du tableau. Une prise de poids supérieure à la moyenne sera compensée le mois suivant.

En début de grossesse, la constitution de réserves en graisse est indispensable afin d’assurer les besoins d’une croissance rapide en fin de grossesse qui ne pourraient être satisfaits par le seul apport alimentaire.

 

 

 

Influence de l’alimentation sur le poids et la santé de l’enfant.

L’alimentation et le poids sont importants pour la croissance du bébé et sa santé ultérieure mais aussi pour la santé de la maman. En lisant la suite, vous serez convaincue du bien-fondé d’une alimentation équilibrée.

Tout d’abord une constatation sur le poids en général.

Certaines femmes, quelque soit le mode alimentaire, restent minces avant, pendant et après la grossesse. Souhaitons leur que cela persiste.

Pour les autres, une immense majorité, ce n’est pas le cas. Bien que soucieuse de leur ligne et attentive à leurs apports alimentaires, le mode de vie actuel impose parfois des écarts. Reproduits, ceux-ci déséquilibrent l’alimentation et favorisent la prise de poids.

C’est ce que montre l’enquête Obepi réalisé conjointement par l’INSERM et l’Institut Roche de l’Obésité. Evaluant en France, tous les trois ans, l’évolution de l’obésité et du surpoids, les résultats sont sans équivoque et alarmants.

  • Les français ont pris, en moyenne, 1,7 kg en cinq ans. 32,4 % sont en surpoids et 16,9 % sont obèses.
  • Un exemple concret. L’étude EDEN, actuellement en cours depuis 2003, consistant à surveiller 2000 femmes enceintes et leurs bébés durant 5 ans, a livré ses premières informations : le pourcentage de femmes de plus de 70 kg avant la grossesse est passé de 14 % en 1995 à 21 % en 2003. La proportion des personnes en surpoids ou obèses a progressé entre 1997 et 2003 de 36,7% à 41,6% et semble se stabiliser tous âges confondus.
  • A un âge donné, les jeunes générations ont un indice de masse corporelle supérieur de 5 à 10 % à celui de leurs aînés. 14,3 % des enfants sont en surpoids et 3,5 % sont obèses.
  • Les femmes sont plus fréquemment obèses entre 15 et 45 ans. L’augmentation du nombres de femmes obèses est de 64 % en neuf ans contre 40 % chez les hommes.
  • La mesure du tour de taille, moyen simple d’évaluer le degré d’obésité abdominale, a augmenté de 2,6 cm en 6 ans.
  • Certains facteurs comme l’hypertension artérielle, l’excès de cholestérol ou le diabète sont présent chez 42,5 % des personnes obèses ou en surpoids et seulement chez 18,5 % des personnes ayant un poids normal. L’obésité accroît le risque de stérilité.

Cette progression de l’obésité, avec tout le florilège de complications que cela entraîne, risque d’altérer la qualité de vie et l’espérance de vie des personnes en surpoids et encore plus pour les personnes obèses.

Les répercussions du surpoids et de l’obésité sur plusieurs grossesses sont mis en évidence par le travail rapporté dans le très sérieux journal médical « The Lancet » en Septembre 2006. Les auteurs de cette étude ont surveillé 150 000 femmes Suédoises durant leur première grossesse. L’âge moyen était compris entre 25 et 29 ans avec un IMC entre 18,5 et 24,9 unités soit un poids oscillant entre 50,3 et 67,7 kg avant le début de la grossesse.

Entre les deux grossesses, l’indice de masse corporelle des femmes avait augmenté en moyenne de 0,7 unité soit 1,9 kg pour 1,65 m.

Les femmes, dont l’IMC s’est majoré de 3 unités en moyennes entre les deux grossesses, ont des risques de complications nettement augmentés durant la seconde grossesse :

  • Hypertension+ 76 %
  • Pré-éclampsie+ 78 %
  • Diabète+ 109 %
  • Césarienne+ 32 %
  • Macrosomie*+ 87 %
  • Fausse couche+ 63 %

Ces complications apparaissent déjà, mais de façon moins importante si la majoration de l’IMC est comprise entre 0 et 3 unités. Autrement dit prendre 3 kg entre les deux grossesses majore le risque de diabète gestationnel de 30 % et de 200 % si l’on devient obèse. Perdre les kilos en trop annule les risques de complications.

Attention, cela ne veut pas dire qu’une femme dont l’IMC aura augmenté entre les deux grossesses subira obligatoirement l’une ou l’autre de ces complications ; il s’agit seulement d’un risque.

La prise de poids augmente les risques de complications à plus long terme, car une femme qui a présenté un diabète gestationnel a plus de risque de développer ultérieurement un diabète qui sera définitif.

Retrouver son poids habituel et normaliser son IMC est un objectif à se fixer avant d’envisager la grossesse suivante.

Quelles peuvent être les conséquences des variations importantes du poids pendant la grossesse sur le devenir de l’enfant ?

Des divers travaux de recherche qui se poursuivent, quelques notions essentielles peuvent être dégagées. Elles permettent à la future maman de comprendre l’importance de l’équilibre alimentaire afin de contrôler le prise de poids.

  • Le début de la grossesse s’accompagne d’une augmentation de la sécrétion d’insuline et d’une sensibilité du tissu adipeux à cette insuline. Cela a pour effet obligatoire d’augmenter la fabrication de bons acides gras stockés dans le tissu gras maternel sous une forme qui sera utile pour le développement du fœtus. Cette augmentation du tissu adipeux en début de grossesse est normale et souhaitable.
  • Lors de la seconde partie de la grossesse, ce tissu gras maternel résiste à l’inuline. Le stockage des graisses s’arrête et celles-ci sont réutilisées pour assurer la croissance fœtale.
  • D’autre part, le tissu gras sécrète des substances dont la leptine adipocytaire qui semble intervenir très tôt dans la mise en place des circuits de neurones au niveau de l’hypothalamus de l’enfant. Elle permet le contrôle des apports alimentaires et de la balance énergétique. Une alimentation trop calorique et riche en lipides perturberait le fonctionnement de l’hypothalamus ainsi que d’autres régions cérébrales qui interviennent pour calmer la faim, la production de sucre par le foie et son contrôle par la pancréas. Cette perturbation de la satiété entraîne une prise alimentaire importante chez l’enfant qui ne saura pas s’arrêter de manger avant d’avoir absorber un volume alimentaire trop important.
  • Des modification épigénétiques ( modification du fonctionnement des gènes de la maman responsable de l’obésité qui serait transmis à sa descendance) interviendraient également.

C’est, grâce à ces recherches, que l’on commence à comprendre que l’alimentation, trop riche ou trop restrictive, pendant les premiers temps de la grossesse perturbe le métabolisme du fœtus, influe sur sa santé ultérieure et pourrait expliquer en partie cette épidémie d’obésité qui débute de plus en plus tôt .

L’étude EDEN montre de façon surprenante un rapport très net entre le poids initial de la future maman avant la grossesse et le poids de naissance de l’enfant. Le placenta fonctionnerait différemment selon le poids initial et pourrait moduler la prise de poids du fœtus avant la naissance.

  • Une femme en surpoids avant la grossesse aura plus de risques d’avoir un enfant en surpoids. La prise de poids durant la grossesse jusqu’à 15 kg n’influe pas sur le poids de l’enfant.
  • Par contre une maman ayant un IMC de 30 à la conception de son enfant majore le risque d’avoir un enfant obèse dès l’âge de 11 ans et jusqu’à 45 ans!
  • Une autre étude montre le lien entre l’obésité de la future maman et une augmentation de la mortalité à l’âge adulte de la progéniture entre 50 et 60 ans.
  • Il devient évident pour les femmes en surpoids qu’un conseil nutritionnel plusieurs mois avant la conception trouve là sa justification.

La prise de poids avant la grossesse peut modifier durablement le profil de santé de l’enfant.

  • Cette hypothèse semble se confirmer d’après les travaux mené auprès de femmes vivant en Gambie. L’étude a consisté à mesurer chez la future maman et son enfant, les variations de marqueurs comme diverses vitamines B2, B6, B12 selon les apports alimentaires qui varient selon les saisons.Ces variations de concentrations de vitamines en fonction des saisons sont expliquées par des groupements méthyles qui se fixent sur le code génétique et modifient la concentration des marqueurs étudiés. Ces modifications se retrouvent dans les tissus des enfants. On comprend que des variations dans l’alimentation modifient l’expression de certains gènes et que le fonctionnement modifié de ces gènes se transmet à la descendance. (2)
  • On sait à présent que le poids de naissance de l’enfant conditionne son profil de santé à l’âge adulte. Ainsi, les garçons ayant  un poids de naissance supérieur à 2 déviations standard sur la courbe de poids du carnet de santé ont un risque d’obésité multiplié par 1,6 et de diabète de type 2 ( diabète gras) multiplié par 2,3 et par 5 si le poids de naissance dépassait les 3 déviations standards. Ceci n’est pas retrouvé chez les filles.(1)
  • Celui qui séjourne neuf mois dans le ventre de sa maman passant du stade de cellule à celui d’embryon puis de fœtus ne cesse d’absorber les aliments consommés sous forme de lipides, glucides et protides ainsi que divers oligo-éléments et minéraux indispensables. Il en de même si la consommation d’alcool, de tabac, de médicaments ou de drogues persiste pendant la grossesse.

Le mode alimentaire d’une femme bon ou mauvais conditionnent le devenir de son enfant.

Toute l’adaptation alimentaire dépend du poids précédent la grossesse. Il est utile de le mesurer.

 

Valeur de l’IMC

Classification OMS

Dénomination usuelle

< 18,5

déficit pondéral

maigreur

18,5-24,9

poids normal

poids souhaitable

25-29,9

surpoids

surpoids

30-34,9

obésité classe I

obésité modérée ou commune

35-39,9

obésité classe II

obésité sévère

>  40

obésité classe III

obésité massive ou morbide

1. JIM > Congrès > Deux fois plus de diabète de type 2 chez les garçons de gros poids de naissance 

2  Sources :

  • JIM on line;
  • Dominguez-Salas P, Moore SE, Baker MS, Bergen AW, Cox SE, Dyer RA, et al. Maternal nutrition at conception modulates DNA methylation of human metastable epialleles. Nature Communications [Internet]. 29 avr 2014 [cité 11 mai 2014];5. Disponible sur: http://www.nature.com/doifinder/10.1038/ncomms4746

Les méthodes classiques de mesures du poids

Pour déterminer les besoins alimentaires de la femme enceinte, il est utile de connaître son poids et de déterminer si celui-ci est normal ou pas .

 

Quelles sont les méthodes de pesée et celles facilement utilisables :

-         La pesée sur une balance est une méthode simple et facilement reproductible par tout le monde mais qui ne tient pas compte de la corpulence.

-         Les mesures du pli cutané au niveau de l’abdomen et du bras permettent de cerner la composante grasse. Le résultat dépend beaucoup de celui qui réalise la mesure et nécessite un appareillage utilisé principalement par les professionnels de santé et de la nutrition.

-         Le périmètre abdominal au niveau de l’ombilic n’est que le reflet de la masse grasse abdominale. Sa mesure est actuellement utilisé pour estimer le risque de survenue d’une pathologie cardio-vasculaire qui augmente au-dessus de 88 cm de périmètre abdominal chez la femme.

-         La mesure par balance à impédancemétrie bio-électrique nécessite une balance spécifique dont la commercialisation devient accessible. Elle ne peut pas être utilisée en cas de grossesse car l’effet du micro-courant sur le fœtus n’est pas connu

Le principe repose sur la résistance naturelle des 75% d’eau contenus dans le tissu graisseux lors du passage d’un micro-courant alternatif. Cette méthode permet de déterminer la part de la masse grasse par rapport au reste du corps (muscles, os , intestin, etc..).

Cette méthode a ses inconvénients :

o     Elle ne tient compte que de la partie basse du corps et sous-estime une portion de tissu gras situé préférentiellement sur la partie supérieure du corps.

o     Sa reproductibilité n’est pas excellente (variabilité des résultats selon l’état d’hydratation).

-         L’indice de masse corporelle (IMC) intègre la mesure de la taille mais ne tient pas compte de la proportion de la masse grasse par rapport à la masse maigre. Cet indice est cependant le plus utilisé.

-         Le rapport du périmètre abdominal sur le pourtour des hanches est en discussion. Il permettrait un meilleur dépistage de l’obésité quelques soit la race du sujet par rapport à l’IMC.

En résumé, une bonne balance reste l’outil indispensable et le meilleur moyen de se peser.

Pour bien se peser, il est préférable de se peser sur la même balance et dans les mêmes conditions. C’est à dire le matin à jeun, dévêtue, après avoir été à la selle et vidé sa vessie.

Pour appréhender le poids idéal, on se sert actuellement de l’Indice de Masse Corporelle (IMC) qui est le résultat du poids (en kilos) divisé par la taille (en mètres) au carré.

Exemple : pour une taille de 1,65 m et un poids de 60 kg, l’IMC est de :

60 : (1,65 x 1,65) = 22 kg /m²

Cet indice  n’est pas toujours évident à calculer aussi une table graphique et un tableau sont disponibles en Annexe 1 afin de déterminer votre IMC.

Mais des femmes dont la taille est de 1,50 m pour 50 kg ou 1,90 m pour 78 kg ont le même Indice de masse corporelle de 22 et un poids en rapport avec leurs tailles. Le tableau ci dessous permet, après détermination de votre IMC, de savoir si votre poids est bien en rapport avec votre taille.

Prise de poids « théorique »

La croissance du fœtus et les apports alimentaires se traduisent par une prise de poids en moyenne de l’ordre de 9 à 12 kg. Ce chiffre moyen est fonction du poids idéal et de l’IMC de départ.

Un indice de masse corporelle trop faible en début de grossesse traduit l’absence de réserve au préalable pour assurer le bon développement du bébé. La prise de poids risque d’être insuffisante:

- Si la grossesse débute à l’adolescence ou si vous avez toujours été maigre de constitution;

- Lors d’un régime spécifique ou un mode d’alimentation particulier notamment le végétalisme ;

- En cas de consommation même irrégulière et peu intense de toxiques (tabac, alcool, drogues) ;

- Si il y a des antécédents de prématurité*, de petit poids de naissance, de retard de croissance intra-utérin*, de grossesses multiples ;

- Si les revenus financiers ne permettent pas une alimentation aussi équilibrée que souhaitable.

La prise de poids devrait être plus importante que la moyenne ce qui est parfois difficile à faire admettre tant l’idée de retrouver son poids de départ après l’accouchement est déjà ancrée dès le début de la grossesse.

Une prise de poids insuffisante ou une restriction alimentaire durant la grossesse chez une femme présentant un IMC bas majore le risque, rappelons-le, de retard de croissance intra-utérin*, d’accouchement prématuré, d’hypotrophie*.

Cela n’est pas sans conséquence à long terme car les adultes nés avec un petit poids ont des risques accrus d’hypertension artérielle, de pathologies coronariennes (angine de poitrine, infarctus du myocarde) et d’anomalies de la régulation du sucre (c’est le diabète).

A l’inverse, en surpoids voire obèse, prendre environ 7 kg durant la grossesse est suffisant pour la croissance du bébé et minimiser les complications. Le poids de la maman avant la grossesse conditionne le poids de naissance du bébé. Une prise de poids modérée en-dessous de 15 kg n’a que peu d’influence sur le poids du bébé. Cependant, une prise de poids excessive, supérieure à 18 kg, s’accompagne plus souvent de diabète gestationnel, de complications vasculaires (hypertension artérielle gravidique et prééclampsie), d’un allongement de la durée du travail pendant l’accouchement et d’une augmentation du taux de césarienne.

Cette prise de poids, seulement au-delà de 15 à 19 kg , influe sur le poids de naissance des nouveaux-nés qui est plus important. Cela peut avoir pour la maman des conséquences à long terme : la persistance du surpoids mais aussi l’apparition de maladies telles qu’une hypertension artérielle, un diabète ou des maladie cardio-vasculaires qui peuvent altérer la qualité et même la durée de vie.

Il ne faut pas prendre trop à la légère l’absence de prise de poids durant la grossesse comme la prise de poids excessive et ne pas suivre les vieilles maximes qui conseillaient de manger deux fois plus pour assurer sa subsistance et celle du fœtus.

Il est licite de chercher à connaître la prise de poids maternelle idéale pendant la grossesse selon le poids initial.

Le tableau ci-dessous indique, selon l’IMC de départ, l’éventail de poids qu’une femme peut raisonnablement prendre durant la grossesse.

 

IMC

Éventail de gains pondéraux recommandés

kg

IMC < 19,8

12,5 – 18,0

IMC 19,8 – 26

11,5 – 16,0

IMC 26-29

7,0 – 11,5

IMC > 29

6 – 7

 

 

Chez les adolescentes, les objectifs devraient se situer dans la partie haute de la fourchette.

Chez les femmes de petite taille (< 1,57 m), les objectifs devraient se situer dans la partie basse de la fourchette. Site Internet CERIN :Repris dans Perrin AE et Simon C, Cah. Nutr. Diét., 37, 1, 2002

 

 

 

Influence de l’alimentation et du poids.

L’alimentation et le poids sont importants pour la croissance du bébé et sa santé ultérieure mais aussi pour la santé de la maman. En lisant la suite, vous serez convaincue du bien-fondé d’une alimentation équilibrée.

Tout d’abord une constatation sur le poids en général.

Certaines femmes, quelque soit le mode alimentaire, restent minces avant, pendant et après la grossesse. Souhaitons leur que cela persiste.

Pour les autres, une immense majorité, ce n’est pas le cas. Bien que soucieuse de leur ligne et attentive à leurs apports alimentaires, le mode de vie actuel impose parfois des écarts. Reproduits, ceux-ci déséquilibrent l’alimentation et favorisent la prise de poids.

C’est ce que montre l’enquête Obepi réalisé conjointement par l’INSERM et l’Institut Roche de l’Obésité. Evaluant en France, tous les trois ans, l’évolution de l’obésité et du surpoids, les résultats sont sans équivoque et alarmants.

- Les français ont pris, en moyenne, 1,7 kg en cinq ans. 32,4 % sont en surpoids et 16,9 % sont obèses.

- Un exemple concret. L’étude EDEN, actuellement en cours depuis 2003, consistant à surveiller 2000 femmes enceintes et leurs bébés durant 5 ans, a livré ses premières informations : le pourcentage de femmes de plus de 70 kg avant la grossesse est passé de 14 % en 1995 à 21 % en 2003. La proportion des personnes en surpoids ou obèses a progressé entre 1997 et 2003 de 36,7% à 41,6% et semble se stabiliser tous âges confondus.

- A un âge donné, les jeunes générations ont un indice de masse corporelle supérieur de 5 à 10 % à celui de leurs aînés. 14,3 % des enfants sont en surpoids et 3,5 % sont obèses.

- Les femmes sont plus fréquemment obèses entre 15 et 45 ans. L’augmentation du nombres de femmes obèses est de 64 % en neuf ans contre 40 % chez les hommes.

- La mesure du tour de taille, moyen simple d’évaluer le degré d’obésité abdominale, a augmenté de 2,6 cm en 6 ans.

- Certains facteurs comme l’hypertension artérielle, l’excès de cholestérol ou le diabète sont présent chez 42,5 % des personnes obèses ou en surpoids et seulement chez 18,5 % des personnes ayant un poids normal. L’obésité accroît le risque de stérilité.

Cette progression de l’obésité, avec tout le florilège de complications que cela entraîne, risque d’altérer la qualité de vie et l’espérance de vie des personnes en surpoids et encore plus pour les personnes obèses.

Les répercussions du surpoids et de l’obésité sur plusieurs grossesses sont mis en évidence par le travail rapporté dans le très sérieux journal médical « The Lancet » en Septembre 2006. Les auteurs de cette étude ont surveillé 150 000 femmes Suédoises durant leur première grossesse. L’âge moyen était compris entre 25 et 29 ans avec un IMC* entre 18,5 et 24,9 unités soit un poids oscillant entre 50,3 et 67,7 kg avant le début de la grossesse.

Entre les deux grossesses, l’indice de masse corporelle des femmes avait augmenté en moyenne de 0,7 unité soit 1,9 kg pour 1,65 m.

Les femmes, dont l’IMC s’est majoré de 3 unités en moyennes entre les deux grossesses, ont des risques de complications nettement augmentés durant la seconde grossesse :

 

- Hypertension + 76 %

- Prééclampsie + 78 %

- Diabète + 109 %

- Césarienne + 32 %

- Macrosomie* + 87 %

- Fausse couche + 63 %

Ces complications apparaissent déjà, mais de façon moins importante si la majoration de l’IMC est comprise entre 0 et 3 unités. Autrement dit prendre 3 kg entre les deux grossesses majore le risque de diabète gestationnel de 30 % et de 200 % si l’on devient obèse. Perdre les kilos en trop annule les risques de complications.

Attention, cela ne veut pas dire qu’une femme dont l’IMC aura augmenté entre les deux grossesses subira obligatoirement l’une ou l’autre de ces complications ; il s’agit seulement d’un risque.

La prise de poids augmente les risques de complications à plus long terme, car une femme qui a présenté un diabète gestationnel a plus de risque de développer ultérieurement un diabète qui sera définitif.

Retrouver son poids habituel et normaliser son IMC est un objectif à se fixer avant d’envisager la grossesse suivante.

Quelles peuvent être les conséquences des variations importantes du poids pendant la grossesse sur le devenir de l’enfant ?

Des divers travaux de recherche qui se poursuivent, quelques notions essentielles peuvent être dégagées. Elles permettent à la future maman de comprendre l’importance de l’équilibre alimentaire afin de contrôler le prise de poids.

Le début de la grossesse s’accompagne d’une augmentation de la sécrétion d’insuline* et d’une sensibilité du tissu adipeux à cette insuline. Cela a pour effet obligatoire d’augmenter la fabrication de bons acides gras stockés dans le tissu gras maternel sous une forme qui sera utile pour le développement du fœtus. Cette augmentation du tissu adipeux en début de grossesse est normale et souhaitable.

Lors de la seconde partie de la grossesse, ce tissu gras maternel résiste à l’inuline. Le stockage des graisses s’arrête et celles-ci sont réutilisées pour assurer la croissance fœtale.

D’autre part, le tissu gras sécrète des substances dont la leptine adipocytaire qui semble intervenir très tôt dans la mise en place des circuits de neurones au niveau de l’hypothalamus. Elle permet le contrôle des apports alimentaires et de la balance énergétique. Une alimentation trop calorique et riche en lipides perturberait le fonctionnement de l’hypothalamus ainsi que d’autres régions cérébrales qui interviennent pour calmer la faim, la production de sucre par le foie et son contrôle par la pancréas. Cette perturbation de la satiété entraîne une prise alimentaire importante chez l’enfant qui ne saura pas s’arrêter de manger avant d’avoir absorber un volume alimentaire trop important.

C’est, grâce à ces recherches, que l’on commence à comprendre que l’alimentation, trop riche ou trop restrictive, pendant les premiers temps de la grossesse perturbe le métabolisme du fœtus, influe sur sa santé ultérieure et pourrait expliquer en partie cette épidémie d’obésité qui débute de plus en plus tôt .

L’étude EDEN montre de façon surprenante un rapport très net entre le poids initial de la future maman avant la grossesse et le poids de naissance de l’enfant. Le placenta fonctionnerait différemment selon le poids initial et pourrait moduler la prise de poids du fœtus avant la naissance. Une femme en surpoids avant la grossesse aura plus de risques d’avoir un enfant en surpoids. La prise de poids durant la grossesse jusqu’à 15 kg n’influe pas sur le poids de l’enfant. Il devient évident pour les femmes en surpoids qu’un conseil nutritionnel plusieurs mois avant la conception trouve là sa justification.

Celui qui séjourne neuf mois dans le ventre de sa maman passant du stade de cellule à celui d’embryon puis de fœtus ne cesse d’absorber les aliments consommés sous forme de lipides, glucides et protides ainsi que divers oligo-éléments et minéraux indispensables. Il en de même si la consommation d’alcool, de tabac, de médicaments ou de drogues persiste pendant la grossesse.

Le mode alimentaire d’une femme bon ou mauvais conditionnent le devenir de son enfant.

Toute l’adaptation alimentaire dépend du poids précédent la grossesse. Il est utile de le mesurer.

Les méthodes classiques de mesures du poids

PPour déterminer les besoins alimentaires de la femme enceinte, il est utile de connaître son ppoids et de déterminer si celui-ci est normal ou pas .

QQuelles sont les méthodes de pesée et celles facilement utilisables :

- La pesée sur une balance est une méthode simple et facilement reproductible par tout le monde mais qui ne tient pas compte de la corpulence.

- Les mesures du pli cutané au niveau de l’abdomen et du bras permettent de cerner la composante grasse. Le résultat dépend beaucoup de celui qui réalise la mesure et nécessite un appareillage utilisé principalement par les professionnels de santé et de la nutrition.

- Le périmètre abdominal au niveau de l’ombilic n’est que le reflet de la masse grasse abdominale. Sa mesure est actuellement utilisé pour estimer le risque de survenue d’une pathologie cardio-vasculaire qui augmente au-dessus de 88 cm de périmètre abdominal chez la femme.

- La mesure par balance à impédancemétrie bio-électrique nécessite une balance spécifique dont la commercialisation devient accessible. Elle ne peut pas être utilisée en cas de grossesse car l’effet du micro-courant sur le fœtus n’est pas connu

Le principe repose sur la résistance naturelle des 75% d’eau contenus dans le tissu graisseux lors du passage d’un micro-courant alternatif. Cette méthode permet de déterminer la part de la masse grasse par rapport au reste du corps (muscles, os , intestin, etc..).

Cette méthode a ses inconvénients :

o Elle ne tient compte que de la partie basse du corps et sous-estime une portion de tissu gras situé préférentiellement sur la partie supérieure du corps.

o Sa reproductibilité n’est pas excellente (variabilité des résultats selon l’état d’hydratation).

- L’indice de masse corporelle (IMC) intègre la mesure de la taille mais ne tient pas compte de la proportion de la masse grasse par rapport à la masse maigre. Cet indice est cependant le plus utilisé.

- Le rapport du périmètre abdominal sur le pourtour des hanches est en discussion. Il permettrait un meilleur dépistage de l’obésité quelques soit la race du sujet par rapport à l’IMC.

En résumé, une bonne balance reste l’outil indispensable et le meilleur moyen de se peser.

Pour bien se peser, il est préférable de se peser sur la même balance et dans les mêmes conditions. C’est à dire le matin à jeun, dévêtue, après avoir été à la selle et vidé sa vessie.

Pour appréhender le poids idéal, on se sert actuellement de l’Indice de Masse Corporelle (IMC) qui est le résultat du poids (en kilos) divisé par la taille (en mètres) au carré.

Exemple : pour une taille de 1,65 m et un poids de 60 kg, l’IMC est de :

60 : (1,65 x 1,65) = 22 kg /m²

Cet indice n’est pas toujours évident à calculer aussi une table graphique et un tableau sont disponibles en Annexe 1 afin de déterminer votre IMC.

Mais des femmes dont la taille est de 1,50 m pour 50 kg ou 1,90 m pour 78 kg ont le même Indice de masse corporelle de 22 et un poids en rapport avec leurs tailles. Le tableau ci dessous permet, après détermination de votre IMC, de savoir si votre poids est bien en rapport avec votre taille.

Besoins, apports et répartitions énergétiques

Chaque portion d’aliments fournit une certaine quantité d’énergie exprimée en calorie. La notion de calorie permet de relier la quantité d’aliments nécessaires aux dépenses énergétiques dues à la croissance du fœtus et au métabolisme de la maman.

Un être vivant, du fait de son fonctionnement, dégage de la chaleur. L’unité de chaleur est la calorie qui correspond à la quantité de chaleur nécessaire pour élever la température de 1 gr d’eau de 14°5 à 15°5 C. Les aliments ingérés fournissent de l’énergie exprimée en kilocalorie. (1 kcal =  1000 calories)

Pour assurer la croissance du foetus et se maintenir en bonne santé, les besoins énergétiques pour une grossesse sont environ de 65 000 à 70 000 Kcal.

Les dépenses énergétiques se répartissent ainsi :

-               les besoins du fœtus et de ses annexes (placenta, etc..) nécessite environ 10 000 kcal (environ de 40 kcal/jour. C’est l’équivalent de  2 à 3 morceaux de sucre) ;

-               la constitution des réserves adipeuses représente environ 30 000 kcal (pour 3 à 4 kg de masse grasse) ;

-               le métabolisme de base est en augmentation à partir du deuxième trimestre et peut atteindre 20 % de plus en fin de grossesse, soit environ 30 000 kcal. Cela correspond  aux dépenses d’énergie pour rester en bonne santé.

Il faut, selon l’indice de masse corporelle (IMC) de départ :

-               soit maintenir les apports caloriques si l’IMC est normal durant les premiers mois de grossesse puis augmenter modérément les apports quotidiens de 150 kcal/jour environ durant le dernier trimestre de la grossesse.

-               soit, en cas d’IMC bas, augmenter les apports énergétiques d’environ 100 kcal par jour au début de la grossesse jusqu’à 200 voire 250 kcal par jour à partir du troisième trimestre en privilégiant certains nutriments essentiels au bon développement du bébé notamment :

o     Les aliments contenant une bonne concentration en fer,

o     Les légumes verts, les fromages et les fruits à forte teneur en acide folique,

o     Et tous les laitages et fromages qui contiennent l’indispensable calcium sans oublier les eaux à forte teneur en calcium.

Les besoins caloriques totaux  pour une activité physique moyenne sont évalués à :

-               2 000 kcal pendant le 1er trimestre,

-               2 100 kcal pendant le 2e trimestre,

-               2 250 kcal pendant le 3e trimestre.

La majoration des besoins énergétiques se traduit, à activité égale, par une modification du choix et de la quantités des aliments.

Afin de répondre aux besoins imposés par la croissance de l’embryon puis du fœtus, l’organisme maternel optimise l’utilisation de son potentiel d’énergie et fait des économies destinées au fœtus.

La grossesse oblige souvent à réduire ou stopper les activités professionnelles, ludiques ou sportives ce qui contribue à diminuer les dépenses énergétiques. Cette manne énergétique est selon la période stockée ou assimilée pour la croissance du fœtus.

De forte constitution, avec une surcharge graisseuse, les stocks adipeux nécessaires pour le futur bébé sont déjà constitués. Il est utile de conserver une bonne activité physique et d’adapter les apports alimentaires afin de ne pas trop augmenter le stock de graisse sans pour autant mettre le fœtus dans un état de carence.

Si le poids de départ est trop bas, la baisse de l’activité physique peut être intéressante. Cela permet de limiter les dépenses énergétiques conjointement à  une majoration des apports caloriques.

Les besoins caloriques sont  majorés en fonction de l’activité sportive et de son intensité.





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