L’acide folique (Vit B9)

Rôle

L’acide folique ou vitamine B9, isolé à partir de la feuille d’épinard est une vitamine hydrosoluble. Contenue dans la fraction aqueuse des aliments et des tissus, cela la rend vulnérable lors de la cuisson à l’eau.

L’acide folique, associée à la vitamine B 12, participe :

-         à la synthèse du matériel génétique (ADN, ARN),

-         au renouvellement de toutes les cellules de l’organisme, aux processus de division cellulaire rapide d’où son intérêt chez le bébé qui est toujours en phase de croissance rapide (intérêt pour la moelle osseuse responsable de la fabrication des globules rouges, globules blancs et plaquettes, pour la peau et autres épithéliums)

-         à la transformation de l’homocystéine en méthionine,

La carence entraîne une accumulation en homocystéine toxique pour les parois vasculaires ; c’est une vitamine indispensable.

Apports

Les apports sont insuffisants. L’enquête SUVIMAX montre que les hommes adultes atteignent majoritairement la valeur recommandée en folates, alors que les femmes se situent aux alentours 250-260 µg/jour. Cela correspond à une proportion de 25% d’hommes et 40 % de femmes en dessous de 80% des apports conseillés. Deux autres études en France (Paris – Lille) soulignaient que 25 à 66 % des femmes enceintes reçoivent moins de 250 µg de folique ce qui est insuffisant.

 

Les déficits apparaissent chez les adolescentes de 14 à 18 ans puis s’amplifient chez les jeunes femmes de 18 à 30 ans et les femmes enceintes, en particulier dans certaines régions où les habitudes alimentaires ne prédisposent pas à consommer des aliments riches en folates, comme le Nord de la France.

Une enquête américaine récente conclut qu’en dessous de 240 µg/jour d’apport en folates, les risques de retard de croissance du fœtus sont multipliés par deux.

Causes de la déficience en folates :

La déficience en folates peut provenir d’un déséquilibre alimentaire et/ou d’une augmentation des besoins. Des raisons économiques (coût des produits riches en folates), la précarité, des raisons esthétiques (régimes hypocaloriques déséquilibrés), une méconnaissance de la diététique ou un défaut d’apport peuvent expliquer ce déficit.

D’autres facteurs peuvent contribuer à augmenter les besoins en folates :

-         La grossesse (surtout s’il s ‘agit de grossesses rapprochées ou gémellaires),

-         La contraception hormonale (donnée sujette à discussion),

-         l’allaitement,

-         la consommation excessive de tabac et d’alcool,

-         certains facteurs pathologiques (le psoriasis, la maladie cœliaque, les troubles de l’absorption intestinale…),

-         certains médicamenteux (les anti-épileptiques, le trimétroprime)…

 

Le goût de la fraîcheur, celui d’une alimentation colorée seront les premiers bons réflexes susceptibles d’éviter les déficiences.

C’est essentiellement un à deux mois avant et lors des trois premiers mois de grossesse que l’alimentation doit être riche en folates en modifiant les habitudes alimentaires ou en instaurant une supplémentation.

Conséquences générales d’une carence en folates :

 

Le signe hématologique, rare en France, est une anémie macrocytaire. Les conséquences non hématologiques sont des troubles de l’immunité ou de l’absorption intestinale. Il s’ensuit également un raccourcissement de la durée de la grossesse, une majoration du risque de fausse couche et d’hémorragies.

La carence en acide folique est responsable d’une majoration  des décès par accident vasculaire cérébral. Les chercheurs d’Atlanta attachés aux Centers of Disease Control and Prevention ont enrichit la farine en acide folique permettant un doublement de la concentration sanguine en B9 et une réduction de 14 % de la concentration sérique en homocystéine. Cette réduction est associée, trois ans après l’enrichissement, à un déclin de la mortalité par accident vasculaire cérébral (baisse de 10 à 15 %) et par maladie cardio-vasculaire.

 

Les conséquences fœtales :

-         Au maximum, ce sont de graves malformations affectant le cerveau : anencéphalie, (c’est l’absence de cerveau),

-         Un défaut de la fermeture de la colonne vertébrale, vers la quatrième semaine, à sa partie basse « spina bifida* » présent dans une grossesse pour mille. Ces complications aboutissent à un avortement spontané ou provoqué pour raisons médicales dans plus du tiers des cas .

-         Une récente étude semble attester que le défaut en folates avant et au début de la grossesse est en rapport avec une survenue plus importante de fente oro-faciale appelée autrefois « bec de lièvre ».

Stockage des folates.

Le foie renferme la moitié des réserves en folates de l’organisme. Le reste est essentiellement contenu dans les globules rouges et récupéré lors de leur destruction. Les réserves s’épuisent environ en 4 mois chez un homme jeune bien nourri soumis à une restriction en folates.

Sources alimentaires en folates :

- Les légumes verts et les fruits. La plus grande partie des folates alimentaires est apportée par les légumes verts (salades, épinards, petits pois, endives, haricots, choux, avocat…) et les fruits (orange, fruits rouges, melon, banane…).

- Les fromages sont une bonne source. Les fromages affinés de type bleu ou camembert en contiennent beaucoup mais ne sont pas conseillés durant la grossesse à cause du risque de contamination par la listériose. Les oeufs, le foie et le pâté de foie, les graines et oléagineux (maïs, châtaigne, pois chiche, noix, amandes…) ou leurs dérivés (farines, semoules, pâtes, pains et riz complets) permettent de varier les apports en folates.

Des aliments peu riches en folates, mais consommés régulièrement (comme le pain, les pommes de terre ou les pommes) représentent un apport intéressant. (Voir Annexe 11)
L’acide folique est très sensible à l’oxydation, la chaleur, la lumière et à l’ébullition. Sa destruction est d’autant plus importante que les aliments sont épluchés ou fractionnés.

 

Les bonnes habitudes :
- La salade verte en entrée comme les soupes à base de légumes secs en hiver à consommer quotidiennement représentent un apport facile.

- Ces salades peuvent s’enrichir de fruits secs (noix, amandes,)  de maïs et ainsi augmenter les apports en acide folique.
- Les cuissons courtes, à la vapeur ou en  pression de préférence, permettent de bien conserver l’acide folique des aliments durant la cuisson.
- Prendre un kiwi ou un agrume au petit-déjeuner, c’est assurer un bon apport à compléter par la consommation quotidienne de  600 g de fruits et légumes même surgelés.

 

L’apport idéal est de 300 µg de folates par jour. Le risque majeur se situant en début de grossesse, l’apport supplémentaire, nécessaire à la grossesse et à l’allaitement, ne serait que de 100 µg /jour.

Des études répétées en 1995 et 1999 à Paris ont montré que seulement 0,4% des femmes avaient pris un complément. La supplémentation vitaminique par un apport en acide folique à forte dose  (4 mg/j) chez les femmes à risques de récidive de malformation du tube neural réduit de 72% la survenue de ces anomalies.

Les apports nutritionnels conseillés sont de 400 µg par jour quatre à huit semaines avant la conception.

Une supplémentation peut être délivrée lors de facteurs de risques tels que :

-         l’existence d’un court délai entre deux grossesses,

-         l’adolescence,

-         l’existence de conduites addictives,

-         la précarité,

 

Un apport de 5 mg/j, quatre à huit semaines au minimum avant le début de la grossesse et poursuivi durant les deux à trois premiers mois de la grossesse, sera nécessaire si il y a :

-         Un antécédent de malformation du tube neural ou d’ IVG pour spina bifida car le risque de récidive est multplié par dix.

-         Un enfant né seulement avec une tache lombaire et la présence radiologique d’un spina bifida non extériorisé.

-         Certains traitements comme le cotrimoxazole ou des antiépileptiques notamment l’acide valproïque dont l’administration durant la grossesse augmente le risque de malformation du tube neural. Il existe, pour les femmes épileptiques, des traitements n’engendrant pas de malformation neurale chez votre fœtus. La lamotrigine (LamictalR) n’entraine pas de malformation neurale mais des études ont rapporté un taux plus important de fente labiale sans fente palatine associée.

Notons qu’une supplémentation débutée trop tardivement vers 9 à 10 semaines d’aménorrhée ne présente plus d’utilité.

 

En pratique:

 

En pratique :

La vitamine B9 prévient les anomalies de fermeture du tube neural.

Pensez-y dès que vous avez adoptez le principe de concevoir un enfant et durant le premier trimestre de grossesse.

Les apports en dehors de facteurs de risques sont de 0,4 mg/j et de 5 mg/j dans le cas contraire.

Consommez crus ou peu cuits des légumes frais ou surgelés, des fruits en quantité raisonnable bien sur mais aussi des fromages bleus, des œufs etc…

Exceptionnels : > 200 µg/100g

Très riches : 100 à 170 µg/100g

Riches : 50 à 100 µg/100g

 

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